Annulation de la manifestation du vendredi : Éviter d’ajouter la crise à la crise

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Mahmoud Dicko lors de son dernier meeting

La manifestation des partisans de l’imam Mahmoud Dicko, annoncée pour le vendredi prochain, n’aura pas lieu. Le leader religieux a décidé d’y surseoir après avoir reçu, hier, un émissaire du chérif de Nioro, Bouyé Haïdara. «Je ne peux rien refuser au chérif dont la demande est un ordre et toute personne qui se dit être son partisan doit suivre sa volonté», a confié en langue nationale bambara Mahmoud Dicko, tout en tenant à préciser qu’il n’a reçu «aucune pression politique» pour prendre cette décision. Une autre source indique que c’est le ministre Tiébilé Dramé, très proche du chérif de Nioro, qui a joué le facilitateur pour le dénouement heureux de cette affaire.
Le porte-parole de l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali a précisé, dans une adresse à la presse, que l’annulation de la manifestation du vendredi s’explique par la crainte des troubles qu’elle pourrait engendrer.
«Toute chose qui, selon Mahmoud Dicko, n’est pas l’objectif recherché», a souligné Issa Kaou Djim qui a soutenu par ailleurs que les propos tenus samedi dernier par son leader et pour lesquels il avait été convoqué par la justice sont «sortis de leur contexte pour faire croire que nous allons taper, le vendredi, sur le pays».
L’audition du parrain de la CMAS (Coordination des mouvements, associations et sympathisants) par le procureur du tribunal de la Commune V est-elle définitivement annulée ? Difficile d’y répondre. Hier, le magistrat nous a reçu dans son bureau mais sans faire de déclaration. Il a tout simplement indiqué qu’un communiqué en rapport avec cette affaire était en cours de rédaction. Nous avons tout de même constaté que le tribunal avait retrouvé son ambiance habituelle. Les travailleurs tout comme les usagers vaquaient normalement à leurs occupations.
Les propos tenus par l’imam Dicko lors de son meeting du samedi ont motivé une déclaration des présidents des institutions de la République.
Dans un communiqué dont nous avons reçu copie, ceux-ci dénoncent la «diffusion sur les médias et les réseaux sociaux des propos insurrectionnels, subversifs et séditieux tenus par l’imam Mahmoud Dicko et la coordination se réclamant de ses idéaux contre les autorités légitimement établies par le peuple malien».
Aussi, les présidents des institutions de la République condamnent ces agissements et engagent le gouvernement à mettre « fin à l’impunité par une application rigoureuse des dispositions pénales, pour la préservation de l’ordre public et de l’état de droit».
Bon nombre de nos compatriotes ont poussé un ouf de soulagement en apprenant l’annulation de ce projet de manifestation qui était de nature à ajouter la crise à la crise.

Issa DEMBÉLÉ

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