Combattre l’argent sale dans les élections : L’un des enjeux majeurs du nouveau régime de transition

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Depuis deux décennies ceux qui ont amassé des fortunes (souvent colossales) à partir du pillage de l’argent public et des trafics en tout genre règnent sur les élections au Mali à travers la corruption généralisée dans le processus électoral de l’établissement des listes électorales à la proclamation des résultats par la Cour constitutionnelle.

C’est la mère nourricière de la délégitimation des institutions de la République et de toutes les mauvaises pratiques de gouvernance qui ont fini par plonger le Mali dans une crise existentielle. Toute honte bue, les arrogants parmi eux ont l’outrecuidance de se vanter de ces fortunes mal acquises et de ses victoires électorales ignominieuses qui feraient mourir de honte toute personne ayant un minimum de sens de l’éthique et de l’honneur (les plus avertis – les plus lâches aussi, restent discrets jusqu’à la prescription des faits avant de chercher à se blanchir bruyamment, mais personne n’est dupe).

Fort heureusement pour eux que l’argent n’a pas d’odeur sinon certains feraient fuir les mouches. Rongés par la logique du «toujours plus», «ils n’en ont jamais assez pour en avoir trop eu».

Que Dieu nous préserve de cette misère morale. Il y a des défaites électorales glorieuses. En nettoyant ces écuries d’Augias et en coupant l’argent sale à la source, les nouvelles autorités de la transition feraient œuvre de salut public en matière électorale et donc de bonne gouvernance du Mali en attendant qu’ils rendent compte le jour du Jugement dernier aussi.

Sans cela, des élections sincères, transparentes et crédibles permettant l’accès aux responsabilités de gestion publique d’une masse critique de patriotes compétents et engagés resteront une chimère. Tant qu’il en sera ainsi, il sera impossible de bâtir le ‘Mali Kura’ tant désiré par les Maliennes et les Maliens, de satisfaire l’immense désir d’avenir de la jeunesse malienne.

Je souhaite fortement que les acteurs clés de la démission de Ibrahim Boubacar Keïta de la présidence de la République et les futures autorités de la transition le comprennent parfaitement et l’inscrivent parmi les priorités des priorités de la refondation du Mali à l’agenda de cette transition.

Les dernières élections législatives ont été la goutte d’eau qui a fait déborder le torrent qui vient d’emporter le régime corrompu de IBK, mais ces fossoyeurs de notre pays n’en tireront pas les leçons. Ils vont attendre tranquillement les prochaines élections pour remettre ça et revenir triomphalement aux affaires et ce sera rebelotte pour le malheur des Maliennes et des Maliens. Nous dirons alors, tout ça pour ça !!! Que Dieu nous en préserve.

La transition nous offre l’une de ces rares opportunités de neutraliser ces champions de la triche pour de bon et mettre notre pays sur la voie de la gouvernance vertueuse, de la bonne gouvernance de manière irréversible pour le bonheur des Maliennes et des Maliens. Battons-nous pour ne pas la rater.

Konimba Sidibé

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