Campagne électorale aux états-Unis d’Amérique : Le poids déterminant des médias sociaux

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Joanna Weiss a fait sa communication par visioconférence

Les radios, télévisions et journaux, ces canaux de communication sont perçus comme un catalyseur de la mobilisation et de l’action politique. La campagne 2020 ne fait pas exception à cette règle

Notre consœur Joanna Weiss, rédactrice en chef de «Expérience», du magazine digital de Northeastern University (lauréat), et collaboratrice à Politico Magazine, a fait une communication sur le rôle des médias (radios, télévisions, journaux), de la publicité et des médias sociaux lors d’un briefing organisé par le Centre de la presse étrangère (FPC) dans le cadre du programme virtuel sur les élections américaines du 3 novembre 2020 initié par le Département d’état. La modération était assurée par Joan Foschetti du FPC.

«Il n’y a pas d’espace public pour les candidats. Les candidats à la présidentielle investissent beaucoup d’argent dans la publicité pendant la campagne électorale. C’est le moyen le plus sûr d’atteindre les électeurs. En 2018, Donald Trump a misé sur Twitter plus que n’importe quel candidat», a-t-elle assuré, en prenant l’exemple sur le cas de Lyndon B. Johnson qui a influencé l’électorat à travers un spot publicitaire sur le lancement d’une navette de la NASA. Idem pour Ronald Reagan qui, en 1984, a conçu un spot «It’s morning again (c’est le matin encore)» pour séduire l’électorat.

Selon cette journaliste de renom, Barack Obama (2008-2016) est devenu très populaire, en utilisant Facebook. Ce réseau social qui participe à l’information du citoyen sur toute sorte de questions, a beaucoup contribué à la victoire à la présidentielle de 2012, puis de 2016. C’est la plateforme dominante de tous les réseaux sociaux.

Pour la conférencière, il n’y a pas de censure et elle soutient que les Américains n’aiment pas la publicité mensongère ou encore la publicité négative, en faisant allusion à une éventuelle interférence étrangère dans la campagne américaine.
D’après Joanna Weiss, les candidats se servent des médias, de Facebook et de Twitter pour provoquer un changement de mentalité chez les électeurs et électrices afin de les influencer dans leur choix le jour du scrutin. Elle a cité Donald Trump qui a l’habitude de twitter en disant que la Covid-19 n’est pas plus mauvaise que la grippe, en guise de réplique à ses concurrents qui n’apprécient pas sa gestion de cette pandémie.

Par ailleurs, tous les analystes politiques sont unanimes sur l’importance des médias et des réseaux sociaux dans la course à la Maison Blanche. «Sans Twitter, je ne serais probablement pas là. J’ai près de cent millions d’abonnés sur Facebook, Twitter et Instagram. J’ai mon propre média. Je n’ai pas besoin de m’en remettre aux faux médias», ainsi s’exprimait le républicain Donald Trump dans une interview qu’il avait accordée à Fox News le 15 mars 2017.

Ces propos du président sortant, candidat cette année à sa propre succession face au démocrate Joe Biden, ont été mis en exergue par Idris Fassassi, professeur à l’Université de Picardie Jules Verne, Harvard Law School, pour souligner le rôle des médias et réseaux sociaux dans la campagne électorale. Ce professeur perçoit les réseaux sociaux comme un catalyseur de la mobilisation et de l’action politique. L’élection présidentielle américaine en 2016 l’a illustré de manière éclatante. En 1800, déjà, la victoire de Thomas Jefferson s’était appuyée sur sa campagne offensive dans la presse contre son adversaire John Adams.

Au cours des années 1920, la radio est rapidement devenue un instrument essentiel des campagnes et a profondément modifié la manière, dont celles-ci étaient menées. Quelques années plus tard, le président Franklin Delano Roosevelt s’est d’ailleurs servi avec brio de ses messages radiophoniques pour s’installer au cœur des foyers américains.
En 1960, le premier débat présidentiel télévisé de l’histoire, opposant John Fitzgerald Kennedy (démocrate) et Richard Nixon (Républicain), a marqué un nouveau tournant. La maîtrise de l’outil télévisuel, dont a fait preuve le candidat démocrate au cours de sa campagne, et en particulier pendant ce débat, contraste avec l’impréparation et le peu d’intérêt de son adversaire.

Aux États-Unis, les publicités politiques représentent une part importante des dépenses électorales. Selon l’ONG spécialisée dans le traçage de l’argent dans la vie publique , cité par Anne E. Deysine, professeur émérite juriste et américaniste, 40,5 % des 2,3 milliards de dollars US (environ 1150 milliards de Fcfa) déjà dépensés lors de la campagne 2020 ont été consacrés aux médias.

Ces publicités politiques, encore principalement diffusées à la télévision, se retrouvent de plus en plus sur les réseaux sociaux en raison de leur faible coût, de la possibilité de segmenter par «marché» et de produire des spots sur mesure à destination des jeunes, des ménagères de moins de 50 ans, de celles qui habitent les banlieues pavillonnaires ou des hommes blancs attachés à leurs armes à feu. Quel que soit leur cœur de cible, elles sont financées de façon souvent occulte et servent d’outil de recrutement de militants, et de collecte de nouvelles cordonnées et de contributions électorales.

Le président Donald Trump, qui a été testé positif à cette maladie la semaine dernière, appelle les Américains à ne pas avoir peur de cette pandémie. Les experts se montrent néanmoins sceptiques et les polémiques se multiplient sur les risques qu’il fait prendre à son entourage.

La contamination de Donald Trump risque de bouleverser l’agenda politique dans les prochains jours et de relancer les débats sur la gestion de l’épidémie par le locataire de la Maison Blanche. L’état de Joe Biden, qui a débattu avec Donald Trump la semaine dernière, sera aussi surveillé de près.

Bandé Moussa SISSOKO
Amap-Kayes

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