Assainissement: LE DÉPÔT DE TRANSIT DE LA ZONE AÉROPORTUAIRE EST-IL ADAPTÉ ?

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L’accès à ce dépôt pendant l’hivernage est un parcours de combattant


La bonne gestion des dépôts de transit permet de faciliter l’évacuation des ordures à Bamako. Malheureusement ,ces sites manquent de suivi régulier. Les déchets sont amassés aux dépôts de transit pendant des semaines sans trouver une destination finale. Cela engendre pas mal de désagréments dans notre capitale quand certains dépôts de transit se trouvent au cœur de la ville comme celui qui jouxte le stade Modibo Keita à Médina Coura et la fameuse colline d’ordures de Lafiabougou surnommée «le mont Kilimandjaro». Si les opérateurs de l’assainissement sont gênés par cette situation, c’est la population, en réalité, qui en fait les frais car elle vit avec ces déchets répugnants et pathogènes.
Le dépôt de transit de la camions zone aéroportuaire en commune VI est un exemple préoccupant de ces sites non aménagés techniquement. Au cours d’une visite sur les lieux, nous avons rencontré des responsables chargés de la gestion de ce dépôt. Malick Koné est chargé de contrôler tous les engins qui viennent deposer les ordures, notamment les charrettes, les tracteurs et les motos tricycles appelés «katakatani». Selon lui, il n’y a qu’un seul dépôt d’ordure dans la commune VI. Là où le bât blesse, c’est que l’accès à ce dépôt est très difficile pour ceux qui viennent décharger les ordures, surtout pendant l’hivernage. Les tracteurs s’embourbent facilement , obligeant leurs conducteurs à s’entraider. Il est donc fréquent de voir un tracteur remorquer un autre qui s’était immobilisé dans la boue. En plus de cette situation, certains récupérateurs de déchets s’installent sur le site empêchant l’équipe de Malick Koné de faire correctement son travail. « Nous voulons que les gens viennent s’enquérir de ce qui se passe sur le dépôt de la zone aéroportuaire, ils vont comprendra pourquoi les GIE tardent à évacuer les ordures ménagères devant leurs concessions», relève Malick Koné.
«Nous cherchons des soutiens pour faciliter le passage des véhicules d’évacuation sur le site. Il y a aussi des espaces creux qui pourraient contenir les ordures si les machines interviennent», explique-t-il.
Bamadou Sidibé est le président du Collectif des associations intervenant dans l’assainissement au Mali (COGIAM). Il explique que le rôle de la commune est d’affecter aux GIE d’assainissement des dépôts de transit pour recevoir les déchets de sa circonscription territoriale. «Conformément au contrat avec la mairie, dit-il, la commune doit affecter au minimum un dépôt de transit par quartier et l’ensemble des ordures ménagères du quartier doit transiter là-bas». A en croire notre interlocuteur, après affectation, il est du ressort de la commune, sur fonds propre ou avec l’appui des partenaires financiers, d’aménager techniquement les dépôts de transit pour qu’ils reçoivent convenablement les ordures de l’ensemble du quartier. Cette mission que doivent accomplir les communes de Bamako, notamment la commune VI n’est pas chose acquise encore.
«Depuis l’installation des autorités de la commune VI, elles n’ont pas encore apporté leur appui par rapport à l’aménagement des dépôts de transit. Il n’y a même pas de voies d’accès au dépôt de la zone aéroportuaire. Nous, les opérateurs privés, cotisons pour baliser les voies afin de réaliser la pré-collecte auprès de nos clients», a signalé le président du COGIAM, ajoutant que c’est pour sauvegarder leurs emplois qu’ils sont obligés de satisfaire leurs clients.
Pour Bamadou Sidibé, juillet et août constituent les deux mois de calvaire pour tous les GIE de la ville de Bamako. Car, c’est en cette période de l’année que l’ensemble des agriculteurs péri-urbains ont semé leurs champs.
En conséquence, les gens qui viennent déposer les ordures auront du mal à trouver un endroit. Bamadou Sidibé estime que le dépôt de transit doit se situer à l’intérieur du quartier mais loin des concessions afin de faciliter la ronde des véhicules d’évacuation. «La commune doit respecter son engagement. Les mairies nous font signer des contrats de pré-collecte mais en réalité, elles nous imposent l’activité de collecte», dénonce notre interlocuteur.
Mohamed D.
DIAWARA

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