Burkina Faso : Deuil national et messages de soutien après deux attaques

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L’attaque qui a fait 42 morts dans le nord du Burkina Faso, la pire dans le pays depuis cinq ans, a plongé la nation dans le deuil à Noël, et a suscité des messages de solidarité du pape François et de l’ONU. Dans la même nuit du 24 décembre, une nouvelle attaque a eu lieu, entraînant la mort d’une dizaine de militaires.

Trente-cinq civils, dont 31 femmes, et sept militaires (quatre soldats et trois gendarmes) ont été tués dans cette attaque armée non revendiquée, menée mardi 24 décembre, à Arbinda, près de la frontière malienne. Elle a visé à la fois un
détachement militaire et la population civile.

Cette attaque avait été menée « aux environs de six heures du matin par plus de 200 individus lourdement armés, à bord de pick-up et de motocyclettes. Les échanges de tirs ont été vraiment intenses et ont duré près de trois heures. C’est le soutien aérien qui a permis de repousser l’attaque », a expliqué à l’AFP une source sécuritaire.

« Pendant que le détachement (militaire) essuyait des tirs nourris, un autre groupe d’individus armés s’en est pris aux populations civiles, majoritairement des femmes, dont des personnes déplacées qui avaient trouvé refuge à Arbinda », a précisé une autre source sécuritaire.

À Arbinda mardi, la riposte militaire avait permis de tuer « 80 terroristes », selon l’état-major des armées burkinabè, et de saisir aux djihadistes en fuite « une centaine de motos, de l’armement et des munitions en grande quantité ».

La commune rurale d’Arbinda, située à 90 km de Djibo, chef-lieu de la province du Soum, et sa région ont régulièrement été frappées cette année par des attaques djihadistes, visant aussi bien les civils que les forces de l’ordre.

Début avril, 62 personnes avaient été tuées en trois jours lors d’attaques djihadistes suivies d’affrontements intercommunautaires dans la commune.

Des sources sécuritaires ont rapporté à l’AFP qu’une nouvelle attaque s’était produite dans la même région, à une soixantaine de kilomètres. Une embuscade dans laquelle « une dizaine de militaires » ont péri.

Le président Kaboré a décrété 48 heures de deuil national, mercredi et jeudi, en hommage aux victimes de l’attaque, la pire qu’a connue le Burkina depuis le début des violences djihadistes il y a cinq ans.

Ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest est confronté à une multiplication des attaques djihadistes, comme ses voisins sahéliens le Mali et le Niger, et ne parvient pas à enrayer la spirale de violences.

La dernière attaque en date remontait à début novembre, 40 employés d’une société minière avaient été massacrés lors de l’attaque de leur convoi dans l’Est du pays.

AFP

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