Assises de Bamako au Mali: Cinq ans de prison ferme pour le logeur violeur

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Parallèlement aux interpellations quasi quotidiennes de malfrats à travers la ville, les audiences de la Cour d’assises se poursuivent imperturbablement à la Cour d’appel de Bamako. C’est un jeune ouvrier que nous désignerons par ses initiales OK qui a comparu devant les jurés en fin de semaine dernière. La cause ? Il semble que, sous la menace d’un couteau, il a sexuellement abusé d’une aide-ménagère du nom de NKK. Comme cette dernière était loin d’être consentante celui-ci tombe sous le coup de l’article 226 du code pénal qui punit le viol.

Selon l’acte s’accusation, courant 2017, OK avait un travail bien connu de tous ceux qui l’ont côtoyé à l’époque. Il se chargeait d’accueillir chez lui, de nombreuses jeunes filles de son village. Il se trouve que ces filles quittaient le village pour venir chercher leurs trousseaux de mariage à Bamako. Ensuite, après les avoir accueillies chez lui, OK les plaçait dans les familles où elles travaillaient comme aide-ménagère, percevant au passage quelques commissions. Bref, une affaire juteuse dans laquelle ce jeune homme semblait tirer profit.

Pour le cas de l’héroïne de cette histoire, elle a travaillé dans une famille durant plusieurs mois. Mais avec le temps, son contrat a été rompu et elle s’est subitement retrouvée en chômage technique. Ainsi, l’aide-ménagère a jugé nécessaire de retourner chez le nommé OK qui résidait à l’époque à Magnambougou Faso Kanu en Commune VI du District de Bamako. Très probablement, c’était juste le temps de décrocher le même boulot dans une autre famille. Sinon se contenter de ce qu’elle a gagné et retourner au village. Curieusement au même moment, NKK était dans la même situation qu’une autre fille. à deux, elles sont retournées chez OK, leur logeur de Bamako. Ce dernier les a accueillies en leur affectant une chambre à coucher dans sa cour.

Le temps passant, OK mûrit un plan machiavélique contre NKK. Un plan qu’il n’a pas hésité à mettre en exécution. C’était un vendredi, la camarade de chambre de la jeune fille était sortie pour des courses personnelles en ville. Ce jour-là, OK était pratiquement seul avec NKK à la maison. Il n’a pas résisté à montrer à l’aide-ménagère son désir d’avoir des rapports intimes avec cette dernière. Mais la jeune fille opposa un refus catégorique à la demande de OK. Totalement envahi par le désir d’assouvir sa libido, le monsieur n’a pas cherché de midi à quatorze heures, comme on le dit.

Il a décidé de passer par la violence en menaçant la jeune fille avec un couteau pour l’obliger à entretenir des rapports intimes avec lui. Malgré tout, l’aide-ménagère n’a pas cédé. Un duel s’engagea entre les deux aux termes duquel, le jeune homme a eu gain de cause. Il a sexuellement abusé de NKK sous la menace d’une arme blanche. Après avoir perdu ce combat, la jeune fille n’est pas restée sans réagir. C’est comme cela qu’elle s’est rendue au commissariat de police du 7è arrondissement où elle a déposé une plainte contre son agresseur. Les heures qui ont suivi, OK a été interpellé et inculpé pour viol.

Dès l’enquête préliminaire, le jeune homme a reconnu les faits. Mais face au magistrat instructeur, il a tenté de les nier en bloc. Bizarrement, une fois en face des jurés lors de son audience, il les a de nouveau reconnus. Dès lors, non seulement la cause était entendue pour lui. Mais il a surtout facilité le travail, aussi bien aux juges, qu’à son avocat. C’est pourquoi, le ministère public n’a même pas souhaité s’attarder sur la suite des débats. Celui-ci a juste plaidé que le suspect soit maintenu dans les liens de l’accusation.

Le conseil de l’avocat a néanmoins tenté de trouver une porte de sortie pour son client. Il a ainsi sollicité la clémence de la Cour pour que celle-ci lui fasse bénéficier de circonstances atténuantes. Cette sollicitude de l’avocat semble avoir été entendue par la Cour. Celle-ci a accordé des circonstances atténuantes à l’accusé qui a été condamné à cinq ans de prison ferme. Comme pour dire qu’ « une faute avouée est à moitié pardonnée ».

Tamba CAMARA

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