Chronique éco: L’OR CONTINUERA À BRILLER POUR LE MALI

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Au Mali, l’exploitation industrielle aurifère, qui semblait s’essouffler avec la fermeture annoncée de certaines mines de grande production comme Morila, a l’air d’avoir plus que de belles perspectives. Depuis quelques temps, les investisseurs rivalisent en financement et en exploration dans le but de booster leur production, en vue de maximiser leurs revenus.
Le dernier en date en la matière remonte à moins de dix jours. La compagnie minière Altus Strategies, cotée à AIM (Bourse de Londres) et TSX-V (Bourse de Toronto), identifiait des cibles de forages et des fosses prioritaires sur ses permis aurifères Djelimangara et Sebessounkoto-Sud (DJ et SBK), selon Agence Econfin. Elle a, pour ce faire, examiné de près des données historiques disponibles pour ces projets. Ces deux projets, situés à proximité de la mine d’or de Sadiola (qui contient des millions d’onces), comprennent plusieurs intersections de minéralisation dont celles de 3,71 g/t d’or sur 8 m et 11,05 g/t d’or sur 3,7 m, selon les résultats de l’étude.

Près d’un mois avant, précisement en mai, le groupe canadien B2Gold, qui exploite la mine d’or de Fekola depuis 2017, a annoncé un investissement de 50 millions de dollars (plus de 29 milliards de Fcfa) pour développer ses activités dans cette zone. Basé à Vancouver, ce groupe qui détient 80% du site, contre 20% pour l’État malien, entend, à cet effet, renouveler ses outils de production et augmenter sa productivité. Cela, conformément à une étude d’évaluation publiée en mars dernier notant les perspectives économiques «positives» que va entraîner une expansion de la mine de Fekola. Car, le groupe table, avec cet investissement, sur une production de 550.000 onces d’or par an jusqu’en 2024, puis 400.000 jusqu’à environ de 2030.

Aussi, B2Gold annonce des forages en cours dont la vérification montre la présence de minerais jusqu’alors présumée, «si bien que la compagnie prévoit d’ores et déjà qu’un «important programme de forage d’exploration débutera au troisième trimestre 2019, afin de tester davantage les zones de Fekola-Nord, Fekola Sud, Cardinal et Anaconda», selon nos confrères de Jeune Afrique.

En février dernier, Altus Strategies et Indiana Resources ont aussi signé un accord pour développer en coentreprise les projets d’or de Lakanfla et de Tabakorolé, où des forages ont permis d’intercepter des minéralisations aurifères. Selon les détails de ce pacte révélés par Agence Ecofin, Indiana acquerra, sous réserve de la signature d’un accord définitif, 85% de participation dans Legend Mali, la filiale d’Altus détenant les deux actifs. Pour cela, elle devra financer l’exploration et le développement des projets, effectuer des paiements d’étape et accorder à son «futur partenaire» une redevance de 2,5% sur les revenus nets de fonderie.

Au regard du volume élevé de ces investissements, le déclin annoncé de la production du métal jaune devrait encore attendre.

Cheick M. Traoré
L’ESSOR

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