Application de l’article 39 : Les assurances du gouvernement

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Au Groupe scolaire Mamadou Konaté comme partout ailleurs, on pouvait constater le débrayage

Au cours d’une rencontre avec les syndicats de l’éducation, le ministre de l’Économie et des Finances, Abdoulaye Daffé, a pris l’engagement que l’exécutif mettra tout en œuvre pour respecter le contenu du procès-verbal de conciliation signé en juin dernier

syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 ont été reçus hier par le ministre de l’Économie et des Finances, Abdoulaye Daffé, dans les locaux de son département. Lors des échanges, le nouveau patron de l’hôtel des Finances a promis l’application effective de l’article 39. Les syndicalistes ont déclaré avoir pris acte de cette assurance du ministre Daffé. Néanmoins, ils ont réitéré leur volonté de poursuivre la lutte jusqu’à la satisfaction totale de leur doléance.

Cette rencontre est intervenue alors que les syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 avaient commencé à mettre en exécution les mesures qu’ils avaient annoncées lors d’une conférence de presse. Comme prévu, ils ont suspendu les cours et les autres activités pédagogiques (formation, correction, surveillance, boycott des examens) dans les établissements scolaires publics sur toute l’étendue du territoire national.

Les syndicalistes ont aussi fermé des structures de l’éducation nationale notamment, les Centres d’animation pédagogique (CAP), les Académies et directions nationales. Selon eux, cet arrêt de travail ne prendra fin qu’avec l’application effective de l’article 39 de la loi n° 2018- 007 du 16 janvier 2018 portant Statut du personnel enseignant des enseignements secondaire, fondamental et de l’éducation préscolaire et spéciale.

Le mot d’ordre a été bien suivi. Pour s’en convaincre, il suffisait de faire le tour de quelques établissements scolaires. Les syndicalistes avaient mandaté certains de leurs camarades dans tous les services éducatifs pour sensibiliser les agents sur le bien-fondé de ce débrayage et leur demander de libérer les lieux. Ces délégués ont prêché par l’exemple, en fermant leurs établissements scolaires respectifs, notamment les écoles de Dravéla, de la Base, de Niomirambougou et autres.

Toutes les classes du Groupe scolaire «Mamadou Konaté» étaient aussi fermées. Dans cet établissement scolaire, certains candidats au Diplôme d’études fondamentales (DEF) s’étaient présentés tôt le matin pour suivre les cours. Ils ont été surpris de constater non seulement l’absence des enseignants mais aussi la fermeture des salles de classes. Au niveau du Groupe scolaire «Siga Diallo» de Bozola, régnait un silence de cathédrale. Pas la moindre présence d’un enseignant. La cour de l’établissement était même transformée en un parking pour automobiles.
Les grévistes ont aussi boycotté les épreuves préliminaires du DEF, notamment celles d’éducation physique et sportive (EPS), programmées pour hier. Cette épreuve a été reportée à une date ultérieure.

Au CAP de Bamako-Coura, la cour était vide. Plusieurs bureaux étaient fermés à clés. Des agents, astreints à assurer le service minimum, étaient bien présents. Au passage de notre équipe de reportage, une nouvelle fonctionnaire, Kadiatou Diallo, s’apprêtait à prendre service. Sur ces entrefaites, deux membres des syndicats de l’éducation firent irruption pour demander aux agents présents de débarrasser le plancher. Le CAP du Centre commercial (CAPCC) était également fermé.

L’Académie d’enseignement Bamako-rive gauche avait aussi libéré ses agents et fermé ses portes sous la pression des délégués syndicaux. La directrice de l’Académie, Mme Koné Rokiatou Dia, a évacué sa structure et cadenassé le grand portail. On pouvait lire sur la porte d’entrée «Boycott des examens de 2020. Toutes les structures de l’éducation restent fermées jusqu’à l’application de l’article 39».

Des syndicalistes avaient également envahi le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Le secrétaire général de ce département, Kinane AG Gadéda, leur a donné les explications utiles sur les dispositions prises pour libérer les travailleurs au niveau de son département. «Je peux libérer mes collaborateurs. Mais je reste pour travailler car je suis le coordonnateur de l’application de l’article 39. Si vous m’empêchez de travailler, j’irais dormir tranquillement à la maison. Le processus d’application de l’article 39 va s’arrêter», a-t-il dit aux syndicalistes. Ce message n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Kinane Ag Gadéda a aussi rappelé que le gouvernement s’active à corriger les erreurs constatées dans l’article 39 en vue d’une application immédiate et pleine, conformément à la promesse tenue par le président de la République, lors de sa rencontre avec les acteurs de la société civile le 16 juin 2020 au Centre international de conférences. Le secrétaire général a invité les enseignants à savoir raison garder.

Pour mémoire, le procès-verbal de conciliation signé entre le gouvernement et les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 stipule : «Les parties ont convenu de fixer la date d’application de leur accord sur le salaire du mois d’août 2020 avec le rappel des arriérés de 2020. Toutefois, en cas de difficultés, le payement interviendra sur celui du mois de septembre 2020. Pour ce qui concerne les arriérés de 2019, le payement interviendra un mois après l’alignement ou au plus tard celui qui suivra ce dernier».

Sidi Y. WAGUÉ

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