Accelerator Lab : L’innovation comme vecteur de développement durable

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Le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud) a lancé, hier, son projet «Accelerator Lab Mali». La cérémonie a eu lieu au Musée national en présence de la ministre de l’Économie numérique et de la Prospective, Kamissa Camara et de sa collègue de la Promotion, de l’Investissement privé, des Petites et Moyennes entreprises et de l’Entreprenariat national, Mme Safia Boly. Rappelons qu’«Accelerator Lab», en plus d’être un réseau d’apprentissage des enjeux du développement, est aussi un projet qui couvre au moins une soixantaine de pays à travers le monde. Il a pour mission de recenser des solutions innovantes pour l’amélioration des conditions de vie des populations, d’ici à l’horizon 2030.
Pour le représentant résident du Pnud au Mali, Joe Scheur, l’agenda de «Accelerator Lab» vise à promouvoir l’innovation, à travers un partenariat circulaire entre le gouvernement, le secteur privé, la société civile, les forces vives, en passant par l’écosystème des incubateurs.
Jan Meise abondera dans le même sens en indiquant que le projet se fixe comme objectif, d’atteindre le développement durable, en adoptant des textes et des accords allant dans ce sens. En termes de développement, le représentant de l’ambassadeur de l’Allemagne témoignera que le Mali a déjà accompli des prouesses, mais doit faire face à des défis restant énormes. Qui sont, entre autres, le chômage, le changement climatique, l’insécurité. Et d’ajouter que tous ces problèmes nécessitent des réponses concrètes.
Présents à la cérémonie, Arouna Diallo et Tidiane Togola, deux jeunes qui sont en train de développer des projets innovants pour notre pays ont également fait des témoignages.
Selon le premier, les déchets plastiques sont une menace pour l’environnement, car sur environ 6 milliards de tonnes de déchets produits depuis l960, seulement 9% ont été recyclés et 12% incinérés. Tout le reste se retrouve dans la nature, dira Arouna Diallo, avant d’ajouter que la durée de vie d’un plastique varie de cent à mille ans. «Leur accumulation sans cesse grandissante est une difficulté pour nos sociétés et nos autorités politiques et économiques».
Pour mettre fin à cette pollution plastique, Arouna Diallo a conçu et créé une machine appelée «pyrolyse plastique», qui transforme les plastiques usagers en matières premières, en gaz et en carburant. Il dit être parvenu à produire 350 g de carburant et 300 cm3 de gaz, à partir d’un kilogramme de plastique.
Le jeune chercheur considère que cette innovation permettra aux populations de vivre dans un environnement sain et de s’épanouir financièrement, à travers la création d’activités génératrices de revenus et d’emplois qui naîtront du plastique.
Quant à Tidiane Togola, il considère que nos villes doivent devenir intelligentes à travers toutes les richesses qu’offrent les nouvelles technologies. Pour lui, le premier défi à relever pour une ville comme Bamako est d’avoir une économie qui soit intelligente. Le deuxième, c’est d’avoir des populations qualifiées, qui comprennent les défis auxquels elles doivent faire face et qui soient capables de les relever.
La ministre Kamissa Camara a salué l’initiative des deux jeunes, avant d’évoquer les actions entreprises par son département pour développer l’économie numérique au Mali. «Je considère le ministère de l’Économie numérique et de la Prospective comme un ministère du futur. Nous voulons mettre le numérique au cœur de nos actions. Il urge de se projeter dans le futur, à travers le développement de start-ups qui vont engendrer des idées susceptibles de révolutionner le quotidien des Maliens», a dit la ministre Camara.
L’un des temps forts de la cérémonie a été la visite des stands au village des innovations. Là, Kamissa Camara a pu s’apercevoir que le numérique est utile pour accroître la production agricole et améliorer la gestion des collectivités locales, ainsi que les systèmes éducatif et sanitaire.

Lassana NASSOKO

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