Agences de développement régionale : UN INSTRUMENT DE PLANIFICATION DU DÉVELOPPEMENT A LA BASE

0
383

Pour le renforcement de la décentralisation et l’opérationnalisation de la régionalisation, une structure d’accompagnement des Collectivités territoriales était indispensable. Certaines collectivités ayant souffert de la disparition des centres de conseil communaux, il devenait nécessaire de leur proposer un instrument de conception.
Les centres de conseil communaux (CCC) ont guidé les premiers pas des communes, en leur fournissant une assistance technique dans les domaines variés. Cet appui consistait à assurer le bon fonctionnement de ces Collectivités territoriales et des organes. Et surtout l’élaboration des documents de base que sont le budget, les actes administratifs ou de gestion etc. L’apport de ces centres était reconnu par tous les acteurs. Financés par les partenaires, les CCC étaient appelés à disparaitre, malgré la justesse du choix. Avec la régionalisation ou la deuxième phase de la décentralisation, l’Etat ne pouvait que mettre ses moyens afin de pérenniser le nouveau dispositif d’accompagnement des Collectivités territoriales.
C’est l’ordonnance n° 2015/PRM du 02 avril, ratifiée par la loi n°2015-041 du 16 juillet 2015 qui crée les Agences de développement régional (ADR), avec pour mission de favoriser le développement régional. Cet établissement public de l’Etat est créé dans toutes les Régions et le District de Bamako. La mission de l’ADR est de favoriser le développement local de la Région ou du District. C’est un outil d’assistance et d’accompagnement des collectivités dans la maitrise d’ouvrage du développement local ou régional. Etablissement public de l’Etat, certaines dérogations à la loi qui institue les établissements publics à caractère administratif (EPA) sont accordées aux ADR dont la présidence du conseil d’administration est assurée par le président du conseil régional ou le maire du District qui nomme le directeur de l’ADR et son adjoint.
La mission première de l’ADR au niveau régional est de favoriser le développement local et régional. A ce titre, elle est chargée de la planification des opérations de développement dans les domaines de compétence des Collectivités territoriales et en cohérence avec les politiques publiques définies par l’Etat. La préparation et la programmation des opérations de développement surtout relatives à l’amélioration des infrastructures, des équipements et des services rendus aux populations.
Il y a aussi la réalisation des opérations de développement relatives à la construction d’infrastructures, à la mise en service et la gestion des services des collectivités. Et surtout la mobilisation des ressources pour le financement du développement local.
De ces missions découlent le rôle moteur qui revient aux ADR dans la bonne tenue de cette deuxième phase de la décentralisation. Outil de conception et de planification du développement local, les ADR viennent en appui à toutes les Collectivités territoriales des Régions du pays qui ont déjà défini leurs visions à court et moyens termes.
La particularité de ces ADR reste le fait que le personnel, y compris le directeur et son adjoint feront l’objet d’une évaluation de performance, rarissime dans le milieu de la décentralisation. Ce qui les oblige à faire plus que les autres. Il est aussi institué une conférence annuelle des Agences de développement régional présidée par le Premier ministre. Cette conférence est chargée de l’examen du bilan de l’action des ADR et veille à la cohérence et à l’harmonisation des agences. Elle approuve aussi les propositions de dotations budgétaires de l’Etat aux agences.
Cet ancrage institutionnel offre un supplément de crédibilité et un poids certain aux agences. Alors au boulot pour votre première évaluation.
Issa Camara

Laisser une réponse