Bourse nationale de céréales à Ségou : LA DYNAMIQUE TOUJOURS MAINTENUE

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Sur une offre de plus de cent mille tonnes, les achats ont concerné un peu plus de quarante cinq mille tonnes et 15 contrats signés pour 3,9 milliards de Fcfa

Ségou, la Cité des Balanzans a été, pendant deux jours, le centre d’affaires autour des céréales. C’était dans le cadre de la 13e édition de la Bourse nationale aux céréales initiée par l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture du Mali (APCAM) et ses partenaires.
Le thème retenu cette année est : « fluidifier les échanges entre producteurs et opérateurs céréaliers pour renforcer la paix et la sécurité alimentaire et nutritionnelle ».
L’espace, comme d’habitude, a mis en relation producteurs et opérateurs céréaliers dans toutes ses composantes (commerçants transformateurs et transporteurs) sans intermédiaires. L’initiative permet, effectivement, aux acteurs de la filière céréales d’échanger et surtout de discuter sous la supervision des facilitateurs afin de fixer le prix de la céréale, son transport pour amoindrir le coût à la vente aux consommateurs. Cet espace, qui ne cesse de regrouper les acteurs du secteur céréalier de toutes les régions de notre pays, se veut un cadre d’échanges, d’information, de formation et de signature de contrats de grandes envergures entre producteurs et opérateurs économiques.
En effet, l’objectif de cette Bourse céréalière est de faciliter l’accès des producteurs (organisations ou individus) à un marché porteur pour leurs produits à travers leur mise en relation avec des opérateurs privés, commerçants, transformateurs, fournisseurs de semences, etc. et les services techniques et de la recherche.
Créée en 2005, il s’agit donc, à travers cette démarche, de promouvoir les filières céréalières dans notre pays. Il est aussi question d’informer les partenaires sur la disponibilité des céréales dans notre pays. L’espace permet aussi et surtout de faciliter la négociation entre les producteurs et les opérateurs sur le marché en vue d’assurer la vente des stocks disponibles. L’édition de cette année aura comblé les attentes des uns et des autres en témoignent ces chiffres d’affaires : offres ventes 103.477 tonnes, demandes achats 45.693 tonnes et 15 contrats signés pour 18.784 tonnes, soit 3.916.813.500 Fcfa contre plus de 2 milliards l’année dernière. Pour le président de l’APCAM, Bakary Togola, cette Bourse est très importante en ce sens qu’elle permet de faire écouler les stocks de céréales, donc de pallier la problématique de la commercialisation, mais aussi de la transformation. Pour le président de l’APCAM, notre pays enregistre une très grande avancée dans le domaine de l’Agriculture. Cela, dit-il, grâce à la volonté du chef de l’Etat et de son gouvernement qui ont mis le maïs au cœur de leur politique de développement de la filière pour la souveraineté alimentaire de notre pays. Bakary Togola a, par ailleurs, sollicité l’accompagnement du commissariat à la sécurité alimentaire qui jusque-là n’achète pas le maïs. Un problème résolu du moins si l’on s’en tient à l’assurance donnée par le ministre-commissaire à la sécurité alimentaire Kassoum Denon. Celui-ci a, en effet, indiqué que sa structure achètera désormais le maïs. Le président de l’APCAM a, en outre, demandé aux uns et aux autres de respecter les clauses des contrats signés lors de cette 13e édition de la Bourse nationale aux céréales dans notre pays.
Pour le représentant de la FAO dans notre pays, Amadou Allahouri Diallo, la Bourse permet aux organisations paysannes de réaliser des économies d’échelle, d’apprécier l’intérêt de se regrouper. Selon lui, les transactions commerciales effectuées lors de cette rencontre permettent de réduire les coûts intermédiaires (stockage, transport…). Elle offre aux organisations paysannes des zones excédentaires des débouchés générateurs de revenus afin de dynamiser l’économie locale, offre des opportunités à la filière de transformation des céréales et leur permet de nouer des relations commerciales tant pour l’approvisionnement en matières premières que pour l’écoulement des produits transformés. La présente édition, selon le représentant de la FAO dans notre pays, a permis de se faire une idée sur la situation agricole au cours de la campagne à travers les différentes communications.
Pour le ministre-commissaire à la sécurité alimentaire, Kassoum Denon, la Bourse participe à la promotion des pôles de croissance et d’agropoles par notre gouvernement. Kassoum Denon a invité les partenaires à accompagner l’APCAM, par l’institutionnalisation et la pérennisation de cette activité, en vue de lancer un signal fort en faveur de la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et la lutte contre la pauvreté rurale. Il a profité de l’occasion pour partager la situation alimentaire et nutritionnelle, au titre de la campagne agricole 2018-2019. L’évaluation provisoire de la situation effectuée par le Système d’alerte précoce (SAP), en novembre 2018, a identifié pour la période de soudure environ 415.828 personnes, soit 2,14% de la population en situation de crise et d’urgence. Le nombre de personnes en phase 2 sous pression est de 3 030 036 personnes, soit 15,60% de la population totale de notre pays.
Le ministre-commissaire à la sécurité alimentaire a, à cet effet, annoncé que sa structure, en collaboration avec les ministères sectoriels et les partenaires, travaillent afin d’élaborer le Plan national de réponse (PNR) 2019 en vue d’atténuer les difficultés alimentaires et nutritionnelles identifiées auprès des couches vulnérables à cibler dans les zones d’insécurité alimentaire.

Mariam A. TRAORÉ
AMAP-Ségou

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