Ce que j’en pense : Jeu de la vérité

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La pureté du cœur des hommes et des femmes de mon beau pays est menacée par les aigreurs politiciennes de l’heure. Il est temps d’arrêter les combats de coqs dans la classe politique malienne. «Ce pays n’existe pas pour que les groupes d’intérêts s’étripent les uns les autres», comme dirait l’autre. Cette année, environ soixante partis politiques vont se repartir plus de deux milliards de Fcfa. Pour quel mérite ? Ces partis de la majorité et de l’opposition n’ont pas failli, de l’avis de la Section des comptes de la Cour suprême, à leur mission de maintien de la paix dans le pays. L’argent qui tombe dans leur cagnotte est béni. Parce que de jour comme de nuit, leurs militants et leurs dirigeants se sont avérés des vigiles efficaces. Debout sur les remparts, ils protègent le Mali. Ils ont perçu en éclaireurs les frémissements de la dégradation du climat social, de l’insécurité actuelle qui brouille tous les repères.
Les réunions statutaires des bureaux des instances de base et de la superstructure se sont tenues conformément aux statuts et aux règlements intérieurs. L’aide reçue l’année précédente a-t-elle été justifiée? Certainement. Les hauts magistrats sont convaincus que leurs procès-verbaux en font foi. Alors les comptes sont bons.
Il existe entre cent et deux cents partis politiques au Mali. Combien disposent d’une administration ? Compliments à la soixantaine de partis politiques jugés aptes à recevoir leur quota de l’aide publique. Mais, la crise sécuritaire et les conflits intercommunautaires ont bouleversé les données. Les conditions de création et de développement d’un parti politique n’ont-elles pas changé dans mon pays ? La force explosive des Maliens mécontents, toutes catégories confondues, «n’est-elle pas sous-estimée» par la classe politique ?
La majorité et l’opposition ont-elle pris conscience que le Mali est proche de tomber totalement à la merci des spéculateurs ? La preuve ? Les présomptions du secteur privé malien, rendues publiques par le président Mamadou Sinsy Coulibaly. La preuve ? Les rapports des Vérificateurs généraux successifs, Sidi Sosso Diarra, Amadou Ousmane Touré et Samba Alhamdou Baby. Ces autorités, dans leur domaine, ont prouvé que la tendance actuelle des dizaines de cadres, des hauts fonctionnaires de l’Administration, des chefs d’entreprises et des sociétés commerciales «est de faire sans le mériter des profits rapides et colossaux». La «pieuvre corruption» étrangle le Trésor public malien dans des tentacules apparemment indestructibles. L’alerte est donnée par la société civile. Le pouvoir d’Etat semble fortement gangrené au Mali. Et ce pouvoir est entre les mains de la centaine de partis politiques, qui ont gagné les élections. La Charte des partis n’est-elle pas anachronique ? Le Mali a-t-il vraiment besoin de plus de cent partis politiques ?
La solution pourrait venir d’une nouvelle programmation des futures élections. Les municipales pourraient être organisées les premières. Tout parti qui n’aurait pas obtenu 5% du suffrage sur l’échiquier national, serait dissous ou obligé de se dissoudre dans un parti qui aurait atteint ce score. Il nous faut débroussailler le terrain pour que le jeu politique se déroule désormais dans la paix, la clarté des règles. Ma conviction est que la politique est le jeu de la vérité.

Sékou Oumar DOUMBIA

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