Actes : Allier le spirituel au profane

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Dans le rappel des recommandations qu’ils adressent souvent à leurs communautés les oulémas évoquent les dires du Guide de l’islam (PSL) relatifs à la nécessité pour le fidèle musulman d’œuvrer à s’assurer une existence terrestre décente. Il est un hadith confirmé par diverses sources, selon lequel recommandation est ainsi faite au fidèle musulman : “Fais pour le monde ici-bas comme si tu devais vivre éternellement, et fais pour ta fin dernière comme si tu devais mourir demain”. En soulignant ainsi l’importance du temporel par rapport au spirituel, les théologiens inscrivent les entreprises qui y sont liées, dans le cadre des pratiques licites. C’est dans cet esprit qu’ils les classent au rang des actes méritoires.
Il est rapporté à cet effet divers épisodes remontant à l’époque du Messager, lorsque les fidèles musulmans devaient encore par leur engagement physique assurer la consolidation de leur religion. Des compagnons du Sceau des Prophètes étaient réunis un jour chez l’un d’entre eux, lorsqu’ils furent rejoints par un jeune homme de belle prestance. Tous furent unanimes à voir en lui un potentiel combattant qui pourrait figurer au premier rang des défenseurs de la foi. Leurs commentaires à ce sujet parvinrent au Messager qui se fit un devoir de leur apporter un autre éclairage des préceptes de la religion sur cette question. “Ce n’est pas seulement celui qui combat ou qui participe à une expédition qui est sur le chemin du Seigneur”, leur fit-il remarquer. “Le fidèle musulman qui travaille pour subsister et être digne est également dans le sentier du Tout-Puissant”, devait-il ajouter. “De même, précisera le Messager, est sur le chemin du Seigneur celui qui fait dépense pour ses père et mère, afin qu’ils se suffisent. Il en est tout autant pour celui qui cherche à assurer la subsistance de sa famille pour lui éviter de quémander. Cependant, celui qui ne lutte que pour s’enrichir est résolument dans le chemin du démon”.

En se référant à ces différents propos les exégètes soulignent le degré d’imbrication des actes profanes quotidiens de l’individu, destinés à assurer sa survie avec les pratiques destinées spécifiquement à solliciter la miséricorde divine. Au centre de cet enseignement, la préférence est accordée aux efforts déployés pour la préservation de la famille. En rappelant divers propos du Guide de l’islam à ce sujet les oulémas indiquent notamment que “le meilleur sou que l’homme puisse dépenser est celui consacré à sa famille”. Viennent ensuite la dépense destinée à défendre une cause dans le chemin du Seigneur et les efforts que l’homme accomplit pour assister ceux de ses compagnons et semblables qui œuvrent dans la même voie.
C’est dans le même esprit que sont rapportés les dires du Messager selon lesquels “quiconque recherche les biens de ce monde par des moyens licites, s’abstenant de demander l’aumône, dépensant pour satisfaire les besoins de sa famille, traitant avec bienveillance son voisin, connaîtra la Félicité. Mais quiconque recherche par des procédés licites les biens de ce bas monde uniquement pour s’enrichir, en tirer vanité et agir par ostentation au sein de sa communauté, ne pourra que susciter contre lui le courroux divin”. Il en va ainsi des exhortations des oulémas pour les fidèles à allier l’observance des rites prescrits à la quête des biens licites sur le chemin du Seigneur.

A. K. Cissé

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