Chronique Eco : 150 milliards de Fcfa pour les échanges d’énergie

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60 ans après les indépendances, l’électricité reste encore un luxe dans certaines régions du continent africain, notamment en Afrique de l’Ouest. Cela, malgré l’abondance en source d’énergie solaire, hydroélectrique, etc. Dans nos pays, il n’est pas rare d’assister à des délestages (dans la capitale et les zones industrielles) pendant les périodes dites de pointe en termes de consommation d’électricité. Obligeant les abonnés, notamment les industriels, à réajuster leur production ou à trouver des solutions palliatives pour pouvoir continuer à faire tourner leurs unités.

En effet, dans la sous-région ouest-africaine, le taux d’accès à l’électricité est de 50% en moyenne, selon la Banque mondiale. Les coupures d’électricité y atteignent souvent 80 heures par mois. À 0,25 dollar (500 Fcfa) le kWh, l’électricité coûte deux fois plus que le prix moyen dans le monde. Cela, à cause en partie de la faiblesse de la demande intérieure qui constitue un obstacle aux investissements dans de gros projets.
Ce déficit énergétique et son coût excessif pour les ménages et les entreprises, apparaissent comme l’un des facteurs entravant la transformation des matières premières locales. Cette industrialisation, qui constitue un pas sûr vers la transformation structurelle de nos économies, est nécessaire pour la création de valeur ajoutée et l’absorption de la main d’œuvre abondante et bon marché.

Il s’avérait alors essentiel pour nos pays de trouver des solutions alternatives d’accès à l’énergie fiable et à un prix compétitif. Pour ce faire, nos états ont créé le Système d’échanges d’énergie électrique ouest-africain (EEEOA). Il rassemble 14 pays : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo, et 27 entreprises nationales d’électricité qui œuvrent de concert à la création d’un marché régional unifié de l’électricité.

D’autres initiatives ont été également développées. Le Programme de financement des politiques de développement du commerce régional d’énergie en Afrique de l’Ouest (West Africa Energy DPF) s’inscrit dans ce cadre. Il vise à permettre à plus de personnes de bénéficier d’une énergie fiable et moins coûteuse dans la région. Cela, grâce à l’extension du réseau électrique régional reliant les pays concernés à savoir le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée, le Liberia, le Mali et la Sierra Leone.

Pour sa réussite, la Banque mondiale a alloué, la semaine dernière, 300 millions de dollars (environ 150 milliards de Fcfa). Le financement sera effectif à travers l’Association internationale de développement (IDA). L’objectif étant, explique l’institution financière, de lever les freins à l’échange d’énergie dans la région dans le but de réduire le coût, d’accroitre la compétitivité des entreprises productrices et d’accroître la fiabilité de la fourniture électrique.

Cheick M. TRAORÉ

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