Chronique Cinéma: Cinéma burkinabé, Il ne se glorifie pas que du FESPACO

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Affirmez que Ouagadougou, est la capitale du cinéma africain, aussitôt les pensées vont vers le FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), le plus grand du continent africain.
En effet, la ville est connue pour accueillir les années impaires, depuis 1969, ce grand rendez-vous de la crème du cinéma et de la télévision en Afrique, avec un clin d’œil vers la diaspora.
Cependant, la culture du cinéma au Burkina Faso, l’une des plus développées d’Afrique, ne se limite pas à cette grande biennale et sa suprême récompense, le très convoité Etalon du Yennenga,
Bien d’autres manifestations consacrées au septième art y sont initiées, rehaussant la renommée de la capitale du cinéma africain. Ce caractère africain est souligné par l’ouverture à d’autres pays du continent de ces manifestations cinématographiques.
Le festival des identités culturelles (FESTIC), le Festival du Film Consom’acteurs organisé par l’association burkinabè des journalistes et communicateurs agricoles consacré aux films sur l’alimentation et l’agriculture, la Semaine de la critique cinématographique de Ouagadougou (SECRICO) organisée par l’Association des critiques de cinéma au Burkina (ASCRIC-B), sont autant de témoignages de la volonté des cinéastes burkinabé d’élever le niveau de leurs prestations. Et ces manifestations, à l’image du FESPACO, sont ouvertes à leurs autres frères africains.
En matière de formation, on retient l’Institut Africain d’Études Cinématographiques (INAFEC) qui a vu le jour à Ouagadougou en 1976, destiné aux aspirants cinéastes au Sud du Sahara pour se former en Afrique. Egalement, l’Institut Imagine, créé par Gaston Kaboré, vainqueur du dernier étalon de Yennenga burkinabè (Buud Yam, en 1997) offre des formations continues gratuites à destination de professionnels du cinéma, de la télévision et du multimédia (autodidactes, confirmés ou très expérimentés) qui souhaitent se perfectionner dans leurs acquis. On note aussi le colloque Ouaga Film Lab (Laboratoire de développement et coproductions de films) qui réunit des cinéastes à des fins de formations,
Le FESTIC organise sa deuxième édition du 18 au 22 décembre 2019 à Ouagadougou sur le thème « Cinéma et langues africaines ». Il vise à contribuer à la promotion et à la sauvegarde des richesses culturelles en voies de disparition en Afrique. À cet effet, il est consacré à des films qui font découvrir des identités culturelles particulières, en relation avec l’Afrique, selon le directeur du festival, Wend-Lassida Ouédraogo, Il a expliqué que « les langues locales sont en voie de disparition au détriment d’autres langues étrangères. Ainsi, durant cinq jours, le FESTIC permettra de découvrir les cultures de différentes communautés à travers le cinéma ».
Ce sont 12 fictions et 8 documentaires de réalisateurs de 10 pays de l’Afrique et de la diaspora qui seront diffusés durant cette deuxième édition. La projection de films en plein air sera suivie de débats tous les soirs.
Malheureusement, aucun film malien ne participe à cette édition du FESTIC. Pourtant, les cinéastes maliens gagneront à s’intéresser à ce genre de manifestations qui leur permettront de s’ouvrir à d’autres horizons.
Le FESTIC est organisé par le Cinéma Numérique Ambulant du Burkina Faso (CNA-B). Il s’inspire de l’expérience de la pratique du Cinéma Numérique Ambulant en tant que structure de diffusion des cinémas d’Afrique en milieu rural africain. Créé en 2001, le Cinéma Numérique Ambulant (CNA) est un réseau international d’associations de cinémas mobiles installés dans neuf pays. Il s’agit du Burkina Faso, du Mali, du Bénin, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Niger, du Togo, de la Centrafrique et du Sénégal. Il a pour objectif la sensibilisation des populations sur les problèmes de développement, de santé à travers la diffusion de films africains dans les régions où le cinéma n’existe pas, principalement dans les villages et dans les quartiers défavorisés des villes.
De par toutes ces réalisations pour la promotion du cinéma africain, le Burkina Faso s’est taillé une place de leader. Le grand nombre de films en tous genres réalisés pour le cinéma et la télévision sont le témoignage de cette volonté d’atteindre une qualité supérieur afin de rivaliser avec les meilleurs cinémas au monde.

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