17ème sommet de la Francophonie : PLUSIEURS SUJETS ABORDÉS À EREVAN

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Le président Ibrahim Boubacar Keïta avec les responsables de l’OIF


La rencontre se penchera sur des enjeux essentiels parmi lesquels les questions de paix, de démocratie, de stabilité, de lutte contre le terrorisme, de changements climatiques et de migration
C’est le magnifique complexe sportif et de concerts Karen Demirdjian qui a abrité, hier, la cérémonie d’ouverture du 17ème sommet de la Francophonie, en présence de nombreux chefs d’Etat et de gouvernement, notamment le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta.  Majestueusement installé sur les hauteurs de la ville d’Erevan, le site affichait déjà aux premières de la matinée  des aspects annonciateurs d’un grand évènement : tapis rouge, dispositif sécuritaire bien en place, organisateurs s’affairant dans différents sens.  Sans oublier le sublime décor des drapeaux que le doux vent matinal n’arrêtait de faire flotter. Pour rappel, le thème retenu pour ce sommet est : «Vivre ensemble dans la solidarité, le partage des valeurs humanistes et le respect de la diversité : source de paix et de prospérité pour l’espace francophone».
L’acte 1 de cette cérémonie solennelle d’ouverture a porté sur l’accueil des délégations par la Secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean,  suivi par la séance de  photo de famille et la longue séquence des interventions.  C’est naturellement  le Premier ministre du pays hôte de la rencontre qui s’est d’abord exprimé.  Nikol Pachinian a indiqué que son pays tirait  une grande fierté de son appartenance à la Francophonie.  Le sommet de  Erevan, a-t-il annoncé, va se pencher sur d’autres enjeux essentiels qui interpellent parmi lesquels les questions de paix, de démocratie, de stabilité,  de lutte contre le terrorisme,  de lutte contre les changements climatiques et de migration, constituant autant de défis pour notre planète. «Face à ces défis globaux, nous avons la conviction que les réponses à apporter doivent être envisagées dans un cadre multilatéral, notamment par les pays de l’espace francophone », a souhaité Nikol Pachinian. Tout en déplorant le nombre élevé de conflits, il a réitéré son  attachement à leur règlement par la voie pacifique. A sa suite, le président par intérim de Madagascar, Rivo Rakotovao a indiqué que ce 17ème  sommet se tient sous les auspices d’un thème mobilisateur, car interpellant les dirigeants de l’espace francophone sur différents enjeux et défis: préoccupations politiques et sécuritaires, notamment.  Il est ensuite revenu sur les retombées politiques récemment  obtenues par   Madagascar grâce à l’accompagnement de l’OIF. Sur la même lancée, le président par intérim de Madagascar a sollicité le soutien de la Francophonie pour la bonne conduite du processus électoral qui s’ouvrira bientôt dans son pays.
Intervenant à son tour, le président français a affirmé qu’aujourd’hui c’est une famille, si diverse, si bigarrée, si chatoyante, mais unie par la langue, qui se réunit à Erevan.  L’ambition consiste à présent à réinventer la Francophonie qui aura bientôt  50 ans,  a indiqué le président Macron ajoutant que la nouvelle Francophonie doit d’abord s’adresser à la jeunesse. Emmanuel Macron  a aussi estimé que l’OIF doit se donner un mandat en faveur de la langue française et du plurilinguisme. Pour lui, il est important que la Francophonie défende les biens universels communs comme la lutte contre le réchauffement climatique, la défense des droits de l’Homme, l’encadrement du droit de véto à l’ONU etc. Il a aussi mis l’accent sur la lutte contre l’obscurantisme, l’extrémisme violent, les violences faites aux femmes etc. En définitive, le président français plaide pour la révision de la Charte de la Francophonie pour une plus grande efficacité. «La France sera à vos côtés dans cette famille de la Francophonie», a promis M. Macron, qui a rendu un vibrant hommage aux anciens secrétaires généraux de l’OIF, Boutros Boutros-Ghali et Abdou Diouf,  ainsi qu’à l’ex président sénégalais Léopold Sedar Senghor.
De son côté, le Premier ministre du Canada a défini la Francophonie comme une famille, un espace où nos pays peuvent s’épanouir. Tout en plaçant en tête des priorités les questions de sécurité et de jeunesse, il a appellé à  la mise en place d’une économie qui profite à tous. Selon Justin Trudeau, l’Afrique s’impose comme moteur de la Francophonie. Il a rappelé le soutien qu’apporte le Canada au Mali dans divers secteurs : sécurité, appui aux femmes, santé etc.
Le président nigérien a, pour sa part, soutenu que le thème de cette conférence est pour lui l’occasion d’évoquer cinq défis. Il s’agit, a-t-il détaillé, du défi sécuritaire; du défi migratoire ; du défi de la démographie ; du défi climatique et du défi de la crise du système multilatéral. A ce propos, Issoufou Mahamadou a sollicité l’accompagnement des pays appartenant à l’OIF afin de relever les défis ci-dessus cités. Tout juste après, dans son discours, le Prince Albert II de Monaco appellera les pays membres de la Francophonie à apporter plus de soutien aux plus vulnérables. Il a ensuite mis un accent sur la bonne gouvernance, la promotion du développement durable, le soutien aux jeunes et la protection de l’environnement.
S’exprimant au nom du Secrétaire général de l’ONU, Audrey Azoulay, par ailleurs directrice générale de l’UNESCO, estime que  l’urgence de l’éducation de la jeunesse, particulièrement des filles, apportera une solution à l’accroissement des inégalités, à la démographie galopante, à la  montée du populisme et de l’extrémisme.    Fermant la série des interventions, la secrétaire générale de l’OIF, Michaëlle Jean a rappelé que  c’est sous l’impulsion des chefs d’Etat et de gouvernement que l’Organisation a renforcé ou élargi ses missions pour répondre au plus près aux besoins et aux aspirations nouvelles des populations, notamment des femmes et des jeunes en matière d’éducation et de formation, en matière de développement durable, d’innovation technologique, d’entreprenariat.
«C’est sous votre impulsion que la Francophonie  s’est affirmée comme une francophonie politique et diplomatique, toujours plus sollicitée par ses pays membres, mais aussi toujours plus entendue et attendue par ses partenaires internationaux. C’est sous votre impulsion aussi que nous nous sommes dotés de textes normatifs et de référence exigeants sur la pratique de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone ainsi que sur la prévention des conflits et la sécurité humaine, tout en les revisitant à la lumière des menaces nouvelles. C’est en cela que le bilan de mon mandat, que je vous présenterai,  est aussi votre bilan, la somme de tout ce que nous avons porté et construit ensemble durant ces quatre années», a-t-elle clamé, sous un tonnerre d’applaudissements.
Toutes les personnalités qui ont pris la parole ont rendu un vibrant hommage à l’artiste franco-arménien Charles Aznavour, récemment arraché à l’affection de tous.  Le programme d’aujoud’hui prévoit le débat général sur le rapport de la Secrétaire générale de l’OIF et sur le thème de la rencontre. Il est aussi prévu l’adoption de la Déclaration finale, des communications des membres associés à la conférence et surtout l’élection du Secrétaire général de l’OIF.
Envoyé spécial
Massa SIDBÉ

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