In memoriam : Madou Coulibaly, un cadre émérite s’en est allé

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Dianguina Coulibaly était cet instituteur modèle, intransigeant, à cheval sur l’éthique et la déontologie éducative aussi bien à l’école qu’à la maison. Ses enfants ont bénéficié de cette éducation de qualité aujourd’hui en voie de disparition. C’est dans cette famille d’instituteur modèle, certes modeste mais à l’éducation exemplaire qu’est né, un 10 octobre Mahamadou Coulibaly (Madou tout court pour les intimes). Madou Coulibaly était studieux, discret et curieux, d’une curiosité presque maladive qui l’amenait à vouloir tout connaître, d’où son parcours sans faute dans les deux cycles de l’école fondamentale puis dans celui du secondaire général. Il effectua ses études primaires au Groupe scolaire B de Lafiabougou baptisé depuis février 2011, «Groupe scolaire Dianguina Coulibaly».

Les études primaires achevées au Groupe scolaire B de Lafiabougou, Madou passa son second cycle à l’école fondamentale Prosper camara (à ne pas confondre avec le lycée du même nom) où il fut admis au Diplôme d’études fondamentales (DEF) en 1979. Orienté d’abord au lycée Badala, il obtint un transfert pour le lycée Prosper camara où il couronna le cycle secondaire par un baccalauréat, 2è partie en sciences biologiques. Ce succès fut récompensé par une bourse d’études du gouvernement en 1983 et le jeune boursier s’envola pour l’Algérie où il s’inscrivit au prestigieux Institut de technologies agronomiques de Mostaganem.

C’est là qu’il décrocha, aux termes de quatre années d’études, le diplôme d’Ingénieur en technologie alimentaire. Dès son retour au bercail en 1990, le CESPA (actuelle Agence nationale de communication pour le développement) le recruta en qualité de pédagogue audiovisuel. Madou y resta pendant quatre années. Puis un stage de perfectionnement le conduisit au Conservatoire national des arts et des métiers (CNAM) en France. De retour de l’Hexagone, le projet «Un Espoir dans le désert» cogéré par les Croix-Rouges malienne et danoise, en fit son coordonnateur, un poste qu’il occupera pendant cinq années.

Cette nouvelle expérience à peine achevée, les Nations unies le retenaient comme volontaire au Tchad. Dès la fin de ce contrat onusien, Madou était de nouveau sollicité -cette fois- par le bureau du PNUD à Bamako qui lui proposa le poste de chargé de communication. Cinq ans plus tard, il décrochait, pour la seconde fois, le poste de chargé de communication, cette fois, au bureau des Nations Unies à Bujumbura (Burundi) où il restera huit longues années avant de rentrer au Mali en 2012 pour travailler au compte de la Minusma jusqu’en 2015.

Déjà connu et apprécié de ses multiples employeurs, surtout ceux du système des Nations Unies, ce laborieux et infatigable travailleur ne connaitra pas un an de repos au cours de son exceptionnel et riche parcours professionnel.

Un parcours qui en dit long sur son génie, son courage et sa soif de connaissances. En effet, après son retour au bercail et un bref passage à la Minusma, Madou postulait encore pour un autre poste de chargé de communication, de marketing et plaidoyer à l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte (un projet de l’Union africaine) basée en Mauritanie. Quelque chose de divin liait certainement le destin de Mahamadou Coulibaly au mois d’octobre.

Ce dixième mois de l’année a d’abord jalonné et ensuite circonscrit son passage ici-bas. Né un 10 octobre, il a couronné son exceptionnel et riche parcours professionnel un 4 octobre 2016 (date de sa dernière prise de service) avant de tirer sa révérence un 25 octobre 2019. En effet, Madou n’aura travaillé que pendant trois courtes années à l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte. Le 25 octobre 2019, le destin en décidera autrement en l’arrachant à l’affection des siens et de ses nombreux amis et collaborateurs qui n’ont jamais tari d’éloges sur lui.

Madou laisse derrière lui une veuve et trois enfants inconsolables. Et depuis le 26 octobre 2019, l’ancien fonctionnaire international repose au cimetière de Lafiabougou.

Dors en paix Madou! Amin

Cheickna DIAWARA

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