Abdoul Karim Magassouba se souvient du Mali-Namibie de 1994

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L’ancien attaquant des Aigles, Abdoul Karim Magassouba (42 ans), a joué deux matches contre la Namibie en 1994 et 1995 lors des éliminatoires de la CAN, Afrique du Sud 1996. à l’aller en Namibie, les Aigles se sont inclinés 2-1 (15 octobre 1994) avant de prendre leur revanche au retour (2-0, 23 avril 1995 au stade Mamadou Konaté. «On a voyagé dans des conditions très difficiles à Windhoek. On était dans un avion qui ne pouvait pas dépasser 4h de vol. Il nous a fallu quatre jours pour arriver à Windhoek. Nous avons quitté Bamako un mercredi, pour arriver en Namibie samedi soir, c’est-à-dire la veille du match qui était prévu dimanche à 15h. Nous avons fait trois escales à Lagos, Libreville et Luanda et parfois nous dormions sur la piste de l’aéroport.

à Luanda, dans un aérodrome (Groupe-fontaine), nous sommes arrivés vers 13h. Ils ont envoyé des pick-up pour aller chercher du kérosène à 50 km et après, c’est nous-mêmes qui avons ravitaillé l’avion. Nous avons pompé jusqu’à 2.000 litres de kérosène. C’était incroyable», raconte l’ancien international, avant de poursuivre : «Arrivés à Windhoek à minuit, nous avons mangé à 1h du matin avant de rejoindre nos chambres respectives vers 3h.

Le dimanche à 10h, après le petit déjeuner, nous avons fait une visite de reconnaissance du terrain, mais n’avons pas eu le temps de nous y entraîner. à l’échauffement, quand j’étais en train de faire une rotation de cheville, je me suis évanoui et on m’a transporté dans le vestiaire. La Namibie se trouve à environ 2000 mètres d’altitude et nous avions du mal à respirer. La crise passée, j’ai pu tenir mon rang et jouer les 90 minutes. Nous avons perdu 2-1, avec un but de Seyba Lamine Traoré. C’était la toute première victoire des Namibiens en éliminatoires de la CAN, il fallait être au stade pour voir l’ambiance», souligne Abdoul Karim Magassouba.

«Au match retour à Bamako au stade Mamadou Konaté plein à craquer, nous avons pris notre revanche de la plus belle manière. C’était un défi pour nous, j’ai marqué l’un des deux buts de la sélection nationale. On voulait se venger après le calvaire vécu par l’équipe à l’aller». Magass, comme l’appellent les supporters, indique qu’à l’époque, les joueurs étaient fiers de porter le maillot de l’équipe nationale et donnaient tout sur la pelouse. «On jouait par amour pour le pays, l’esprit patriotique régnait en nous, nous avions tous la volonté de bien faire et la prime de match était de 150.000 Fcfa pour la victoire, contre 75.000F cfa pour le match nul», révèle l’ancien attaquant des Aigles, avant de prodiguer des conseils à la nouvelle génération.

«Il faut qu’ils (les joueurs, ndlr) se battent pour le maillot national, pour le peuple, pour moi, l’équipe nationale est sacrée. Aujourd’hui, on a une belle équipe qui a beaucoup de qualités. On peut aller loin avec la nouvelle génération, mais à condition de revoir notre système d’organisation», complètera Abdoul Karim Magassouba qui dirige l’équipe junior du Stade malien depuis 3 ans.

Boubacar KANTE

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