Bibliothèque nationale : Un cadre propice à la lecture, mais peu fréquenté

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                                             La bibliothèque nationale dispose d’environ 20.000 documents
Les grandes vacances sont par excellence des moments de repos, de distraction. Si certains élèves, étudiants ou enseignants préfèrent voyager, histoire de changer d’air, nombre d’entre eux raffolent de consacrer leur temps à des activités plus studieuses. Au nombre de ces passe-temps figure en bonne place la lecture.
Assis sur une chaise, jambes interposées, dans la salle de lecture de la Bibliothèque nationale, Abdoulaye Beye, enseignant de son état, lit un article de presse. C’était mardi dernier aux environs de 11 heures.
«Je viens ici pendant les vacances pour lire les journaux afin de m’informer sur l’actualité nationale et internationale», déclare-t-il. Bien qu’ayant ses habitudes en ce haut lieu de culture, ce lecteur comme beaucoup d’autres n’ont malheureusement pas accès à tous les journaux de presse. «Mais, il y a beaucoup de journaux ici», tempère notre interlocuteur, une parution du jour entre les mains.
Comme Abdoulaye Beye, nombreux sont les enseignants qui fréquentent cet espace d’apprentissage et de détente où on retrouve environ 20.000 documents, toutes catégories confondues. Hamidou Sanogo est l’un de ce genre de pédagogue. Agé de 29 ans, il vient régulièrement à la Bibliothèque nationale et estime que tout bon enseignant doit aimer la lecture. «Les vacances sont un moment propice pour venir se divertir en lisant des livres», lâche l’instructeur, les yeux fixés sur un roman.

Selon Hamidou Sanogo, le «coin» est calme et favorable à la lecture. Il apprécie par ailleurs le fonctionnement de la structure et l’accueil du personnel. «Ce matin, lorsque je suis arrivé, la secrétaire s’est d’emblée intéressée à moi, souhaitant savoir le livre que je voulais lire. Donc quand je le lui ai dit, elle est partie me le chercher avant de prendre ma carte d’identité. Je pense que pour le fonctionnement, il n’y a pas de problème, c’est le meilleur», se réjouit l’éducateur. «Ces gens m’accueillent chaleureusement, je n’ai aucun problème. En cas de difficulté, je demande l’appui, ils viennent et essayent de pallier ce problème-là», témoigne un autre visiteur, Dolo Amaïgré est devant un ordinateur bureautique sur lequel il cherche le numéro d’enregistrement des livres qu’il voudrait lire. Ce jeune étudiant, – dont le courage n’a nullement été émoussé par la fine pluie qui arrosait la capitale ce jour -, devant soutenir en Master 2, déplore tout de même l’insuffisance de la documentation de la structure. «Il y a des documents qu’on cherche à avoir qui, malheureusement, ne se trouvent pas ici. Au départ, mon thème était sur la notion de la symbolique de l’auteur Engelbert Mveng, mais quand je suis venu ici, j’ai fait les recherches et trouvé qu’il n’y a même pas un seul de ses ouvrages. Au finish, j’étais obligé de changer le thème pour aller prendre un sujet dans le monde des dogons», regrette-t-il.
En cette période de vacances, la fréquentation est faible. Cela est dû, selon Diadié Koné, chef de division de la structure, au fait que les visiteurs sont essentiellement composés des étudiants qui, une fois, les classes fermées, fréquentent moins l’endroit. Pour lui, la principale explication du phénomène est d’ordre culturel, même si certains estiment que c’est un problème de moyen de déplacement ou financier.
«On est prêt à acheter des cadeaux à 100.000 ou 500.000 Fcfa plutôt que d’acheter un simple livre à 5000 Fcfa pour un enfant», déplore le responsable de la Bibliothèque nationale, martelant que ce n’est pas, non plus, un problème de faiblesse du fonds documentaire. Mieux, Diadié Koné invite les parents à inciter leurs enfants à lire et fréquenter les centres de documentation de la structure. Il convient de rappeler que l’accès à la Bibliothèque nationale est gratuit.

Bembablin DOUMBIA

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