Chronique éco, La protection sociale comme stratégie de résilience

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Face à la multiplication des crises, des conflits et des catastrophes naturelles, des gouvernements, dans un élan humanitaire en vue de soulager leurs populations en détresse, inventent des stratégies d’appui adaptées pour préserver le capital humain. En la matière, les décideurs semblent de plus en plus opter pour les programmes de protection sociale.
Ce choix, souvent contesté surtout par des activistes et autres altermondialistes, paraît adapter aux situations d’urgence. «L’amélioration de la protection sociale est un élément clé de notre stratégie mondiale en matière de capital humain, car ces programmes profitent non seulement aux enfants, mais aussi à des familles entières et ils offrent ainsi aux personnes les plus vulnérables du monde une protection tout au long de leur vie», argumente Annette Dixon, vice-présidente du développement humain au Groupe de la Banque mondiale.

D’où le choix de stratégies «conçues pour être adaptables, de sorte que l’aide peut être renforcée pendant les périodes difficiles…». Sachant bien que ces programmes dits de «protection sociale adaptative» participent à la protection des investissements en capital humain d’un pays. Cela, en améliorant la résilience, afin que les personnes vulnérables ne sombrent pas davantage dans la pauvreté en période de crise.
A cet effet, de nombreux pays comme le Mali privilégient des outils tels que les programmes de filets sociaux. Les filets sociaux fournissent, selon des experts, un revenu supplémentaire aux familles en difficultés, facilitent également l’accès à l’information et aux services. Aussi améliorent-ils la productivité, protègent les personnes âgées et soutiennent les personnes à la recherche d’un emploi.

En cas de catastrophe ou de crise humanitaire par exemple, des gouvernements versent directement des transferts en espèces aux familles pour les aider à gérer les risques et à faire face aux chocs. Cela leur permet de continuer d’envoyer leurs enfants à l’école et de conserver un abri adéquat et une alimentation correcte. L’on se souvient que lors de sa seconde tournée dans la Région de Mopti, le Premier ministre a, dans le cadre du programme de filets sociaux «Jigiseme jigi», effectué des transferts monétaires d’un montant de 55 millions de Fcfa au profit de 462 ménages sélectionnés parmi les plus pauvres dans le cercle de Youwarou. Soit 120.000 Fcfa par ménage.
En Éthiopie, le Programme de filets de sécurité productifs (PSNP) est l’un des plus importants systèmes de transferts monétaires au monde. Il octroie constamment de l’argent ou de la nourriture aux bénéficiaires en échange de travaux de restauration des terres, d’irrigation et d’agroforesterie.
Cheick M. TRAORÉ

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