Changement de comportement

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La fièvre des rues et des ménages contre les coupures intempestives de la société nationale d’électricité et ses effets néfastes sur l’activité économique ne faiblit pas. Chaque jour qui passe, des jeunes, visiblement excédés, montent au créneau pour dénoncer cette situation. Ils barricadent les routes et brûlent des pneus en plein milieu du bitume. Obligeant EDM-SA à sortir de sa réserve pour tenter de convaincre les abonnés de sa volonté et des mesures prises pour rendre l’électricité disponible en continu, malgré le déficit qui va en augmentant. Abonnés/usagers qui, s’ils changeaient de comportement, pourraient contribuer à l’amélioration de la situation, en évitant les pertes inutiles d’énergie.

En effet, la société énergie du Mali explique les défaillances constatées par des dommages sur des câbles souterrains vétustes, soumis à de fortes tensions en cette période de demande croissante. Situation qui serait consécutive à la chaleur et à l’urbanisation galopante de nos villes. Des arguments assimilables à un générique et qui semblent de moins en moins convaincre nos compatriotes dont la complainte paraît légitime. Ceux-ci accusent à tort ou à raison EDM-SA d’incapacité à faire face aux besoins des abonnés. Un constat réel si l’on sait que le niveau de carence de notre pays en électricité serait d’environ 300 MW.

Toutefois, il paraît davantage vrai qu’un changement de comportement de la part des usagers, ajouté à une maîtrise des consommations d’énergie et d’efficacité énergétique, pourraient renverser la tendance. Et même rendre l’électricité disponible pour tous et à moindre coût.

En la matière, des gestes aussi simples, comme le fait de ne pas laisser votre télé ou vos appareils en mode veille, laisser votre climatiseur allumé même si vous n’êtes pas au bureau, etc. vous feront économiser de l’énergie, donc de l’argent. Surtout en ces temps où l’argent se fait de plus en plus rare, conseille le directeur général de la société d’énergie.

De telles mesures, somme toutes simples, pourraient contribuer à une réduction significative du déficit énergétique chronique que vit notre pays, estime le Réseau des experts (es) de la promotion de l’efficacité énergétique et de l’intégration du genre dans l’accès à l’énergie au Mali. Pour le REE-IGEM, la maîtrise de la demande d’énergie constitue aussi une alternative qui s’impose pour une gestion durable du secteur de l’énergie au Mali.

Comme mesures d’efficacité énergétique à court et moyen termes, le réseau préconise, entre autres, la production d’énergies renouvelables (hydroélectrique, solaire, biomasse, déchets, éoliens). Surtout qu’un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie renouvelable (IRENA), intitulé «Coût de la production d’énergie renouvelable en 2019» et publié hier, montre que les énergies renouvelables sont de moins en moins chères par rapport à toute autre source d’électricité à base de combustibles fossiles.

C. M. T.

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