39è promotion de l’École militaire interarmes : LE LOURD HÉRITAGE DU GÉNÉRAL KAFOUGOUNA KONÉ

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Le Centre d’instruction militaire de Koulikoro a vécu, le vendredi dernier, des moments d’émotion à l’occasion de la cérémonie de baptême de la 39è promotion de l’Ecole militaire interarmes (EMIA). Debout sur la place d’armes, 78 jeunes officiers (54 dont 2 personnels féminins) achèvent ainsi une formation de trois ans et 24 d’entre eux ont fait un cycle spécial. Les officiers stagiaires faisaient face au drapeau et au président de la République, le chef suprême des armées. Après avoir reçu leurs épaulettes de sous-lieutenant, ils ont juré de servir la patrie avec honneur, loyauté et dévouement. Ils ont aussi fait le serment de respecter et de faire respecter la Constitution et les institutions du pays.
Cette cérémonie militaire, placée sous la présidence du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita, a réuni plusieurs autres personnalités : les membres du gouvernement dont le ministre de la Défense et des Anciens combattants, Tiéna Coulibaly, le chef d’état-major général des armées, le général de division M’Bemba Moussa Keïta, des diplomates accrédités dans notre pays. Des parents et amis des nouveaux promus avaient aussi fait le déplacement à Koulikoro.
Arrivé au centre à 10 heures, le chef de l’Etat, après la revue de la troupe, a pris place dans la loge officielle et assisté à l’arrivée des promus. C’est ici, au pied du «Nianan Koulou» que ces jeunes officiers auront appris à affronter le danger, à surmonter tout type de difficulté et aiguiser leur sens du professionnalisme. Le chef d’état-major général des armées, le général de division M’Bemba Moussa Keïta, a baptisé cette nouvelle vague d’officiers au nom du général de division Kafougouna Koné.
Né en 1944 à Fourou dans la préfecture de Kadiolo, celui qui passe au Lycée Technique de Bamako avant d’entrer à l’EMIA (École militaire interarmes) en 1967, est un soldat émérite qui a pris une part active dans l’avènement de la démocratie au Mali, en 1991. Ses fonctions à l’époque (il était chef d’État-major de l’Armée de terre pendant la révolution du 26 mars 1991) l’auront placé au cœur des événements. L’officier (parachutiste) a été notamment commandant du bataillon des troupes aéroportées installé à Djicoroni, directeur de l’EMIA et du centre d’instruction de Koulikoro, commandant de la zone de défense N°1 de Gao, chef de division Études générales de l’État-major des armées, chef d’état-major de la gendarmerie nationale, chef d’état-major de l’Armée de terre et chef d’état-major général des Armées.
Kafougouna Koné fut en 1992 nommé ambassadeur du Mali en République populaire de Chine, couvrant le Vietnam, la Thaïlande, la Nouvelle-Zélande. De retour de ce poste, il est désigné, en 2001, Délégué général aux élections, avant d’entamer une longue carrière de ministre en charge de l’Administration territoriale (2002 à 2012). Le général de division arborait une brochette de décorations. Récipiendaire de la Croix de la valeur militaire, il était également Officier de l’Ordre national et Commandeur de l’Ordre national du Mali. En 2006, il a été fait Grand Officier de l’Ordre national. Kafougouna Koné nous a quittés le 10 mars 2017. C’est le parcours brillant et les hauts faits d’armes de cet officier supérieur d’exception qui ont guidé le choix de la jeune promotion. «En le choisissant comme parrain, vous avez l’obligation de montrer partout qu’il est possible de concilier la vertu du service de l’Etat avec la noblesse de l’esprit», a lancé le commandant de l’EMIA, Mamary Samaké, aux jeunes officiers. « Retenez que tous vos faits et gestes vont contribuer à mériter la confiance de la nation malienne, car sachez que dans un contexte lourd de défis pour notre pays, les Maliens attendent beaucoup de vous», a renchéri le colonel Daouda Dembélé, commandant du Centre d’instruction Boubacar Sada Sy.
Instant solennel, les jeunes officiers (dont deux Togolais, deux Ivoiriens et un Guinéen) ont reçu leurs épaulettes et sabres, symboles du commandement. Le major de la promotion (cycle ordinaire) est le Malien Aly Konaté, avec une moyenne de 17,25/20. Il a été félicité par le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéita qui a rappelé, dans la foulée, les efforts faits pour mieux former et équiper nos forces armées et de sécurité.
Le chef d’état-major général des Armées, M’Bemba Moussa Keïta, a ensuite insisté sur le professionnalisme de l’armée malienne, au moment où «les comportements d’exactions et de crimes d’un petit nombre de militaires sapent les efforts d’ensemble et installent un climat de suspicion et de méfiance envers les FAMA». Un climat, dit-il, «préjudiciable au bon accomplissement de la protection des populations et de leurs biens, mais exploité favorablement par les ennemis de la paix».
L’officier général se veut catégorique : «le haut commandement militaire ne cautionnera aucune maltraitance ou crime prouvé envers la population civile par une infime minorité qui jette l’opprobre sur nous tous et annihile nos réussites et sacrifices quotidiens». La hiérarchie, selon M’Bemba Moussa Keïta, inscrit et adhère pleinement à la recherche de la vérité à travers les enquêtes en cours pour que les coupables soient sanctionnés conformément aux lois de la République.
Issa DEMBÉLÉ

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