Assemblée nationale : DÉBATS ANIMÉS AUTOUR DE LA CRISE DE L’ÉCOLE

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Le ministre de l’Education nationale a mis l’accent sur les efforts du gouvernement
pour éviter la radicalisation du mouvement

La crise qui paralyse depuis plusieurs mois l’école malienne a atteint son paroxysme, car il n’y a eu que seulement 5 jours de cours au deuxième trimestre. A cause de cette situation qui ne présage rien de bon pour l’avenir de nos enfants, les députés ont décidé d’interpeller le gouvernement. Ainsi, trois ministres étaient à l’hémicycle hier pour donner des clarifications sur la situation. Il s’agit du ministre de l’Education nationale, Pr Abinou Témé, du ministre de l’Economie et des Finances, Dr Boubou Cissé et de sa collègue du Travail et de la Fonction publique, chargée des Relations avec les Institutions, Mme Diarra Raky Talla.
L’année blanche est-elle évitable ? La retenue sur les salaires radicalisera-t-elle les grévistes ? Quelles mesures le gouvernement a-t-il pris pour éviter cette situation ? Telles étaient les principales préoccupations des députés. Dans ses réponses, le ministre de l’Education nationale a indiqué que l’année blanche n’est le souhait de personne. Reconnaissant l’impasse dans laquelle se trouve l’école, il a assuré avoir tout fait pour éviter cette situation. « Pour éviter ce qui nous arrive aujourd’hui, mon département a toujours fait confiance aux vertus du dialogue. Nous avons demandé l’implication de tous ceux qui pouvaient aider à apaiser la situation, et amener les syndicats à de meilleurs sentiments. Nous avons rencontré la commission éducation de l’Assemblée nationale, les parents d’élèves et d’étudiants, l’Association des adolescents de 1960, l’AMSUNEM et au moins 2 fois le bureau de coordination de l’AEEM et les familles fondatrices de Bamako», a expliqué le ministre Témé, ajoutant que malheureusement tout cela n’a pas donné les résultats escomptés.
Par ailleurs, le ministre de l’Education nationale a rappelé que le gouvernement a fourni beaucoup d’efforts pour éviter la radicalisation du mouvement. « Le premier point de revendication concernait l’octroi d’une prime de documentation. Elle fait partie des points d’acquis, mais nous savons tous que les primes de documentation sont pour les enseignants chercheurs qui ont acquis un statut particulier. A ce titre, ceux-ci bénéficient de 17.000 Fcfa par mois pour la documentation. Mais dans l’enseignement préscolaire, fondamental et secondaire, les enseignants avancent par inspection. Première inspection, ils sont titulaires ; deuxième inspection, ils sont principaux. Mais nous avons reconnu qu’il sied de mettre les enseignants dans de meilleures conditions qui leur permettent de préparer scientifiquement les cours qu’ils dispensent», a argumenté le ministre Témé. Il ajoutera que le gouvernement a donc consenti l’octroi d’une prime de documentation forfaitaire versée à chaque rentrée scolaire pour l’achat des documents appropriés pour la préparation des cours.
Le deuxième point relatif à la prime de logement est l’un des points de désaccord, a précisé le ministre Témé. «Nous leur avons fait comprendre qu’en 2014, une indemnité de résidence a été accordée à tous les salariés, à tous les fonctionnaires. L’Etat est disposé à leur faire des offres en nature, comme leur faciliter l’accès aux parcelles à usage d’habitation et aux logements sociaux. Mais ils ne veulent pas de ça, ils veulent de l’argent. Ils demandent 100.000 Fcfa pour les catégories A, 75.000 pour les catégories B et 50.000 pour les C», a regretté le ministre de l’Education nationale. «Nous ne pouvons pas faire de promesses que nous ne pourrons pas tenir. C’est pourquoi le Premier ministre a reçu les syndicalistes le 16 mars dernier à la Primature. Il leur avait promis une offre chiffrée en fin juin. Mais cela n’a pas permis de désamorcer la crise.
En ce qui concerne le point 6, la relecture des textes concernant les examens, les syndicalistes demandent des frais de surveillance de 15.000 Fcfa par jour, des frais de correction de 1250 Fcfa au DEF, 1500 Fcfa au lycée, des frais de présidence de centre à 100.000 Fcfa. Là aussi, nous avons fait des analyses comparatives, il y a des enseignants qui en bénéficient au niveau du supérieur mais la surveillance journalière est de 5000 Fcfa », a-t-il précisé.
Par ailleurs, le chef du département de l’Education nationale a rappelé qu’actuellement au niveau des autres ordres d’enseignement, les copies du bac sont corrigées à 475 Fcfa l’unité, le DEF à 375 Fcfa. Les responsables de centre au bac ont 50.000 Fcfa et ceux du DEF 30.000 Fcfa.
Selon le ministre Témé, le 10è point fait aussi l’objet de désaccord. Il est relatif à la nomination des enseignants aux postes de responsabilité dans l’administration scolaire. « Jusqu’en 2018, des enseignants des collectivités étaient nommés au poste de directeur d’Académie. C’est l’obtention de leur statut particulier à partir du 16 janvier 2018 qui ne nous permet plus de les nommer à ces postes de responsabilité », a-t-il expliqué.
De son côté, la ministre Raky Talla a donné des explications aux parlementaires par rapport à la retenue sur les salaires. La législation en la matière dit que quand les négociations se sont soldées par des désaccords, la grève doit respecter des principes comme le respect du service minimum, et des principes selon lesquels les grévistes ne doivent pas empêcher ceux-là qui veulent travailler, d’accéder à leur lieu de travail, a-t-elle rappelé. Ce sont des principes adoptés par l’Assemblée nationale. «La loi précise que par suite d’une cessation concertée du travail, l’absence de service fait donne lieu à une retenue du traitement ou du salaire», a assuré Raky Talla.

Khalifa DIAKITé

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