CONFEJES : Modibo Traoré, «Impacter davantage la jeunesse francophone»

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Reconduit à la tête des Programmes jeunesse de l’institution intergouvernementale pour un nouveau mandat de trois ans, notre compatriote se fixe comme objectif de consolider les acquis et d’ouvrir des chantiers dans le cadre de la promotion de l’entrepreneuriat, la lutte contre le chômage, le sous-emploi des jeunes…

 

L’Essor : Que ressentez-vous après cette reconduction ?

Modibo Traoré : Permettez-moi de saisir cette opportunité pour remercier le gouvernement de la République du Mali à travers le ministère de la Jeunesse et des Sports, qui a accepté de présenter et de soutenir ma candidature au nom de mon pays. J’associe à cette reconnaissance, ma famille, tous mes collègues et amis (es) parmi lesquels beaucoup sont de la presse et qui, depuis mon passage à la Maison des jeunes de Bamako, n’ont cessé de m’apporter leur soutien. Je mesure la charge de cette reconduction à ce poste de Directeur des Programmes Jeunesse. J’ai de bonnes impressions car cela résulte certainement du travail bien fait pendant le premier mandat, au sein de la direction et de l’institution toute entière, avec la couverture de l’ensemble des 43 Etats et gouvernements membres que compte la CONFEJES. C’est pour moi une confiance qui doit être encore plus méritée à travers des actions au profit de la Jeunesse francophone.

L’Essor : Sous quel signe vous placez ce nouveau mandat ?

Modibo Traoré : Ce mandat, je le place sous deux signes : celui de la consolidation des acquis et celui de l’ouverture à des chantiers en vue d’impacter davantage la jeunesse francophone. La consolidation des acquis, car la CONFEJES a fêté ses 50 ans en 2019 (elle a été créée le 5 mars 1969 à Marly-le-Roi, en France, ndlr). Pendant toutes ces années, la CONFEJES a acquis une identité forte et distinctive au plan institutionnel, programmatique et organisationnel. Il s’agira pour nous, dans le domaine de la jeunesse notamment, de poursuivre le rôle de précurseur de l’institution, dans la promotion de l’entrepreneuriat, comme modalité forte de lutte contre le chômage et le sous-emploi des jeunes, notamment, dans les pays du sud. Le Fonds d’Insertion des Jeunes (FIJ) devenu Programme de Promotion de l’Entrepreneuriat des Jeunes (PPEJ) est à la base de l’autonomisation économique de plusieurs générations de jeunes des 19 pays éligibles, certains jeunes entrepreneurs sont d’ailleurs devenus des champions et aussi des employeurs de plusieurs de leurs pairs. Aujourd’hui, les Etats et gouvernements membres ont déjà mis en place des dispositifs nationaux dédiés à l’emploi des jeunes en tant que cadre de développement de la culture de l’entrepreneuriat et instrument aux services de l’insertion professionnelle et économique des jeunes. Dans les domaines de la citoyenneté, de la formation des cadres et des jeunes en matière de gestion des infrastructures socio-éducatives (maison des jeunes), de la lutte contre les conduites addictives, du volontariat, de la paix et de la sécurité, du numérique, la CONFEJES a mené plusieurs actions à travers les pays dont le Mali. Il nous revient de tirer les résultats pour nos programmations futures. Quant à l’ouverture des chantiers en vue d’impacter davantage, ce second signe découle de la thématique même qui va impulser nos actions pour les prochaines années qui est : ‘’Impactons davantage !’’. Ce slogan a été retenu pour les prochaines années, eu égard aux efforts qui doivent être faits à tous les niveaux pour atteindre le maximum de jeunes dans l’espace francophone».

L’Essor : Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?

Modibo Traoré : Notre programme s’appuie sur les besoins et aspirations des Etats et gouvernements membres. La CONFEJES a une programmation quadriennale 2019-2022, qui tient compte de celle de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), dans le cadre de l’harmonisation de nos différentes programmations. A ce sujet, les domaines du numérique et de l’innovation constitueront des points importants, avec bien entendu ceux de l’emploi, de l’entrepreneuriat, de la citoyenneté, de la formation, de la paix et de la sécurité. Aujourd’hui, nul n’ignore que les jeunes francophones excellent dans les secteurs du numérique et de l’innovation. Le numérique est devenu un outil incontournable. La crise du coronavirus est venue amplifier son utilisation. Les aspects liés à la connectivité, à la réglementation et à la régulation nous interpellent. Comment offrir plus d’accès aux jeunes, plus de possibilités et de facilité, même dans les zones les plus reculées ? Des échanges de bonnes pratiques nous permettront d’atteindre des résultats probants. Il est donc impératif que nos pays améliorent leur accès à Internet, qu’ils participent pleinement à la grande transformation numérique, une vraie révolution dans notre manière de produire et de consommer, qui façonne l’avenir. Cette année, à cause de la pandémie que le monde connaît, nous avons porté à quinze le nombre de projets de jeunes par pays, à financer dans le cadre du Programme de Promotion de l’Entrepreneuriat des Jeunes (PPEJ). C’est un acte de solidarité et une opportunité à saisir. Je souhaite que beaucoup de jeunes maliens bénéficient de ce programme. Avec les pays et nos partenaires, nous irons vers des programmes plus complémentaires et des plaidoyers plus concertés. Enfin, pour nous, c’est d’abord la jeunesse et son avenir qui sont en jeu, dans nos différentes programmations. Nous devons mieux agir, avec les pays et les décideurs, en faveur de la jeunesse qui représente plus de la majorité de la population de beaucoup de nos pays membres, surtout ceux du sud. Les jeunes ont besoin de formation, de connectivité, d’accompagnement et d’encouragement, créons pour eux des conditions de soutien, de confiance et de motivation nécessaires au développement de notre espace francophone.

L’Essor : Quel est l’apport de la CONFEJES dans le développement des secteurs jeunesse, sports et loisirs dans notre pays ?

Modibo Traoré : Je voudrais profiter de cette interview pour réaffirmer l’engagement de la CONFEJES à soutenir les Etats et gouvernements membres dans leurs politiques de jeunesse, sports et loisirs. Pour notre pays le Mali, la CONFEJES a beaucoup investi dans la formation des cadres, le renforcement des capacités des jeunes sur plusieurs thématiques, la formation des athlètes (on peut citer per exemple Coumba Sidibé qui est actuellement pensionnaire du Centre d’athlétisme de Lomé «CRAAL»), l’appui à la mise en place des programmes de formation à l’Institut national de la Jeunesse et des Sports (INJS) de Bamako, entre autres. Par ailleurs, le président du Réseau des instituts de formation dans les secteurs jeunesse, sports et loisirs est notre compatriote Cheick Konaté, directeur de l’INJS de Bamako et la vice-coordinatrice internationale du Groupe de travail consultatif pour la participation des femmes et des jeunes filles aux activités de jeunesse, sports et loisirs (GTCF) est également notre sœur Diénébou Sanogo. C’est dire si notre pays est bien représenté à la CONFEJES. Pour terminer, je formule des prières pour la stabilité, la paix et la sécurité dans l’espace francophone et dans chacun de nos pays.

L’Essor : Quelles sont les principales missions de la CONFEJES ?

Modibo Traoré : Créée en 1969, la CONFEJES est une institution intergouvernementale qui œuvre pour la promotion de la Jeunesse, des sports et des loisirs au sein de l’espace francophone. Sa mission est de mobiliser les pays, les ressources et les énergies dans une perspective de concertation afin de promouvoir la participation et l’insertion des jeunes au sein de la société.

Interview réalisée par Boubacar THIERO

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