Comment ressentez-vous ce scenario ?

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Un scénario qui pourra aboutir sur un excellent film si vous arrivez à vous attacher les services d’un bon réalisateur ! C’est l’impression exprimée par un collègue à qui j’ai exposé un sujet de film de fiction. Pour vous faire partager son sentiment, je m’en vais, de ce pas, le soumettre à votre appréciation.
Vous me permettrez d’emprunter à Mahamane, président du parlement du rire, le nom de son pays imaginaire, le Gondouana, Une bande organisée y opère, sans état d’âme, dans le racket. La bande est faite de ripoux qui sévissent au sein d’un commissariat de police, à l’insu des responsables et des autres flics de la boîte peu sûrs de savoir tenir leur langue et de fermer les yeux sur leurs agissements en contrepartie de quelques prébendes.
On peut les assimiler à des brouteurs, comme dénomme nos voisins ivoiriens, la racaille qui écume le réseau internet. Les cibles privilégiées : les surfeurs en soif d’aventure. Le procédé est bien huilé. Une ravissante fille au visage d’ange expose sa photo sur Facebook, à la recherche d’un lien d’amitié.
Cette hacker fait espérer sa cible en lui donnant l’impression qu’il n’est pas loin d’obtenir ses faveurs. Puis, sans préavis, elle interrompt toute liaison en ne répondant plus à ses messages. Bien aguiché, le gibier tente sans relâche, de rétablir le fil de la tchatche. À la longue, n’obtenant pas de réponse, il finit le plus souvent par en venir à des excès de langage, parfois des grossièretés comme dans le cas du jeune homme de ce scénario. Le quidam se fait à l’idée que son interlocutrice est de son âge juvénile et que, de ce fait, elle ne prendra pas au tragique des actes que leur milieu ne considère pas comme un scandale. Il ne peut en aune façon imaginer que ce visage d’ange cache en fait une femme d’âge mûr et même mariée. C’est le faux pas qu’elle guettait et qui va le faire tomber dans un piège tendu.
Sur le net, tout message, écrit ou vocal, laisse forcément des traces indélébiles. Munie de cette pièce à conviction, la dame se rend au commissariat piraté par la bande de ripoux et porte plainte contre l’agresseur. Ignorant son adresse pour lui remettre une convocation, ou aller le cueillir, elle élabore avec ses acolytes un plan. Il consiste à l’aguicher en faisant recours à une autre fille encore plus canon. Le garçon mort à l’hameçon, en toute innocence. Elle lui fixe un rancart dans un restaurant.
Tôt le matin du jour convenu, le jeune étourdi emprunte de l’argent auprès de sa mère, en prétextant avoir un rendez-vous d’embauche. Il arrive au restaurant et s’installe. Le reconnaissant de par sa photo sur le réseau, elle vient à lui et prend place à sa table. C’est alors que surgissent deux solides flics en civil. Ils exhibent leurs cartes professionnelles et lui annoncent qu’il est en état d’arrestation avant de lui passer les menottes.
Au commissariat, son téléphone mobile est confisqué et lui bouclé, après avoir été passé à tabac. Le soir tombé, sa mère s’inquiète de son absence, lui qui la rassure toujours quand il s’absente pour longtemps. Le téléphone sonne mais pas de réponse. Elle renouvelle maintes fois l’opération, sans résultat. Le temps passe. Il fait nuit. Désemparée et en larmes, elle ameute toute la famille, ainsi que les fréquentations de son garçon. Chacun s’y emploie, sans obtenir le moindre signe de vie du jeune homme. Les chances de le retrouver vivant s’amenuisent dans les esprits. La brigade des mœurs, les hôpitaux et même la morgue sont visités sans aucune trace de lui. Personne ne dormit cette nuit-là dans la famille. La panique s’est installée à l’idée qu’il ait été l’objet d’un enlèvement, lui qui, sur son site web, se faisait agressif dans des attaques tous azimuts.
Le lendemain matin, à l’heure de l’ouverture des bureaux, une voix répondit à un des incessants appels sur son mobile, assurant qu’il était détenu au commissariat du Gondouana. Quel soulagement de savoir qu’il était en vie ! Très vite, les parents s’y transportèrent. Le policier en charge du dossier affirma qu’il avait sciemment laissé le téléphone du garçon dans son bureau fermé jusqu’au matin, afin d’éviter toute intervention immédiate des parents et le forcer à passer une nuit en cellule, tant il était « en colère contre ce garçon qui s’est permis de salir l’honneur d’une honnête dame ».
Les parents fustigèrent le comportement de leur rejeton en promettant de le corriger en conséquence. Ils demandèrent au policier l’autorisation de se rendre auprès de la dame pour solliciter son pardon. Elle les reçut et, sans aucune résistance, accepta les excuses présentées. Elle téléphona au commissariat pour demander la relaxe du garçon. On lui fit savoir qu’elle devait, au préalable, aller chercher à la mairie une attestation de retrait de plainte. Ce sésame s’avéra insuffisant, le policier estimant que l’extinction de la plainte civile ne signifiait nullement l’abandon de l’acte pénal qui devait l’envoyer en prison pour être jugé. Devant les supplications des parents, ils proposèrent un arrangement qui amenait au payement de 100 000 FCFA. Ce gâteau devait être partagé entre plusieurs parties, y compris la plaignante, assure un des ripoux, en aparté. Un type, accusé de vol de voiture, a dû débourser, leur dit-il, un million pour se voir libérer. C’était pour dire aux parents qu’ils devaient s’estimer heureux pour la modicité de la somme à payer, réduite par respect pour l’âge avancé des parents. Par conséquent, poursuit-il, vous avez intérêt à vous exécuter au plus vite avant que le chef ne prenne une décision radicale. Au regard de leur faible revenue, ils engagèrent des tractations qui finirent par faire rabaisser la somme de moitié. Le payement aboutit à l’extinction de l’action pénale et à l’élargissement du garçon qui jura qu’on ne l’y reprendra plus.
Si vous partagez l’avis de mon collègue quant à la qualité de mon scénario, aidez-moi à trouver un bon réalisateur. En attendant, je vais m’empresser de le faire enregistrer au bureau des droits d’auteurs au cas où quelqu’un aurait à l’idée de le plagier ou de l’exploiter à mon insu.

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