CHU Gabriel Touré : un nouvel état d’esprit

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Les responsables de l’établissement travaillent à retrouver la confiance des malades

Après moult difficultés qui ont déclenché des mouvements de protestation du personnel, notamment des grèves et des sit-in, le Centre hospitalo-universitaire (CHU) Gabriel Touré entrevoit, aujourd’hui, l’espoir de repartir sur des bases plus saines. En tout cas la nouvelle administration hospitalière de Gabriel Touré entend s’inscrire dans un nouvel état d’esprit et dit être à l’écoute des travailleurs.
L’établissement a tenu, lundi dernier, la 42è session de son conseil d’administration dans ses propres installations. La réunion était dirigée par le président du conseil, Sidi Konaké, en présence du directeur général de l’hôpital, Abdoulaye Sanogo.
Dans le subconscient des malades et autres usagers de Gabriel Touré, cet établissement ne répond plus aux attentes, en termes de soins, de diagnostic (analyses biomédicales et examens radiologiques, y compris le scanner) voire de prise en charge chirurgicale des pathologies. Il est important que les premiers responsables de l’établissement travaillent à retrouver la confiance des malades et autres usagers. Il est évident que Gabriel Touré reste un hôpital hyper sollicité du fait de sa position géographique parce que situé en plein cœur de la capitale, mais, il faut apporter la preuve du changement et du renouveau par la qualité. L’administration hospitalière de Gabriel Touré promet à qui veut l’entendre de marquer les esprits dans les 6 mois à venir.
Pour l’exercice 2019, l’établissement hospitalier de 3è référence a connu de grandes difficultés internes et d’ordre financier, mais il aurait réalisé un peu plus de 120.000 consultations, dont 50.000 dans le seul département de pédiatrie.
Il est utile de préciser que du fait de travaux de rénovation, le service d’imagerie médicale de l’hôpital Gabriel Touré a été fermé, mettant ainsi l’hôpital dans l’incapacité d’accomplir certains examens radiologiques et scanographiques. Les praticiens n’ont eu d’autre choix que de référer les malades à d’autres structures pour ces examens. Cet état de fait a créé le désarroi chez les malades et autres usagers qui ont eu recours à l’établissement.
Le président du conseil d’administration de l’hôpital Gabriel Touré a témoigné de sa reconnaissance aux hommes et femmes qui travaillent d’arrache-pied pour prodiguer des soins à la population. Pour lui, l’année 2019 a vu l’établissement enregistrer des perturbations, mais les recettes générées ont permis, selon lui, de faire face aux besoins, en termes de ristournes, de primes de gardes et autres charges. «Ces résultats sont le fruit des efforts de l’ensemble des travailleurs», a souligné Sidi Konaké avant d’inviter administrateurs, direction générale et personnel de Gabriel Touré à faire de la santé une priorité.
Le directeur général de Gabriel Touré a expliqué que son établissement a été bien impliqué dans la prise en charge des catastrophes, notamment les blessés liés à l’incendie d’un camion-citerne, en septembre dernier près de la station Shell, non loin de l’hôtel «Colibris», faisant 7 morts et des blessés à la suite de l’effondrement d’un immeuble en construction à Banconi en août 2019.
«Il y a eu aussi le renforcement des capacités de l’établissement avec plus de 200 universitaires», a reconnu Abdoulaye Sanogo. Il a également relevé que son établissement veut développer davantage l’oncologie pédiatrique et être à la pointe de l’oto-rhino-laryngologie (ORL), une discipline médicale spécialisée dans la prise en charge des maladies liées au nez, à la gorge et à l’oreille. Il faut rappeler que dans cette discipline, l’établissement dispose de 11 spécialistes, dont 5 professeurs.
À en croire le premier responsable de Gabriel Touré, sa structure hospitalière a enregistré des difficultés financières liées au contexte sécuritaire qui a occasionné des restrictions budgétaires. Et même les hôpitaux n’y ont pas échappé.
Il faut espérer que l’hôpital Gabriel Touré reparte du bon pied et retrouve rapidement la quiétude à l’interne et son lustre d’antan. C’est à ce seul prix qu’il pourrait boxer dans la catégorie des grands hôpitaux (parce qu’ils ne sont pas nombreux maintenant à être des motifs de satisfaction de nos compatriotes).

Bréhima DOUMBIA

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