Assainissement du secteur minier : Le guide de l’OCDE comme solution

0
642

Des acteurs du secteur minier du Mali, du Burkina Faso et du Niger, soucieux d’endiguer les effets néfastes de l’exploitation minière sur l’homme et son environnement, ont renforcé jeudi leurs connaissances sur le Guide de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE).

C’était à la faveur d’un atelier qui consacrait le lancement du «Projet de renforcement des capacités en Afrique de l’Ouest sur le Guide de l’OCDE sur le devoir de diligence pour des chaînes d’approvisionnement responsables en minerais».

L’objectif visé, en initiant cette rencontre, était d’assurer la contribution de chacun à l’assainissement du secteur minier en général et de l’exploitation aurifère en particulier. En effet, l’exercice du devoir de diligence est, selon les organisateurs, le processus continu, proactif et réactif permettant aux entreprises de s’assurer qu’elles respectent les droits humains, ne contribuent pas aux conflits, observent le droit international et se conforment aux législations nationales, y compris celles se rapportant au commerce illicite de minerais et les sanctions des Nations unies.

La notion de devoir de diligence, fondée sur les risques, renvoie aux étapes que les entreprises doivent suivre pour identifier et gérer les risques effectifs ou potentiels, afin de prévenir ou d’atténuer les impacts négatifs liés à leurs activités ou à leurs choix d’approvisionnement. Dans son allocution d’ouverture, la ministre des Mines et du Pétrole a souligné que la thématique choisie est d’actualité, vu le contexte sécuritaire difficile auquel font face les États membres de l’ALG (Autorité du Liptako Gourma).

Dans une telle situation, a ajouté Mme Lelenta Hawa Baba Ba, la production de ressources minières, notamment l’or, peut susciter des questions relatives à des connexions possibles avec le terrorisme, le grand banditisme, les atteintes graves à l’environnement et à la sécurité individuelle ou collective.

En la matière, la coopération entre l’OCDE et l’ALG a permis la tenue, en 2017 à Ouagadougou, d’une rencontre décisive. Laquelle activité a recommandé l’adoption du Guide de l’OCDE comme document de référence pour la rationalisation et la maîtrise de l’orpaillage.

L’exploitation aurifère, a indiqué la ministre Ba, crée au Mali plusieurs centaines de milliers d’emplois. Elle rapporte plus de 250 milliards de Fcfa au budget de l’État. Cet apport ne doit cependant pas occulter les aspects délétères au plan environnemental, de la santé et de la sécurité dans les zones minières.

«Un autre facteur d’inquiétude pour nous est la nécessité d’assurer la traçabilité de la production artisanale de l’or qui demeure une problématique à laquelle mon département s’attèle à répondre de manière appropriée, avec l’implication de tous les acteurs nationaux et l’accompagnement de nos partenaires», a indiqué la ministre des Mines et du Pétrole.

Selon elle, en garantissant la traçabilité des ressources exploitées aussi bien en amont qu’en aval des chaînes d’approvisionnement, l’exécution des mesures contenues dans le Guide de l’OCDE contribuera efficacement à la préservation de l’environnement et au respect des droits humains.

À ce propos, le représentant du secrétaire exécutif de l’Autorité de développement intégré des États du Liptako-Gourma a confirmé que l’activité de renforcerment des capacités des acteurs intervenant dans la chaîne d’approvisionnement, est l’une des recommandations d’une étude conjointe OCDE/ALG, réalisée en 2018, relative à l’évaluation des chaînes d’approvisionnement en or au Burkina et au Mali. Ce qui justifie, selon Diadié Cissé, cette cérémonie de lancement.

Au total, sept ateliers de formation, conduite par l’ONG Alliance pour une mine responsable (ARA), seront organisés dans l’espace ALG. Pour Diadié Cissé, ces rencontres, une fois réalisées, permettront aux participants (organisateurs de comptoirs d’achat, artisans miniers, petits exploitants, opérateurs miniers industriels, ONG et services techniques des administrations publiques) de mieux comprendre le Guide de l’OCDE.

 

Makan SISSOKO

Laisser une réponse