Cercle de Kolokani : Tous contre les mutilations génitales féminines

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Ils étaient, lundi dernier, au nombre de 38 villages dans le Cercle de Kolokani, à se prononcer publiquement en faveur de l’abandon des pratiques néfastes, notamment les mutilations génitales féminines et l’excision (MGF/E) et le mariage précoce (MP). C’était au cours d’une cérémonie organisée dans la localité par l’ONG Tagnè, en partenariat avec le Fonds des Nations unis pour l’enfance (Unicef).
L’évènement était présidé par le premier adjoint au préfet de Kolokani, Siaka Souleymane Sanogo, en présence de la présidente d’honneur de l’ONG Tagnè, Mme Konaté Massitan Keita. Le représentant du maire de Kolokani, Souleymane Traoré, a témoigné de sa reconnaissance à l’ONG Tagnè pour les efforts accomplis dans le sens de l’humanisation. «Nous accompagnons toutes vos activités», a assuré l’édile de Kolokani. Quant au premier adjoint au préfet, il a indiqué que «cette déclaration publique d’abandon des MGF/E et MP est un important événement qui se rapporte aux droits de la gent féminine, notamment des jeunes filles. Nul n’ignore, aujourd’hui, les conséquences néfastes de ces pratiques comme les accouchements difficiles. On peut vraiment dire que l’ONG Tagnè est en train de faire œuvre utile dans notre circonscription», a-t-il expliqué.
Pour sa part, Mme Konaté Massitan Keita a expliqué que la santé est la première des richesses. « Nous sommes réunis autour de l’épineuse question de l’excision et de celle du mariage précoce qui font couler beaucoup d’encre et de salive à travers le monde », a-t-elle renchéri.
La présidente d’honneur de l’ONG Tagnè a fait savoir qu’il s’agit de pratiques ancestrales reconnues par les experts comme étant néfastes pour la santé de la femme, notamment de la fille. Elle a aussi évoqué les conséquences dramatiques qui vont de l’hémorragie à la mort en passant par la fistule, les accouchements dystociques et prématurés ou autres facteurs d’aggravation de la morbidité féminine. C’est la raison pour laquelle, selon elle, des mesures de prévention s’imposent comme meilleur moyen de lutte contre les pratiques néfastes, notamment la sensibilisation, la formation et la communication dans les médias). Pour mettre en place ces mesures, l’Unicef a mis en œuvre en 2017 un programme intitulé : «Promotion de la santé et des droits sexuels et reproductifs (lutte contre l’excision et les mariages d’enfants, planification familiale) dans la Région de Koulikoro». Ce programme, piloté par l’ONG Tagnè, couvre 189 villages et donne aujourd’hui des résultats probants.
De septembre 2017 à février 2019, on a enregistré 118 villages signataires de la convention d’abandon de ces deux pratiques. Du mois d’avril 2019 à nos jours, 38 autres villages se sont engagés. «C’est une victoire acquise, grâce à la synergie d’action des partenaires, notamment l’Unicef et beaucoup d’autres personnes de bonnes volonté», a souligné Massitan Keita, ajoutant que l’ONG Tagnè va renforcer l’arsenal habituel de lutte contre ces pratiques par la mise en place des clubs d’enfants dans les écoles et des groupements d’adolescentes déscolarisées pour échanger des idées sur la promotion de la santé féminine.

Envoyé spécial
Siné S. TRAORé

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