Circulation alternée dans le district de Bamako : Des usagers saluent la mesure

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           Le ministre en charge de la Mobilité urbaine écoute l’explication du commandant de la CCR

Les autorités promettent d’apporter les correctifs au fur à mesure pour que les populations s’y habituent

A Bamako, il faut s’armer de courage et de patience pour circuler sur certaines artères principales à certaines heures de la journée ou se lever avant 6 heures du matin. Généralement, les travailleurs font des heures dans des bouchons pour se rendre à leurs lieux de travail. Cette situation perturbe souvent les activités administratives. C’est pourquoi le département en charge de la Mobilité urbaine a initié l’opération «circulation alternée».
Le ministre des Transports et de la Mobilité urbaine a procédé, hier au carrefour de Djélibougou (route de Koulikoro), au lancement officiel de cette opération. Ibrahima Abdoul Ly était, pour la circonstance, accompagné du directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux, Mamadou Koné, du directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), le chef d’escadron Mamadou Konaté, et du commandant de la Compagnie de circulation routière (CCR), Abdoulaye Coulibaly.
Entrée en vigueur hier, cette mesure est applicable les jours ouvrables (du lundi au vendredi) de 7 heures à 9 heures et de 16 heures à 19 heures. Elle concerne des artères principales de Bamako comme les avenues Cheick Zayed à Hamdallaye, Al Qods sur la route de Koulikoro, de l’OUA, de la Cedeao et de Martin Luther King.

L’acte instituant cette circulation alternée fait suite à la tenue, le 11 juillet dernier, de la Journée de réflexion sur la mobilité dans le district de Bamako et environs. Il s’inscrit donc en droite ligne de cette nouvelle mission dévolue au département des Transports. Le but étant de rendre plus fluide la circulation dans la capitale, notamment aux heures de pointe.
Il était 7 heures hier quand le ministre chargé de la Mobilité urbaine et sa délégation déplaçaient la barrière, lançant ainsi l’opération «circulation alternée». Pour lui, cette opération rentre dans le cadre de la nouvelle mission assignée au département des Transports à savoir la mobilité urbaine. «C’est la première expérience pratique que nous avons commencée ce matin, c’est-à-dire la circulation alternée. C’est le premier objectif qu’on devait mettre en application. Et après il y en aura d’autres à moyen et long termes», a ajouté Ibrahima Abdoul Ly.

L’objectif de cette opération, a-t-il souligné, est de permettre aux usagers de quitter leurs domiciles entre 7 heures et 9 heures pour arriver à temps aux bureaux et de quitter les bureaux à 16 heures pour arriver à la maison avant 19 heures, comme c’est le cas durant le mois de ramadan. Des voies secondaires sont prévues pour les usagers roulant en sens inverse durant la période alternée, a assuré le patron du département des Transports et de la Mobilité urbaine. «Les usagers sont au courant. Les forces de l’ordre sont mobilisées en grand nombre pour orienter les uns et les autres. Donc a priori, tout devrait bien se passer. Comme c’est le premier jour, nous ferons le bilan en fin de journée ou demain matin pour voir si la première journée s’est bien passée. Nous apporterons des correctifs au fur et à mesure que les populations s’y habituent», a-t-il précisé.
En attendant, des usagers de la circulation saluent cette nouvelle gestion de la circulation à Bamako. C’est le cas d’un usager de la route de Koulikoro, en la personne de Madiarra Traoré. «Chaque matin, nous conduisons avec beaucoup de difficultés. Maintenant, nous pourrons rouler librement», a confié notre conductrice qui a exhorté les autres usagers à ne pas se sentir frustrés par ce changement. Quant à Tourouma Ballo, qui habite Sangarébougou, il a accueilli la décision avec joie et invité les autorités à y apporter davantage d’organisation. Cependant, il a regretté le fait que les usagers n’aient pas été suffisamment informés. Ce qui a créé des désagréments évitables.

Pour sa part, Mariam Bocoum a jugé salutaire la nouvelle mesure visant à alterner la circulation aux heures de pointe. «Je pouvais faire une heure d’horloge entre Sirakoro et mon service. Maintenant, je fais le même trajet en moins de trente minutes», a-t-elle apprécié.
Contrairement aux autres intervenants, Mamadou Keïta qui travaille à Titibougou, n’apprécie guère la décision. «Quand je descends du travail, je suis confronté à d’énormes difficultés avant d’arriver chez moi. Les routes que nous empruntons généralement sont interdites aux usagers durant les heures indiquées. Nous pensions que cette mésaventure allait se limiter au mois de ramadan. S’il faut que cette pratique soit continuelle, nous allons en souffrir énormément», a-t-il déploré.
Aux usagers qui déplorent un manque de communication, le ministre Ibrahima Abdoul Ly a promis d’amplifier ce volet. «Nous avons fait le maximum de communication et elle durera trente jours encore», a-t-il dit, ajoutant que chacun sera informé à travers les réseaux sociaux, les télévisions nationales, les radios et les autres moyens de communication. Il y aura aussi des distributions de flyers au niveau des voies publiques.

Amadou GUÉGUÉRÉ

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