Baisse historique du pétrole

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L’épidémie du coronavirus (Covid-19), en plus de mettre les prévisions économiques à rude épreuve, menace l’économie mondiale de récession.
Comme si cela ne suffisait pas, l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) n’a pas réussi à obtenir une nouvelle réduction de la production pétrolière de l’ordre de 1,5 million de barils par jour «pour maintenir les prix du brut ».
La Russie, deuxième producteur mondial de pétrole et non membre de l’Opep, s’est opposée à cette mesure. En réaction : l’Arabie saoudite, chef de file de l’Opep, s’est lancée dans une vaste braderie en effectuant la plus importante réduction de ses prix pétroliers en vingt ans, selon Bloomberg News, une agence de presse américaine, spécialisée dans l’économie et la finance.
Conséquence : le prix du pétrole à destination d’Asie a diminué de 4 à 6 dollars par baril alors que celui pour les États-Unis a été réduit de 7 dollars par baril.
Aramco, la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures, a vendu son baril d’Arabian Light à un prix sans précédent : 10,25 dollars en dessous du baril de Brent de la mer du Nord, selon Bloomberg.
Dans les échanges de l’après-midi de lundi en Asie, les deux principaux contrats étaient en baisse de 30 % environ. Le prix du West Tewas Intermediate s’établissait à 29 dollars le baril et celui du Brent à 33 dollars le baril. «Une chute de 30 % des prix du brut est sans précédent et envoie une onde de choc énorme à travers les marchés financiers», a commenté Margaret Yang, analyste pour CMC Markets.
Et comme prévu, les bourses n’ont pas mis du temps à réagir en Asie et dans le Golfe. Les cotations ont été suspendues au Koweit après que son indice principal ait chuté de 9,5 % à l’ouverture lundi, tandis que Dubai perdait 9,0% et Abu Dhabi 7,1%. La Bourse d’Arabie saoudite, elle, a relâché de 9,2% à l’ouverture des échanges tandis que le titre du géant pétrolier Saudi Aramco a chuté de 10 %, bien en dessous de son prix d’introduction en décembre. La valeur pétrolière de la China National Offshore Oil Corporation chutait 16%, PetroChina de 10 %.
Des effets qui semblent partis pour durer sur l’économie mondiale, à condition que la Russie revienne à la table de négociations avec l’Opep pour trouver un accord. «La porte n’est pas fermée », a déclaré hier le ministre de l’Energie russe, Alexandre Novak dans une interview à la chaîne de télévision «Rossiïa-24».

Cheick M. TRAORÉ

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