Campagne agricole 2020-2021 : Évaluation de la situation alimentaire

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Les travaux du Cadre harmonisé d’analyse et d’identification des populations en insécurité alimentaire aiguë au titre de la campagne agricole 2020-2021 ont été lancés lundi dans un hôtel de la place. C’était à la faveur d’un atelier dont l’ouverture a été présidée par le Commissaire à la sécurité alimentaire, Redouwane Ag Mohamed Ali. L’atelier de six jours se tient à l’Institut national de la santé publique (INSP) où les travaux ont été délocalisés après la cérémonie d’ouverture.

Le Cadre harmonisé est un outil consensuel et fédérateur. Il est ajusté et renseigné à partir des informations issues des différentes enquêtes d’évaluation de la situation alimentaire et nutritionnelle réalisée à travers le pays. Les résultats de ces études sont auparavant validés au cours de différents ateliers visant à bonifier leur utilisation dans le Cadre harmonisé. Ces informations sont renforcées par les données classiques produites par les structures nationales, les partenaires techniques, les ONG, la société civile, etc.

Les résultats des analyses de suivi ont été réalisés par les bailleurs de fonds en collaboration avec les clusters en période de soudure dans le cadre de la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans un contexte Covid-19, a rappelé la représentante des PTF, dans son allocution. Ces résultats, a précisé Caroline Schaefer, ont révélé certains dysfonctionnements au niveau des aires sanitaires, des marchés de certaines localités. Ils ont aussi montré une dégradation des moyens d’existence et une forte insécurité alimentaire surtout dans la région du Liptako Gourma.

Toutefois, les évaluations provisoires de la situation de la campagne agropastorale 2020-2021 indiquent de bonnes conditions hydriques, a témoigné Caroline Schaefer. Selon elle, la pluviométrie a été excédentaire avec une forte crue suscitant une appréciation moyenne à bonne, surtout dans les productions vivrières. Des atouts qui risquent d’être plombés à cause de la persistance de l’insécurité volatile marquée par des incidents sécuritaires dans les Régions de Mopti et du Nord. « Aussi, les effets néfastes du changement climatique (l’érosion, les feux de brousse, les inondations) contribuent également à la dégradation de la situation de sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le pays», a-t-elle signalé.

Les résultats de la campagne agro-syvo-pastorale 2020-2021 sont déterminants pour l’évaluation de la situation alimentaire et nutritionnelle au Mali, a signalé le Commissaire à la sécurité alimentaire. En ce moment, les informations collectées font état d’une pluviométrie globalement suffisante pour les cultures malgré un démarrage difficile par endroits, a noté Redouwane Ag Mohamed Ali. Pour lui, les inondations localisées à travers le pays ont également causé des pertes de superficies de culture par endroits. «Ces facteurs ont impacté les perspectives de récoltes qui s’annoncent moyennes à bonnes dans le pays», a-t-il alerté. Sur le plan pastoral, la biomasse est abondante dans le pays mais des cas de feu de brousse pouvant créer des déficits sont rapportés, a souligné le Commissaire à la Sécurité alimentaire.

Pour lui, la non culture du coton affectera la disponibilité et l’accès à l’aliment bétail. L’impact de la pandemie de la Covid-19 sur certaines activités, de l’insécurité et des conflits communautaires n’a pas permis l’exécution correcte des travaux agricoles dans certaines zones de la Région de Mopti, où de nombreux déplacés internes ont été enregistrés, a déploré Redouwane Ag Mohamed Ali, ajoutant que les populations de ces zones dont les moyens d’existence sont fortement entamés, pourraient encore connaître des situations difficiles cette année. Toutefois, il a fait savoir que les perspectives de pêche sont prometteuses grâce à l’inondation satisfaisante des frayères pour la reproduction des espèces.

Amadou GUÉGUÉRÉ

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