Concertation nationale du Mali : Ils ont dit…

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Dr Abdoulaye Amadou Sy, président de la COFOP : «CE SONT DES DÉCISIONS COURAGEUSES QUI ONT ÉTÉ PRISES»

Il est important que rapidement, nous sortions de cette crise. Le problème qui se pose au Mali est que nous sommes dans la quatrième semaine et notre pays n’a ni gouvernement ni Assemblée nationale ni président. Et nous ne pouvons pas vivre en dehors de la communauté internationale. à partir de ces assises, on peut donc avoir un président, un vice-président, un Premier ministre et un gouvernement. En ce moment, le Mali peut désormais faire entièrement partie de la communauté internationale.

Mais avant, on est carrément sous embargo et ce n’est pas bon pour nos activités. Je pense que ce sont des décisions courageuses qui ont été prises et nous en sommes satisfaits. Au niveau de la Coalition des forces patriotiques (COFOP), nous avons apporté notre contribution qui a été remise entièrement à l’ensemble de la presse. Et surtout, nous l’avons envoyé au CNSP qui l’a apprécié.

Beaucoup de nos préoccupations ont été prises en compte dans le document. Les organes de mises en route de la transition ont été définis pour atteindre les élections à venir. C’est nous qui avons proposé 18 mois pour la transition parce que nous avons estimé qu’en raison du fait que il y a des nouvelles régions et qu’il faut faire le découpage électoral, 12 mois c’est trop juste. Mais avec la mise en place du président du pays et du gouvernement, le train va redémarrer car il était arrêté en gare et nous en sommes vraiment satisfaits.

 

Younouss Hamèye Dicko, président du RDS : «UN MILITAIRE OU UN CIVIL, IL APPARTIENT AUX MALIENS DE FAIRE LEUR CHOIX»

J’ai une impression d’espoir. Je pense que les travaux ont été menés et le résultat est là aujourd’hui. Je suis particulièrement satisfait des résolutions. Nous avons fait des propositions très détaillées et ce qui vient de sortir est totalement fidèle à ce que nous avons souhaité. Je pense aussi que la présidence n’a pas été tranchée de façon que ce soit un militaire ou un civil.

Mais on a dit un militaire ou un civil,  il appartient aux Maliens de faire leur choix. Une autre satisfaction, c’est l’appel qui a été lancé à la communauté internationale particulièrement à la Cedeao.

Les propositions du Rassemblement pour le développement et la solidarité (RDS) contiennent un double appel au peuple malien et à la Cedeao pour qu’on se fasse confiance. J’ai été président de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM) lors du coup d’état de 2012.

Les autorités n’ont pas pu travailler pendant cette transition. Il y avait eu une dyarchie entre le président et le Premier ministre et finalement, aucun d’eux n’a pu faire le travail comme il faut. Il y avait aussi l’autorité militaire du CNRDRE. J’espère que cette fois, ils ne commettront pas la même erreur. Un président sera là, qu’on travaille sous son autorité pendant la durée qui a été donnée de manière que le Mali reprenne sur ses deux jambes.

 

Ibrahim Ikassa Maïga, du M5-RFP : «CE QUI COMPTE, C’EST LE MALI»

Nous M5-RFP, au début, au milieu et à la fin de cette lutte héroïque du peuple malien, avions espéré être mieux impliqués dans la préparation, l’organisation et même la tenue en termes matériels et intellectuel de ces journées. Ceci n’a pas été, tant mieux. Ce qui compte, c’est le Mali. Du mois de mai à aujourd’hui, le monde entier a entendu le retentissement de cette lutte à travers le mouvement du 5 juin. Certains esprits ont voulu passer cela sous silence, mais la frange juvénile du M5-RFP a réagi vigoureusement contre cette tentative.

Jusqu’aux dernières heures, c’est ce qui était en cours et nous étions justement en phase de nous retirer des travaux puisque nous ne comprenions pas ce qui pourrait justifier ce déni un temps soit peu. Heureusement, que dans la restitution du rapport général qui nous a été présenté, on a évoqué du bout des lèvres le rôle historique de notre mouvement.

Ensuite, le M5-RFP a été cité comme membre à part entière pour composer l’organe législatif de la transition. Toutefois, un goulot d’étranglement demeure. C’est le fait qu’on garde dans les critères de choix du président de la transition, l’hypothèse d’une personnalité civile ou militaire.

Cela est déplorable, puisque ça garde sur notre tête l’épée de Damoclès des sanctions de la Cedeao et de la communauté internationale qui vont prévaloir. La Cedeao ne tolère pas, à travers le protocole sur la bonne gouvernance et la démocratie, qu’une autorité militaire puisse chapoter l’autorité politique civile, d’une façon ou d’une autre.

Propos recueillis par
Dieudonné DIAMA
Massa SIDIBÉ

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