26è Fespaco : BARKOMO, UNE FRESQUE DU PAYS DOGON

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Boucary Ombotimbé, Aboubacar Bablé Draba et Issouf Bah
présents à la compétition

Le film long-métrage de fiction : « Barkomo » ou la Grotte en dogon, en lice pour le grand prix du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) : « l’Etalon de Yennega », a été projeté sur les écrans, mardi dernier, dans la capitale du Burkina Faso. Selon certains observateurs, cette production cinématographique représente de réelles chances pour notre pays d’obtenir le grand prix.
Le moins que puisse dire est que cette réalisation de deux jeunes compatriotes, Boucary Ombotimbé et Aboubacar Bablé Draba, a séduit plus d’un. Elle raconte une histoire originale. D’abord, les projections antérieures dans la salle du Ciné Burkina ont permis de mesurer l’attente du public de cinéphiles. Si le matin, l’affluence paraissait normale, elle est montée crescendo l’après-midi. Tous les sièges de la salle de cinéma étaient occupés par des férus de cinéma. Certains spectateurs se sont installés dans les allées, soit assis, soit en station débout le temps de la durée du film (1h16mn, soit 76 minutes). Parmi les spectateurs présents, il y avait le ministre de la Culture du Burkina Faso et ses homologues du Mali, Mme Ndiaye Ramatoulaye Diallo, et d’Afrique du Sud. Notre ministre qui portait la parole de ses homologues n’a pas tari d’éloges sur le film.
Ramatoulaye Diallo a aussi expliqué être rassurée par les commentaires de ses homologues sur le film « Barkomo ». Tous m’ont dit avoir pris du plaisir à regarder cette production qui rappelle le degré d’humanisme que nous gardons encore sur le continent africain, a expliqué le ministre malien. Le film raconte l’odyssée d’une femme prénommée Yamio, dans un village du Pays dogon au 17è siècle. Elle est rejetée par son époux et sa coépouse pour sa prétendue infertilité et tente vainement de se suicider avant de s’enfuir. Dans sa pérégrination, à travers les falaises, elle arrive exténuée dans le village Barkomo où une vieille femme l’accueille.
Là-bas, elle donne naissance à un petit garçon qui serait la réincarnation d’un homme que les habitants de Barkomo avaient sacrifié. Toute chose qui avait été prédite par un devin appelé au secours de la localité par le chef de village. Dans le village, les malheurs s’enchaînent : sècheresse et vague de psychodrames, entre autres. Le village ignorait parfaitement ces malheurs qui viennent de frapper à sa porte. Le garçon de l’étrangère a donc été reçu comme un espoir par tous les habitants. Un beau film, entièrement tourné dans les falaises du Pays dogon avec uniquement des costumes traditionnels. Tout est authentique. Boucary Ombotimbé qui tient trois postes : scénariste, co-réalisateur et comédien, explique son choix de « mettre la lumière sur les nombreux tabous qui freinent le développement de notre société, y compris les sacrifices les plus secrets. Quant à Boubacar Bablé Draba, il est à la fois co-réalisateur, directeur photo (camera), monteur et producteur du film. Il affirme avoir investi au total 1,5 million de Fcfa en espèces dans la réalisation. Tout le matériel qui a servi au tournage et au montage lui appartient. Ce diplômé du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté est, dit-on, un as de la technique.
Avant le numérique, il fallait avoir au moins 500 millions de Fcfa pour faire un film de ce genre, a-t-il rappelé. Par ailleurs, il reconnait qu’avec plus de moyens ils (les deux co-réalisateurs) auraient pu faire mieux.
Le second film malien en compétition qui a été vu aussi mardi est : « Village apaisé » de Issouf Bah. Il s’agit d’un film d’animation ou dessins animés de 5,22 mn. Il raconte l’histoire d’un jeune qui revient dans le village d’origine de ses parents sans le savoir. Mais les siens l’ont reconnu et sont surtout surpris de son changement de teint.
Envoyé spécial
Youssouf DOUMBIA

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