Axe Mamaribougou-Samanko II : DES POISSONS FRAIS À GOGO

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Des poissons frais qui attendent les Clients


Au Mali, la pêche est un sous-secteur important de l’économie nationale. Elle est, selon le ministère de l’Elevage et de la Pêche, pratiquée sur l’ensemble des plans d’eau du pays. En la matière, on distingue trois principales zones de production : le Delta central du Niger, le lac de Sélingué et le lac de Manantali. Outre ces grandes zones, il existe un nombre important de mares, de cours d’eau et un potentiel réel en zones aménageables dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal, selon le site internet du ministère de l’Elevage et de la Pêche.
Ce qui permet à notre pays d’atteindre une production halieutique qui oscille entre 100.000 à 120.000 tonnes par an, assurant une consommation moyenne annuelle de 10,5 kg/habitant. Aussi, contribue-t-elle pour 90 milliards de Fcfa à l’économie nationale, soit 4,2 % du Produit intérieur brut (PIB). Les emplois générés en amont et en aval de la filière pêche sont estimés à 500.000. Au nombre desquels emplois, nous pouvons citer les vendeurs et vendeuses à la criée (opération par laquelle une personne appelée vendeur interpelle de vive voix des acheteurs potentiels dans le but de leur vendre un bien) le long des routes principales situées à proximité de nos fleuves, dans la périphérie de Bamako. Un seul constat pour s’en convaincre.
En effet, sur la route de Kanadjiguila et Mamaribougou en allant à Samanko II, dans la commune du Mandé, cercle de Kati, il est fréquent de voir des femmes arrêtées aux bords de ces voies, tenant à la main des poissons frais aux yeux vifs et éclatants, en vue d’aguicher l’acheteur. Elles invitent les passants notamment les automobilistes, motocyclistes et piétons à acheter leurs poissons. Pendant que le stock de marchandises est déposé juste derrière elles, dans une grosse baignoire à côté de laquelle est placée une balance qui sert à peser les poissons. Une stratégie marketing qui semble fonctionner à merveille.
Car, nombreux sont les chefs de famille qui s’arrêtent pour payer de quoi « faire manger » à la maison. Comme en témoignent des interlocuteurs qui trouvent que ses poissons frais sont rares sur les marchés de Bamako. Tel est le point de vue de Amadi Touré.  «Il est rare de trouver des poissons frais venus tout droit du fleuve. La majorité des poissons de fleuve que nous consommons à Bamako sont conservés dans des réfrigérateurs durant des jours avant de nous les faire parvenir», déplore-t-il, tout en pestant, l’air découragé : «souvent, nous constatons qu’ils sont en état de décomposition, après les avoir achetés».
Qu’en est-il du prix de ces poissons frais, en comparaison de ceux transportés de l’intérieur du pays ? « Certes, les prix ne sont pas pareils, mais, comparés à ceux qui se vendent conservés dans des glaces ou frigo ou ceux des poissons de mer, mais c’est quand même bon à manger contrairement aux autres », tranche Amadi Touré, sans entrer dans le détail des prix des différentes catégories de poissons.
Un silence que brisera Hawa Kéita (14 ans), une jeune élève en classe de 9è année de l’école fondamentale. Assise devant une tasse remplie de grosses carpes, une balance posée à côté, elle explique : «j’aide ma mère à vendre des poissons frais sur cette même place chaque soir, après la descente. Notre place qui n’est plus à présenter à nos clients, est généralement prise d’assaut. Nous nous approvisionnons chaque soir auprès des pêcheurs à Katibougou en raison de 1750 Fcfa le kilogramme.
Quantité que nous revendons à 2000 Fcfa». Notre interlocutrice trouve abordable le marché de poissons, confiant au passage qu’elle paye toutes ses fournitures scolaires ainsi que celles de ses frères et sœurs grâce à ce commerce.
Comme elle, la ménagère Aminata Sacko vend aussi des poissons frais sur le même axe routier. Elle préfère de loin, malgré la fatigue, «ce travail» plutôt que de rester à la maison à ne rien faire. «Les poissons me parviennent de Djoliba. Leurs prix varient entre 1850 Fcfa le kilo pour les moins gros, 1 900 Fcfa (les gros) et 2000 Fcfa le kg pour les plus gros. Grâce au bénéfice de ce commerce, je contribue au prix de condiment », explique-t-elle, ajoutant que les hommes en achètent plus que les femmes.
Fadi CISSÉ

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