Ce que j’en pense, LE MALI NE FIGURE PAS PARMI LES 10 PAYS LES PLUS DANGEREUX AU MONDE

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Le citoyen malien que je suis est heureux de faire lire à ses compatriotes cette dépêche de l’agence Reuters : « L’Institute for Economics and Peace, basé en Australie, a publié au mois de juin l’édition 2019 de son Global Peace Index (GPI). L’Institute for Economics and Peace, un think tank qui développe des méthodes pour “analyser la paix et quantifier sa valeur économique”, publie son GPI chaque année depuis 2007. Un groupe d’experts supervise le GPI et les analystes de l’Economist Intelligence Unit notent chaque pays en fonction de facteurs. Le rapport mesure le caractère pacifique de 162 pays en évaluant chacun d’eux en fonction de 23 paramètres qualitatifs et quantitatifs, divisés en trois catégories.

La catégorie des conflits nationaux et internationaux en cours comprend les décès causés par les conflits organisés ainsi que les relations avec les pays voisins. La catégorie de la sécurité sociétale comprend, elle, l’instabilité politique, les crimes violents et la population carcérale. Et, enfin, la catégorie militarisation regroupe l’accès aux armes ainsi que les importations et exportations d’armes.
En 2019, la paix dans le monde a augmenté pour la première fois en cinq ans. Cette année, l’Afghanistan a remplacé la Syrie pour le titre du pays le moins pacifique du monde. Les pays suivants : République démocratique du Congo ( RDC), la Libye, la République centrafricaine, la Somalie, l’Irak, le Yémen, l’Afghanistan figurent sur la liste qui effraie les voyageurs à travers le monde.

Cette information ne rassure-t-elle pas les citoyens et les dirigeants du Mali ? Il y a de l’espoir. La paix est possible. Mais nous avons tous soif de mieux connaître ce pays. La carte géographique est le meilleur outil pour savoir sur le bout des doigts les reliefs et les localités. Les communiqués de l’Armée et du gouvernement parlent de zones des combats, de villages que peu de Maliens peuvent situer sur une carte. Nous savons que « la géographie sert à faire la guerre » depuis la première publication de ce livre en 1976 par Yves Lacoste. L’auteur démontre que les questions soulevées « par cette discipline concernent en réalité tous les citoyens, car il est impossible d’exclure les phénomènes militaires, politiques et sociaux… » L’une des chansons les plus populaires de ce pays enseigne en bambara que « kalan bali ya yé dibi yé», traduction française : « l’illettré vit malheureux dans des ténèbres infinies, et son sort ne dépend pas de lui ».

Nous voulons savoir et comprendre la situation conflictuelle sciemment créée pour semer la mort tous les jours entre Peuls et Dogons dans la région de Mopti. L’édition et la diffusion massive de la carte du Mali comportant toutes les données sur les reliefs du terrain, les localités éclaireront mieux les esprits dans les débats.

Nous sommes inquiets et des questions demeurent sans réponse. Les spécialistes des opérations militaires, pour résumer les décisions exécutées sur le terrain, se réfèrent au sacro-saint principe : « celui qui domine l’air domine sur le terrain des opérations ». D’où viennent les hordes terroristes ? Personne ne les voit venir. Et elles semblent disparaître sous terre après avoir semé la mort. Les sommets des falaises de Bandiagara, du mont Hombori, du mont de Diankabou, des dunes autour de Tombouctou, Goundam sont-ils occupés par des guetteurs 24h/24h ? La visibilité n’en serait-elle pas plus grande ? N’éviterions-nous pas ainsi les attaques meurtrières par surprise ? L’insuffisance des effectifs militaires pour occuper totalement le terrain inquiète les Bamakois.
On parle beaucoup de prolongation du mandat des députés et des avenants qui alourdissent toujours les coûts de certaines infrastructures. Certains suggèrent aux autorités de proposer aux dernières promotions de militaires et gendarmes admis à faire valoir leurs droits à la retraite de rempiler pour quelques années. Quand un individu est en train de se noyer, il s’accroche à tout objet qui passe à portée de main.

Sekou Oumar Doumbia
L’ESSOR

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