Annulation de la CAN-féminine : Le Nigeria et le Cameroun pas d’accord avec la CAF, la FIFA non plus

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Les Nigérianes et les Camerounaises s’insurgent contre l’annulation du tournoi et viennent de lancer une pétition pour demander à la CAF de revenir sur sa décision

L’annulation de la Coupe d’Afrique des nations féminine 2020 fait couler beaucoup d’encre et de salive. Après certaines fédérations et joueuses, c’est au tour de la Fédération internationale de football association (FIFA) de contester la décision de la Confédération africaine de football (CAF) d’annuler la tenue de la 14è édition de la CAN-féminine pour cause de pandémie de la Covid-19. Le président de l’instance dirigeante du football mondial, Gianni Infantino l’a martelé, vendredi dernier, lors d’un événement de World Football Summit. «Le football féminin est une priorité absolue pour la FIFA. Nous ne devrions pas utiliser le coronavirus pour mettre de côté le football féminin. Au contraire, nous devons continuer à aider le football féminin car il a un bel avenir», a déclaré Infantino. Dans le même sens que son patron, Fatma Samoura, la secrétaire générale de la FIFA, peste contre les dirigeants de la CAF. «Mais ce n’est pas possible ! Comment voulez-vous qu’un pays africain puisse se permettre le rêve de remporter une Coupe du monde avec ce genre de management», s’interroge la Sénégalaise.

24h après les contestations de la FIFA, la CAF a tenté de justifier l’annulation de la compétition. Dans un entretien accordé à nos confrères de Radio France internationale (RFI), la présidente de la commission du football féminin de l’instance dirigeante du football continental, Isha Johansen a expliqué que plusieurs possibilités ont été étudiées avant que la CAF ne décide d’annuler le tournoi.

«Le football féminin est très important pour la CAF, mais des circonstances hors de notre contrôle ont rendu impossible la tenue de la CAN-féminine 2020 en fin d’année», a indiqué Isha Johansen, également présidente de la Fédération sierra-léonaise de football. «Après le désistement du Congo-Brazzaville pour accueillir la compétition qui devait réunir pour la première fois 12 équipes contre 8 lors des précédentes éditions, il fallait trouver un nouveau pays organisateur. L’offre a été rouverte et nous avons reçu des propositions du Nigeria et de la Guinée-équatoriale.

L’internationale malienne, Aminata Doucouré (jaune) et ses partenaires
vont devoir patienter jusqu’en 2022

Mais dans ces deux offres, il manque un document essentiel : une lettre de soutien de la part des gouvernements respectifs. Si vous ne pouvez pas obtenir une lettre de soutien du gouvernement, cela devient complexe et problématique sur le long terme. On ne peut pas organiser une compétition sans soutien ou garantie du pays-organisateur», a expliqué la Sierra-léonaise. Et d’ajouter : «Ce n’est pas le fait de ne pas répondre aux attentes de chacun, ou de choisir l’option facile d’annuler la CAN-féminine 2020 juste parce qu’il s’agit de football féminin. C’est bien parce que nous sommes face à des circonstances évidentes qui sont hors de notre contrôle. (…) Nous avons envisagé toutes les options encore, encore et encore, pour trouver la meilleure solution. Mais il n’y en avait pas d’autre».

La présidente de la commission du football féminin de la CAF ne jette aucune pierre aux gouvernements qui ne pouvaient se porter garants de l’organisation de la compétition. «Chaque pays a d’autres priorités à cause de la Covid-19 qui a perturbé chaque économie dans le monde». Isha Johansen estime qu’il est «préférable d’en rester là et d’attendre de meilleurs jours», surtout que la CAF planche déjà sur «l’organisation et la recherche d’un pays-hôte pour la CAN-féminine 2022, qui servira aussi d’éliminatoires pour la Coupe du monde féminine 2023».

«Le football féminin en Afrique rebondira avec style et sera encore plus fort. Il ne peut que s’améliorer», promet Isha Johansen. «Dans la vie, certains défis sont là pour vous éprouver et vous rendre meilleurs, en particulier quand il s’agit de se relever face à certaines situations. C’est exactement ce qui est en train de se passer pour le football féminin durant cette pandémie de la Covid-19».
Avec cette annulation, le cycle habituel de la CAN-féminine (tous les deux ans, ndlr) va être rompu pour la première fois depuis 1998. Et c’est également la première fois que le grand rendez-vous du football féminin du continent est annulé. Mais la décision de la CAF ne passe pas encore sur la planète foot et une pétition fait son chemin pour faire fléchir l’instance dirigeante du football africain.

L’initiative, qui est menée par des footballeuses, notamment des Nigérianes et Camerounaises, vise à amener la CAF à revenir sur la décision, prise le 30 juin dernier. La Meilleure joueuse africaine 2019, Asisat Oshoala, invite toutes les associations membres de la CAF à signer la pétition. «Que toutes les sélections féminines africaines se lèvent pour signer cette pétition.

C’est de l’injustice pure et simple, la CAF a reporté celle des hommes, la CAF pouvait aussi reporter pour nous. Nous les joueuses, nous sommes contre cette décision. Merci à vous de bien vouloir nous rejoindre en signant cette pétition pour envoyer un message au comité exécutif de la CAF qui doit revenir sur cette décision injuste et organiser une CAN en 2021 qui permettrait à certaines jeunes joueuses de goûter à ce niveau de jeu, de réaliser leur rêve, de préparer les sélections pour les prochaines échéances mondiales et surtout permettre à un pays africain de vivre ce moment unique», a écrit la Nigériane.

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad et ses collaborateurs vont-ils faire marche arrière?
Affaire à suivre…

Djènèba
BAGAYOKO

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