Centre de Santé de la Commune V : Un laboratoire pour la prise en charge des violences basées sur le genre

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Visite des installations du laboratoire par les officiels après l’inauguration

Dans le cadre de l’amélioration des services de prise en charge des survivantes de violences basées sur le genre (VBG), le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), en collaboration avec la Coopération espagnole au Mali, a réhabilité et équipé le Centre de santé de référence (Csref) de la Commune V, d’un laboratoire équipé du One Stop Center.
Le montant global investi dans la réalisation de ce laboratoire; qui contribuera à l’amélioration de la qualité des services de prise en charge des personnes ayant survécu aux VBG et dans l’acquisition d’un véhicule pour le One Stop Center, est d’un peu plus de 119,2 millions de Fcfa. La cérémonie de réception s’est déroulée, mercredi dernier, dans l’enceinte du Csref.

Le médecin chef du Csref, Dr N’Diaye Hawa Thiam, a reconnu que ce laboratoire vient renforcer l’existant en vue d’assurer la prise en charge holistique des survivantes des VBG, mais aussi faciliter l’accès à l’information dans la lutte contre toutes les formes de violence.

Pour elle, le véhicule, les réactifs et consommables de laboratoire, d’appareil d’hématologie, de sérologie et de biochimie permettront de renforcer le plateau technique et surtout d’aider dans la réalisation de certaines analyses indispensables dans l’établissement des preuves médicales légales.

Le centre One Stop Center a été créé en octobre 2017. Depuis, il a pris en charge 603 cas de VBG. Parmi ceux-ci, 220 cas de viols, 208 agressions physiques, 100 agressions sexuelles, 6 cas de mariage forcé, 46 cas de violence psychologique, et 23 cas de retenue des ressources.

« L’égalité genre est reflétée dans la politique nationale et internationale» a expliqué la première conseillère de l’ambassade d’Espagne, Mme Margarita Boo, avant d’ajouter que c’est pour cela que son pays a été le premier à voter une loi pour lutter contre la VBG.

À travers ce partenariat, nous voulons assister les survivantes des VBG et améliorer les capacités des structures de prise en charge en vue d’offrir des services de qualité, a-t-elle expliqué. Concernant le joyau, l’Espagnole a souligné qu’il va permettre de garantir un soutien juridique, sécuritaire, psychologique aux victimes. Il sera aussi question de former le personnel dans les techniques de prévention des différentes formes de violence.

Pour sa part, le représentant de l’UNFPA, Dr Eugène Kongnyuy, a déclaré que ce nouveau service est un pas de plus vers la lutte contre l’impunité des auteurs des VBG et permettra de donner une voix supplémentaire aux femmes, filles et autres survivantes de VBG. Il a souligné que son organisation s’est engagée auprès de la population à éliminer les VBG et les pratiques néfastes. Dans cette vision 7 autres « One stop Center » seront officiellement mis en fonction dans notre pays d’ici la fin de 2020.

Le secrétaire général du ministère de la Santé et des Affaires sociales, Dr Mama Coumaré, s’est réjoui de la rénovation du laboratoire qui comblera un grand vide. Mieux, il va aussi contribuer à l’amélioration des services de santé et de santé maternelle en particulier dans le District de Bamako. Le laboratoire bénéficiera également de l’accompagnement d’un expert national pendant un mois pour le renforcement des capacités de son personnel technique et d’un appui logistique pour faciliter les prises en charge et le suivi des prestataires de services du One Stop Center. Il s’est dit persuader que grâce à cette belle donation, l’offre de services de prise en charge des survivantes des VBG sera nettement améliorée pour accroître le bien-être des femmes, des jeunes filles et adolescentes.

Quant au secrétaire général du ministère de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Siaka Magassa, il a relevé que l’initiative s’inscrit en droite ligne des priorités gouvernementales sur les VBG, avant de souligner que cet appui permet de regrouper sous le même toit un paquet de services. Ce qui permettra aux survivantes des VBG de trouver des soins médicaux de sécurité, un soutien psycho social, juridique et de collecter des informations. Tout ceci contribuera, selon lui, à garantir une plus grande confidentialité et à réduire la stigmatisation et la discrimination. Il a aussi invité le personnel du centre à faire bon usage de l’infrastructure. M. Magassa a soutenu qu’il revient à tous de renforcer les acquis et d’assurer la durabilité.

Fatoumata NAPHO

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