12è Rencontres africaines de la photographie de Bamako : LA CÉLÉBRATION DU JUBILÉ D’ARGENT

0
254

La semaine professionnelle se déroulera du 1er au 7 novembre 2019 et réunira le gotha de la photographie africaine dans notre pays.

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a procédé, vendredi dernier à Koulouba, au lancement officiel de la 12è édition des Rencontres africaines de la photographie de Bamako ou Biennale africaine de la photo. C’était en présence du Premier ministre, Dr Boubou Cissé, des présidents des institutions, et naturellement des photographes (des témoins privilégiés).

L’événement de cette année restera dans les annales politiques et culturelles. Et pour cause, le chef de l’Etat a solennellement lancé le rendez-vous culturel. Véritable plateforme d’échanges pour les artistes photographes et vidéastes d’Afrique et de la diaspora, elle contribue à développer les carrières de nombre d’entre eux et d’obtenir une stature internationale.

Le président Keïta a engagé le gouvernement à réunir les conditions pour la réussite de l’événement

Elle participe aussi de la reconnaissance et de la consécration de la photographie africaine. Comme lors des précédentes éditions, intitulées “Telling Time”, 10è édition en 2015, et “Afrotopia”, 11è édition en 2017, les Rencontres africaines de la photographie de Bamako offrent la possibilité aux artistes de traiter avec leur inspiration, un sujet d’actualité par exemple et d’en tirer beauté, expression, réflexion et lecture personnelle.

La 12è édition qui s’inscrit dans la continuité aura comme thème : «Courants de conscience», une métaphore littéraire appelant à une réflexion profonde, lyrique, vibrante sur l’acte photographique, mais aussi sur sa spécificité, ses préalables et exigences, sa transmission, dans un monde «hyper-visible» où circulent en permanence des millions d’images».

La semaine professionnelle de la rencontre se tiendra du 1er au 7 novembre prochain. Cette semaine enregistrera la participation des photographes, galeristes, collectionneurs, critiques, organisateurs de festivals et journalistes du continent et d’ailleurs. Soit une centaine d’artistes sélectionnés de Haïti au Sénégal et de l’Afrique du Sud à l’Égypte avec de nombreux Africains dispersés dans le monde. Et enfin de la Chine à la Norvège.

Pour Lassana Igo Diarra, nouveau délégué général de la Biennale de la photo, cette rencontre anniversaire se veut festive, amicale, populaire mais surtout une rencontre intellectuelle et de réflexion à travers symposiums, conférences, master-classes et éditions de catalogues.

La direction artistique de la rencontre a été confiée au Dr Bonaventure Soh Bejeng NdiKung du Cameroun. L’équipe des commissaires est composée d’Aziza Harmel de la Tunisie, Astrid Lepoultier  du Mali et Kwasi Ohene Ayeh du Ghana. Les conseillers photographiques sont Akinbode Akinbiyi du Nigeria et  Seydou Camara du Mali. Enfin le grand designer et architecte malien, Cheick Diallo, est conseiller artistique et scénographe en chef.

La Biennale de la photo constitue une «manifestation symbolique», a souligné la ministre de la Culture, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo, qui avait du mal à dissimuler son émotion lors de la cérémonie. La Biennale de Bamako est devenue la principale manifestation de la photographie sur le continent africain, a constaté avec satisfaction la ministre de la Culture qui a eu une pensée pour les anciens et les pionniers de la photo dont certains ne sont plus de ce monde comme Malick Sidibé, Seydou Keïta, Abdrahamane Sakaly et Kyassou.

Mais ces illustres photographes continuent (même dans l’Au-delà) d’être des références et d’exprimer à travers leurs créations joies et espérances. La jeune génération doit en prendre graine puisque «ces références continuent de nous faire rêver, d’exhumer la part du divin qu’il y a dans l’humain, et de célébrer notre humanité partagée», a exhorté Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo.

Pour sa part, le délégué général a demandé l’institutionnalisation des Rencontres africaines de la photographie de Bamako, par le Mali. « Et pourquoi pas avec l’audace de nos 25 ans, obtenir une participation financière revue à la hausse, en raison de l’enjeu majeur en terme de visibilité de notre capacité à accueillir l’Afrique, conformément à notre tradition de diajtigiya ». Il a aussi souhaité la création d’un Prix spécial du président de la République.

L’ambassadeur de France, Joël Mayer, a rappelé que les Rencontres africaines de la photographie sont devenues un temps fort de la vie culturelle du Mali et de l’Afrique. Si cette année, le tirage, l’encadrement et la scénographie sont faits par les Maliens, la France exprime son engagement exemplaire aux côtés du Mali pour la réussite de cette manifestation. «Les liens qui nous unissent sont souvent culturels et humains», a conclu le diplomate français.

Le chef de l’Etat a, pour sa part, rappelé tout le sens de sa mission de champion de l’art, de la culture et du patrimoine de l’Union africaine (UA). « La culture nous offre des ressorts sur lesquels nous pouvons repartir. Elle constitue un puissant outil de développement parce que considérée de mieux en mieux par l’UA, elle s’imposera davantage dans les plans de développement », a souligné Ibrahim Boubacar Keïta.

Le champion de la culture africaine a ensuite salué l’apport de la coopération française à travers l’Institut français pour tout ce qu’il fait pour la Biennale de la photo. Il a rappelé aussi que le Français Nicéphore Nièpce, considéré comme l’inventeur de la photographie, a permis au monde d’être le témoin de sa propre évolution.

Le président Keïta a ensuite engagé «le gouvernement à réunir les parfaites conditions pour la réussite de la Biennale africaine de la photo». Il en a appelé également aux opérateurs économiques à se mobiliser auprès des organisateurs de cette rencontre culturelle.

Laisser une réponse