Bamako : L’HIVERNAGE AGGRAVE L’INSALUBRITÉ

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Certains jeunes s’organisent à curer les caniveaux de leurs quartiers


Comme d’habitude, en période d’hivernage, l’insalubrité dans la ville de Bamako, un phénomène déjà très préoccupant, s’aggrave. En effet à cette période, dans les rues et presque partout, on peut facilement observer des déchets de toutes natures, y compris des sachets d’eau, lambeaux de vieux boubous, restes de médicaments traditionnels jusqu”au beau milieu des routes. La plupart de ces déchets finissent généralement leur course dans les caniveaux où ils viennent s’ajouter à d’autres déchets solides empêchant ainsi l’écoulement de l’eau.
Conséquence : les rues et ruelles sont dégradées et les caniveaux sont particulièrement obstrués. Toutes choses qui font de Bamako une ville très sale. Aux alentours du marché de Médine par exemple, les caniveaux construits pour faciliter le drainage des eaux usées sont devenus des dépotoirs d’ordures ménagères. Non loin, sont installés de nombreux vendeurs de nourriture dans un environnement malsain, envahi par les mouches et la poussière. Pourtant, il y a bel et bien une clientèle qui paye cette nourriture insalubre parce qu’elle coûte moins cher. Les clients sont conscients du risque qu’ils encourent comme l’a expliqué un jeune Talibé de 18 ans, Mahamadou Diarra.
Au quartier Banconi, près d’un caniveau très dégradé et abandonné, un groupe de jeunes prenait du thé. Nous avons demandé pourquoi ils sont installés dans un endroit aussi sale. Leur leader apparent, âgé d’une quarantaine d’années, répond que c’est par manque d’espace approprié que le groupe s’installe à cet endroit. «Donc, nous n’avons pas le choix», a-t-il dit en toute insouciance. «C’est difficile de maintenir la propreté des lieux parce qu’il y aura toujours des gens qui ne vont pas respecter l’environnement. On ne peut pas avoir le choix et s’installer dans un tel lieu qui n’est autre que le nid des maladies de toutes sortes à commencer par les moustiques», a dit un autre jeune. Autre réalité : à cause des déchets, flaques d’eau, eaux usées, rues boueuses en cette période d’hivernage dans certains quartiers de Bamako, les gens parviennent difficilement à se déplacer. Un agent du service de ramassage d’ordures d’Ozone Mali, Oumar Sangaré, que nous avons approché à Faladié, a expliqué qu’en saison sèche, le nettoyage des routes est plus facile parce que l’environnement est sec. A l’heure actuelle, avec la pluie et le vent qui déplacent les déchets et les ordures, il faut tout le temps nettoyer et ce n’est pas facile. Amadou Simaga, 22 ans, jeune commerçant à Magnambougou, témoigne qu’à l’approche de chaque hivernage, tous les jeunes de son quartier se réunissent pour faire une journée de salubrité en vue du curage des caniveaux. Mais, c’est la population elle-même qui salit et dégrade de plus en plus, surtout les ménagères, a t-il déploré.
Quant à Aminata Traoré, elle a ajouté qu’en hivernage, elle ne veut même pas rester à Bamako à cause de l’insalubrité qui provoque plein de maladies comme le paludisme, la diarrhée, des petits vomissements etc. Elle a exhorté les autorités à mieux s’impliquer dans la gestion des questions d’environnement.
Fadi Cissé

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