Cercle de Barouéli : DEUX VILLAGES S’ENGAGENT À ABANDONNER L’EXCISION ET LE MARIAGE PRÉCOCE

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Ce samedi 20 juillet 2019 restera longtemps gravé dans les annales de la Commune rurale de Kalaké. En effet, deux villages de la Commune (Kokènè et Mamaricissébougou) se sont engagés à abandonner la pratique de l’excision et du mariage précoce. La cérémonie organisée à cet effet était présidée par le préfet de Barouéli, Ibrahim Ongoïba.
L’initiative d’abandon des pratiques néfastes s’inscrit dans le projet « Promotion des initiatives locales en santé de la reproduction, droits reproductifs sexuels et droits des filles ». Piloté par l’ONG Groupe d’animation action au Sahel (GAAS-Mali), il a pour objectif de réduire la pratique de l’excision et du mariage précoce à travers l’accompagnement de tous les acteurs. Ce projet est en phase avec le Programme national de lutte contre l’excision (PNLP), qui vise la préservation des droits de l’Homme, et conforté par la mise en place des différents comités pour l’éradication et l’abandon des pratiques néfastes par les plus hautes autorités du Mali.
Cette initiative salutaire et courageuse des populations de Kokènè et de Mamaricissébougou est la suite logique de la compréhension des conséquences liées aux pratiques néfastes à travers les différentes séances d’information, des animations populaires, des plaidoyers et des visites à domicile par l’ONG GAAS-Mali, en collaboration avec l’ONG Association de soutien au développement des activités de population (ASDAP) sur financement de l’ambassade des Pays-Bas, à travers le Programme d’actions concertées pour l’amélioration de la santé de la reproduction et de la promotion des droits des femmes et des filles.
L’ONG GAAS-Mali a su, à travers les différents appuis, développer des stratégies pour renforcer les capacités des leaders communautaires afin d’obtenir leur mobilisation et implication au tour du défi des mutilations génitales féminines, du mariage précoce et d’autres formes de violences basées sur le genre.
De façon libre et volontaire, les communautés de Kokènè et de Mamaricissébougou, à travers leurs chefs de village, les responsables des femmes et des jeunes, le représentant du maire de Kalaké, les services techniques et l’administration, ont apposé leur signature, déclarant ainsi officiellement l’abandon de l’excision et du mariage précoce dans leurs villages respectifs. Cette signature de convention est le fruit d’un processus et le couronnement des efforts non seulement des partenaires au développement avec l’accompagnement des services techniques mais aussi de l’engagement des communautés à éradiquer ces pratiques. Elle est aussi un témoignage de la volonté affichée des populations à sortir de l’obscurantisme et à préserver la santé des jeunes filles en particulier et les femmes en général afin qu’elles soient autonomes et de véritables moteurs de développement socio-économique
Cette déclaration publique d’abandon des deux villages devra servir d’exemple aux villages environnants et rallongera la liste de ceux qui ont déjà amorcé le pas, à savoir N’Djila, Zanfina, Kalaké Bamanan, Soliko Bamanan, Kinta Marka, Dembabougou, Kokouni et Sirifibougou dans la Commune rurale de Kalaké. Le sous-préfet central a remercié les différents partenaires pour les contributions multiples qui vont certainement améliorer les indicateurs des droits reproductifs et sexuels des filles et femmes et leur bien-être. Il a également salué l’engagement des communautés dans l’atteinte de ces résultats et encouragé la dynamique de pérennisation au bonheur de toutes les populations locales.
Joseph COULIBALY
AMAP-Barouéli

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