Après la fête de fin d’année : Relative affluence aux marchés de légumes

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Au marché «Wonida», certaines femmes peuvent vendre jusqu’à 40 sacs de haricots par jour

La veille de la fête de la Saint-Sylvestre, communément appelée «fête du 31», les légumes et autres produits frais étaient fortement demandés à Bamako. Cette demande a provoqué ainsi une hausse inattendue des prix de ces produits. Une semaine après ces jours de profit à outrance pour les commerçants, c’est maintenant un peu la morosité dans les marchés.
C’est le cas du marché de vente de légumes appelé «Wonida», situé au quartier Bozola, en Commune II du district de Bamako. Lundi, une monotonie presque inouïe était perceptible à l’entrée de ce souk. Assises devant leurs tasses remplies de légumes, les mines graves, des vendeuses aguichaient les clients, en criant : «Venez acheter des légumes (haricots, tomates, piments, oignons, cèleri ». Certaines vendeuses, un peu plus jeunes, se faufilaient entre les étalages et les usagers, en quête des rares clients.
La situation était également moins reluisante chez Abdoul Karim Koné. « Je n’ai pas vendu plus de 10 sacs de pomme de terre, contrairement à l’année précédente. La situation est peut-être due au manque de moyens et les évènements auxquels notre pays est confronté actuellement», se console-t-il.
Venue faire ses achats chez Abdoul Karim Koné, une restauratrice constate que « la fête de fin d’année n’a pas été fêtée avec faste comme d’habitude à cause des difficultés d’argent ». Abondant dans le même sens, Awa Kanté, vendeuse de tomate, ne cache pas son désarroi face à la faible affluence des clients au niveau du marché, après la fête. « Nous ne comprenons rien. Nous, vendeuses de tomate, sommes toutes assises devant nos tasses. Pas un client ! Alors qu’avant le 31 décembre, le panier de tomate était cédé à 14.000 Fcfa. Les clients affluaient malgré la spéculation, le prix normal de la tasse étant 7.500 Fcfa », déplore la vendeuse.
Toutefois, les vendeuses de haricot vert, la star du moment, semblaient tirer leur épingle du jeu. « C’est la période des haricots verts. Fête ou pas, je vends plus de 10 sacs chaque jour», se réjouit Fanta Diallo, vendeuse de haricot vert. Elle reconnaît tout de même que l’affluence n’est pas la même avant la Saint-Sylvestre. Elle dit avoir vendu, deux jours avant le 31 décembre, 40 sacs de haricot verts sans compter les ventes au détail.
Mais chez Ousmane Wagué, un commerçant grossiste officiant au niveau de ce haut lieu d’approvisionnement, on constatait également une relative affluence. Le jeune homme d’une trentaine d’années confirme qu’après la fête du 31 décembre, l’affluence n’a pas faibli. « Je continue à vendre mes condiments comme d’habitude, comme à l’approche de la Saint Sylvestre, où les clients venaient en abondance en dépit de la hausse des prix », reconnaît le commerçant, ajoutant que les marchandises les plus sollicitées sont la pomme de terre, la banane plantain, l’oignon…
À quelques pas du magasin de Wagué, commerce une dame, assise devant des bananes plantains mûres, la commerçante répond, sourire au coin. « Je remercie Dieu. Contrairement aux jours ordinaires, j’ai beaucoup vendu. Malgré la hausse des prix, les clients continuaient d’acheter, car la banane plantain est très sollicitée pendant le 31 décembre», sourit la bonne dame.

Aminata DIAKITÉ

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