Attaques terroristes : La riposte s’organise

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Les soldats maliens et français mènent fréquemment des patrouilles conjointes

Formation et équipement des FAMa, Coalition pour le Sahel, Force Takuba, renfort pour l’opération
Barkhane… les pays du Sahel et leurs partenaires sont en train de mettre les bouchées doubles pour en
finir avec les groupes terroristes qui pullulent dans la zone du Liptako Gourma

Les attaques terroristes qui ont, à plusieurs reprises, endeuillé notre pays en 2019, se poursuivent malheureusement. Pas plus tard que le mardi dernier, des éléments des Forces armées du Mali (FAMa), en provenance de Boni pour Douentza dans la Région de Mopti, ont été victimes d’une mine à Dalla. Le bilan, selon un communiqué de l’Armée, est de deux militaires tués et deux autres blessés. L’évacuation par voie aérienne des blessés a été assurée par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), précise la même source.
Cette attaque est survenue le lendemain de la célébration des 59 ans de notre Armée. À l’occasion de ces festivités, le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a rassuré que l’effort de l’équipement de l’Armée sera maintenu et poursuivi avec vigueur afin de permettre à notre pays d’en finir avec cette guerre lâche et injuste. Bien sûr avec l’accompagnement des forces étrangères.
Si la force française Barkhane et la Minusma se battent aux côtés de nos militaires depuis presque six ans, une force spéciale européenne appelée «Task Force Takuba» pourrait se joindre très bientôt aux troupes déjà présentes, en vue de lutter efficacement contre le terrorisme au Mali et dans le reste du Sahel. Composée des unités de forces spéciales des pays européens comme la Suède, la Norvège, l’Estonie et la Finlande, «Takuba» envisage de déployer sur le terrain des hommes et du matériel, notamment des drones et des hélicoptères, pour traquer les groupes terroristes.
Lundi dernier, la ministre française des Armées, Florence Parly et ses homologues suédois Péter Hultqvist, portugais Joao Gomes Cravinho et estonien Kristjan Prikk étaient à Bamako pour la concrétisation de ce projet. Il était aussi question de la mise en œuvre des conclusions du sommet de Pau, tenu le 13 janvier dernier.
À l’issue de l’audience que leur a accordée le chef de l’État, Ibrahim Boubacar Keïta, Florence Parly a confirmé que de nouvelles opérations vont se développer dans les prochaines semaines dans la zone du Liptako Gourma couvrant les trois frontières : Mali, Burkina Faso et Niger.

220 MILITAIRES EN RENFORT- Pour ce qui concerne la mise en oeuvre des conclusions du sommet de Pau, un communiqué de la cellule de communication de l’opération française Barkhane, publié hier, rappelle que les chefs d’État ont, à l’issue de leur réunion, convenu d’engager des discussions pour mettre en place un nouveau cadre politique, stratégique et opérationnel pour la lutte contre les groupes terroristes.
Ce nouveau cadre prendra la forme et le nom d’une «Coalition pour le Sahel», laquelle sera organisée autour de quatre piliers : le combat contre le terrorisme, le renforcement des capacités militaires des États de la région, l’appui au retour de l’État et des administrations sur le territoire, et enfin l’aide au développement. «Cette coalition sera le catalyseur d’une coordination renforcée destinée à raccourcir les circuits de décision, notamment pour apporter un soutien plus rapide aux partenaires, et à favoriser la circulation du renseignement», précise le communiqué.
Par ailleurs, le communiqué rappelle que le président français, Emmanuel Macron, a annoncé l’envoi de 220 militaires en renfort de l’opération Barkhane. Ce renfort répondra au besoin d’accentuer l’effort des troupes françaises dans la région des trois frontières (Mali, Burkina, Niger).
Déployé à courte échéance, ce renfort sera essentiellement de nature terrestre, et sera composé de troupes aguerries, expérimentées et habituées à opérer au Sahel.
Il permettra de renforcer la lutte contre les groupes armés terroristes qui sévissent dans la région, en particulier l’EIGS (groupe Etat islamique au Sahara), dans le cadre d’un véritable partenariat de combat avec les forces locales. Il aura également pour vocation de permettre à Barkhane de répondre plus efficacement encore aux demandes d’assistance des forces du G5 Sahel.
«L’origine de ces troupes, le calendrier et la zone de leur déploiement restent confidentiels à ce stade, afin de ne pas fournir de renseignements qui pourraient servir les intérêts des groupes armés terroristes», indique la cellule de communication de Barkhane, ajoutant qu’à terme, la forme et les missions de ce renfort pourront évoluer pour que Barkhane, qui est en perpétuelle adaptation, accueille et favorise le déploiement des partenaires, notamment dans le cadre de la Coalition, et aux côtés de la Task Force Takuba.

Madiba KEITA

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