Bandiagara : APPEL À L’UNION DES CŒURS ET DES ESPRITS

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Samedi dernier, dans la cité emblématique, le Premier ministre a transmis le message de paix du chef de l’Etat et réaffirmé l’engagement de l’Etat à rétablir l’ordre

Toute la cité de Nangabanou Tembely s’était mobilisée pour accueillir le Dr Boubou Cissé, «un des fils du terroir» et la forte délégation qui l’accompagnait. Sur place, premier acte : le chef du gouvernement a rendu une visite de courtoisie aux légitimités traditionnelles, réunies pour la circonstance au Palais Aguibou Tall. Là, des bénédictions ont été dites pour le pays. Les sages ont, par ailleurs, souhaité le renforcement du dispositif sécuritaire dans le cercle et l’implication effective de l’Etat pour inciter le retour de ceux qui ont quitté leurs villages par crainte des représailles.
Ensuite, le Premier ministre a rencontré les cadres et les forces vives du cercle. Occasion pour ceux-ci de porter à son attention, les difficultés auxquelles la localité est confrontée. Préoccupation commune : sans surprise l’insécurité qui met en lambeau le tissu social et décime le riche patrimoine de Bandiagara. Selon le maire Housseini Saye, aucune localité n’échappe à la spirale de la violence.
La visite du Premier ministre était alors perçue par l’édile comme une marque de compassion, pour laquelle il a été vivement salué. Comme solution à l’insécurité, le maire a plaidé pour la densification des mesures sécuritaires, afin de protéger les populations qui demeureront comme un «mélange de fonio et de sésame que rien ne peut séparer».
«Ce qui arrive à Bandiagara est un coup de foudre et personne n’est en mesure d’établir les causes de ces conflits dont les auteurs seront bientôt vaincus», a renchéri Madani Tolo, un des intervenants. Prenant la parole, le chef du gouvernement a prêché l’union des cœurs et des esprits pour constituer un front commun contre les envahisseurs. Et de rassurer que des dispositions ont été prises pour renforcer le dispositif sécuritaire. En effet, les effectifs déjà déployés seront renforcés par 3.500 militaires, dont le premier lot (1.500) est arrivé la semaine dernière. Aussi, «on verra comment installer un camp à Bandiagara», a promis Dr Boubou Cissé.
Mais, il est surtout urgent que les acteurs concernés par les tensions se rencontrent dans un cadre de dialogue et proposent des solutions. Le chef du gouvernement a insisté sur la nécessité absolue de travailler au rétablissement de la confiance entre les protagonistes et qu’ensemble «nous puissions organiser un vaste front de résistance à toute ethinisation et politique de la situation».
Par ailleurs, il a annoncé que le cercle de Bandiagara, à travers l’opération d’urgence de distribution de vivres, bénéficiera de 924 tonnes de céréales.

LES BONS POINTS DE L’ARMÉE – De retour à Mopti, le Premier ministre a rencontré le commandement de la 6è région militaire pour s’imprégner des conditions dans lesquelles évoluent nos braves soldats. A l’occasion, Dr Boubou Cissé a été briefé sur les opérations en cours, qui engrangent des résultats forts encourageants : 60 attaques déjouées et 270 sorties aériennes effectuées. «Un travail remarquable», s’est félicité le chef du gouvernement qui n’a pas caché sa satisfaction devant la troupe.
Exhortant les soldats à plus d’engagement, il leur a dit toute la détermination du président de la République à mettre les forces de défense et de sécurité dans les meilleures conditions de vie et de travail. «Il a instruit de prendre toutes les dispositions pour que vous soyez équipés à la hauteur de vos missions», a confié Dr Boubou Cissé. Et de promettre que l’Etat «continuera à répondre à vos besoins pour assurer la protection des personnes et de leurs biens». Dr Boubou Cissé a vivement remercié les forces de défense et de sécurité pour leur sacrifice au service de la nation qui, en retour, sera éternellement reconnaissante. Il a fait observer une minute de silence en la mémoire des soldats tombés sur le front.
Lors de la rencontre avec les militaires, le Premier ministre était accompagné des généraux Ibrahima Dahirou Dembélé et Abdoulaye Coulibaly, respectivement ministre de la Défense et des Anciens combattants, et chef d’état-major général des Armées.

Envoyé spécial
Issa Dembélé

 

Koro et Bankass : LE PREMIER MINISTRE ANNONCE UNE PRÉSENCE ACCRUE DES FORCES DE DÉFENSE ET DE SÉCURITÉ

Dr Boubou Cissé a invité aussi les uns les autres à dépasser les rancœurs et leurs meurtrissures et à aider l’Etat dans ses efforts de pacification

L’opinion en est convaincue : l’action militaire, seule, ne suffira pas à neutraliser le poison qui alimente la crise dans la région de Mopti. Il faut alors d’autres approches, qui doivent être pensées et mises en œuvre de concert avec les acteurs concernées. Ainsi, le Premier ministre Dr Boubou Cissé est allé, vendredi dernier, à la rencontre des populations de Koro et de Bankass qui subissent les affres de l’insécurité. Sillonnant ces localités, il a invité les uns les autres à dépasser les rancœurs et leurs meurtrissures, à rétablir la confiance et aider l’Etat dans ses efforts de pacification.
Un message visiblement bien capté à Koro, première étape de ce périple qui a commencé le vendredi dernier. La localité, mobilisée dans toute sa diversité, a réservé un accueil mémorable au chef du gouvernement et sa délégation composée de ministres, de la hiérarchie militaire et des fils du terroir. Après cet accueil populaire, Dr Boubou Cissé a rencontré les cadres et les forces vives du cercle.
Au cœur des échanges : la situation sécuritaire. Ici, la tension persiste entre des communautés qui, pourtant, vécurent en parfaite harmonie durant des siècles. « Ces trois dernières années, la haine s’est installée dans les cœurs », a regretté le chef du village par intérim, Moctar Niangaly qui n’est pas pour autant pessimiste quant à l’avenir de Koro, où les gens savent reconnaître leurs erreurs. «Ils se sont trompés. L’erreur est humaine, maintenant on doit se pardonner », a plaidé Niangaly, enjoignant les protagonistes à respecter désormais leurs engagements afin que la paix revienne. Madani Tolo, représentant de la communauté dogon, abondera dans le même sens, exhortant les populations à aller au-delà des mots. Il a appelé tout le monde à se donner la main, de façon sincère. «Arrêtons ! Nous sommes tous fatigués», a-t-il lancé. Un cri de cœur repris par Seydou Macki Tall, porte-parole de la communauté peul : «Que les gens acceptent de vider les cœurs, pour que le vivre ensemble puisse revenir, comme au temps de nos parents». En termes de solutions à l’insécurité ambiante, des intervenants ont préconisé la multiplication des postes de sécurité. Ce qui favoriserait, selon eux, le retour des déplacés, la reprise des activités économiques et la réouverture des écoles fermées.
En plus de l’insécurité physique, les habitants de Koro craignent aussi l’insécurité alimentaire. Une préoccupation déjà prise en charge par l’Etat qui distribue actuellement 8000 tonnes de céréales à travers toute la région de Mopti et une partie de celle de Ségou.
Pour Dr Boubou Cissé, venir à Mopti relevait d’une obligation absolue. D’abord, parce qu’il « est d’ici » et les préoccupations de la zone sont aussi les siennes. Et surtout, parce qu’il lui faut le soutien des populations pour gagner cette guerre contre les obscurantistes qui cherchent à déstabiliser notre pays, en mettant ses communautés dos à dos. «J’ai besoin de vos bénédictions, appuis et propositions pour mener à bien la mission à moi confiée par le président de la République», a-t-il déclaré, soulignant que la recherche de la paix nécessite l’implication de tous.
Lors des échanges, Dr Boubou Cissé a surtout insisté sur la collaboration entre les populations et les forces armées, gage de la réussite des opérations (militaire et sécuritaire) engagées dans le cercle. Aussi, a-t-il annoncé le déploiement de troupes supplémentaires. Cette visite fut également l’occasion pour le chef du gouvernement de communier avec les FAMa autour d’un déjeuner.
A Bankass, où la délégation a été reçue dans une belle cohue, Dr Boubou Cissé est revenu sur l’urgence de resserrer les rangs face aux forces du mal. Invitant à une mutualisation des efforts, il a expliqué aux populations que la meilleure façon de l’aider est de « faire en sorte que la paix revienne». Ainsi, l’Etat pourra enfin se focaliser sur les actions de développement dans cette partie du pays, où des projets n’arrivent pas à démarrer à cause de l’insécurité.
Tout comme pour Koro, le cercle de Bankass recevra des vivres (600 tonnes pour la Ccommune de Ouenkoro) et verra ses effectifs militaires renforcés pour une meilleure sécurisation des personnes et de leurs biens. Des mesures qui répondent aux préoccupations de cette localité, où les activités sont plombées par l’insécurité. «Tous les secteurs sociaux de base sont affectés par cette crise, caractérisée par des attaques qui ont fait des centaines de victimes», a déploré Allaye Guindo, maire de Bankass. Face à cette situation dramatique, les ressortissants ont décidé de revenir auprès des siens pour répandre la bonne parole.

I. D.

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