Assises du Mali : Peine capitale pour l’obsédé sexuel

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Il a planifié et attaqué sa victime pendant que cette dernière dormait nuitamment. Après lui avoir assené des coups de machette, il n’a pas hésité à abuser d’elle.

C’est un dossier de coups et blessures volontaires aggravés et de viol incriminant YS qui a été examiné lundi dernier par les juges de la Cour d’assises de Bamako. à environ 20 ans, ce jardinier d’un autre genre est inculpé pour des faits de violences sexuelles sur une aide-ménagère entraînant la mort de celle-ci. à l’époque des faits, le présumé auteur partageait le même lieu de résidence que sa victime. C’était en 2016 au Camp des gardes de N’Tomikorobougou en Commune III du District de Bamako.

à la date sus-indiquée, la demoiselle AT a été engagée en qualité d’aide-ménagère par la famille d’AK, un porteur d’uniforme résidant dans le camp des gardes. Le jour des faits, aux environs de 3 heures du matin, alors que la quasi-totalité des membres de la famille dormaient à poings fermés, le jeune jardinier a choisi ce moment pour faire irruption dans la chambre d’AT, sa future victime. Tous les membres de la maisonnée étaient dans les mains de Morphée. Pour YS, c’était l’occasion à ne pas rater sous quel que prétexte que ce soit

Envahi par un ardent désir d’entretenir des rapports intimes avec l’aide ménagère, YS n’a pas hésité à utiliser la manière forte. Ainsi, il s’est muni d’une machette avec laquelle il a frappé violemment la jeune fille endormie.
Dès lors le champ était libre pour ce jardinier qui abusa de sa victime sexuellement. Après son forfait, il a disparu des lieux comme s’il ne s’y était jamais rendu.

Le viol serait méconnu, si un témoin ne s’était pas, par un simple fait du hasard, présenté sur les lieux au moment de l’action. Cette nuit-là, en effet, ce témoin nommé AK, semblait être de passage vers les lieux au moment où YS commettait son acte ignoble. AT est tombé sur la pauvre, presque nue, couchée à même le sol, et visiblement inconsciente. Pis, elle portait une blessure au niveau du cou. Tout laissait croire qu’elle a été victime d’une agression sauvage. Celui qui a fait cette découverte macabre n’a pu qu’avertir la police pour l’en informer. Par la suite, AT a été transportée au CHU Gabriel Touré où, peu de temps après son admission, elle a succombé à ses blessures.

Dans la foulée, les policiers ont pris le dossier en main dans l’espoir de débusquer celui qui a pu commettre un tel acte. Les enquêtes ont été menées, aux termes desquelles, les limiers sont tombés sur YS. Ce dernier est interpellé et conduit au commissariat de police du 2è arrondissement. L’enquête policière a suivi son cours normal jusqu’à l’inculpation du jardinier. Celui-ci s’est finalement retrouvé en Cour d’assises pout répondre de l’acte dont il est accusé, conformément aux dispositions des articles 207 et 226 du code pénal.

En face des juges à la barre, YS n’a pas varié dans ses propos. Il avait fait de même durant l’instruction de son dossier. Lorsqu’il s’est agi de s’expliquer devant les jurés, il a clairement fait savoir qu’il a effectivement assommé sa victime avant d’entretenir une relation intime avec elle. « Je reconnais les faits », a-t-il avoué avant de détailler de façon glaçante comment les choses se sont passées cette nuit-là aux environs de 3 heures du matin.

L’accusé a expliqué sa forfaiture par une envie forte d’assouvir sa libido. Dès lors, la cause était entendue pour lui. Le parquet, dans son rôle de défenseur des citoyens l’a totalement chargé, en qualifiant les faits de « très graves ». Le ministère public a justifié ce qualificatif « très graves », en soutenant que non seulement l’accusé a bien mûri son plan avant de le mettre à exécution, mais il s’est servi d’un crime pour en commettre un autre.

D’où l’écœurement du défenseur des citoyens qui a requis que le jeune homme soit maintenu dans les liens de l’accusation sans bénéficier de quelles que circonstances atténuantes que ce soit.

La défense n’était pas de cet avis. Elle a reconnu les aveux de son client et demandé à la Cour de ne pas suivre les réquisitions du parquet. Aux termes des débats, la Cour n’a accordé aucune circonstance atténuante à l’accusé. Le jeune homme a écopé de la peine capitale.

Tamba CAMARA

 

Peines proportionnelles aux crimes pour des copains

Auparavant, les jurés avaient fait comparaître les nommés IS et KD. Le duo devait répondre des faits de « meurtre et non assistance à personne en danger » commis sur la personne de DC. Cette triste histoire s’est déroulée en 2018 à N’Tomikorobougou, en Commune III du District de Bamako

Suite à une altercation ayant pour origine une histoire de femme, IS poignarde DC et le laisse se vider de son sang. Son ami, KD, savait bien avant ce qui se passait, mais n’a pas jugé nécessaire d’intervenir pour éviter le pire. KD avait été chargé par le fiancé de la jeune fille K, (objet du conflit) depuis leur village, de surveiller les relations douteuses entre celle-là et DC, la victime. Il en été ainsi jusqu’au jour où, KD est allé surprendre la nommée K en compagnie de celui qui semblait être son amant.

Cette nuit là, tout est allé très vite. Pendant que les deux amants passaient leur moment de tendresse DC, le couple a été assiégé par les nommés IS et KD. D’échanges verbaux ils sont passés à une vive dispute. Très vite, les choses dégénérèrent. Il s’est trouvé que les assaillants, venus pour régler le compte au couple, possédaient des armes blanches.

Sur place, plus le temps passait, plus les esprits s’échauffaient. C’est dans ces conditions qu’IS n’a pas hésité à poignarder DC, sous les yeux de son compagnon KD. Ce dernier, n’a rien fait pour intervenir et faire cesser le duel qui a été fatal à ce jeune homme qu’ils soupçonnaient d’entretenir des rapports amoureux avec « leur » fiancée.

IS, le principal accusé, auteur du coup mortel a mélangé les pédales dans ses explications face aux jurés. Il a d’abord nié les faits en bloc avant de changer de stratégie. Puis, comme si ce n’était pas lui qui avait parlé peu de temps avant, il a estimé que ses actes relevaient de la légitime défense. Car, selon lui, la victime s’était munie d’un bâton avec lequel elle voulait le frapper.
Quant à son copain KD, il se trouve que c’était lui-même l’instigateur de cette expédition punitive contre le couple. Une opération qui a fini par la mort de celui qu’ils croyaient être l’amant de la fiancée d’un des leurs, resté au village.

Les faits de meurtre ont été établis et les deux garçons ci-dessus cités ont été inculpés, conformément aux dispositions des articles 199 et 200 du code pénal et des dispositions de l’article 220 du code pénal. à la lumière des débats, malgré les justificatifs des inculpés, la Cour a condamné IS à10 ans de réclusion criminelle. Tandis que son compagnon KD a lui écopé de 3 ans de prison ferme. La Cour avait requalifié les faits de meurtre en coups mortels. La défense était parvenue à convaincre les jurés que son client avait plutôt « l’intention de se libérer face à sa victime et non celle de lui donner la mort », contrairement à ce que l’acte d’accusation laissait entendre.

T. CAMARA

 

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