Conflits en Afrique : Les vertus de la médiation

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En Afrique, la médiation s’est imposée au fil du temps comme une approche privilégiée pour prévenir et régler durablement les crises politiques internes et les violences de toutes sortes. C’est dans cette vision de prolonger une réflexion stratégique sur le renouvellement des pratiques de la médiation que l’Ecole de maintien de la paix, Alioune Blondin Bèye (EMP-ABB) organise, depuis jeudi dernier, dans ses locaux, un colloque international sur «la médiation en Afrique : succès, limites, possibilités et perspectives d’amélioration, sur la base des expériences vécues sur le continent».
La cérémonie d’ouverture des travaux était présidée par le ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré en présence de la représentante de l’ambassade du Canada au Mali, Stéfanie Bergeron.
Etait présente aussi la représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies, Joanne Adamson. Cette rencontre a enregistré la participation d’un parterre d’experts chevronnés et d’invités venus de plusieurs pays de notre continent.
Le financement de ce colloque de haut niveau est le fruit du partenariat entre le Mali et le Canada. Il vise à créer un espace d’échanges des expériences tirées des médiations conduites jusqu’ici afin d’optimiser la gestion présente et future des conflits sur le continent africain. Au cours de ce séminaire international, les participants aborderont des thèmes tels que le diagnostic des processus de médiation en Afrique, la participation des femmes et des jeunes dans le processus de médiation. Les participants apporteront aussi des réponses à quelques questions notamment faut-il dialoguer avec les acteurs extrémistes dans le cadre de la médiation ? Et quel est le seuil de la négociation avec les groupes armés? Souhaitant la bienvenue aux participants, le directeur général d’EMP-ABB, le général Cheick Fanta Mady Dembélé a indiqué que la structure qu’il dirige souhaite se positionner sur le segment de la résolution des conflits en Afrique à travers le cours «médiation politique et communautaire» mis en place en 2018. Quant à la représentante spéciale adjointe du secrétaire général des Nations unies, elle a signalé que la médiation revêt un rôle primordial pour la cessation des conflits vers des négociations plus stables en fonction d’une paix durable.
Par ailleurs, Joanne Adamson a cité quelques médiations qui ont permis de résoudre des conflits majeurs en Afrique. Il s’agit, entre autres, de l’accord d’Arusha d’août 2000 pour la paix et la réconciliation au Burundi, la signature de l’Accord de paix global au Soudan de 2005 et le processus de paix et réconciliation au Mali issu du processus d’Alger de 2015.
Pour sa part, la représentante de l’ambassade du Canada a fait savoir que la tenue de ce colloque démontre l’attachement de l’Ecole et de sa patrie à l’innovation en réponse à un contexte des opérations de paix en Afrique qui continue d’évoluer. Depuis des décennies, rappelle la diplomate canadienne, son pays joue un rôle de leadership dans les opérations de paix et demeure déterminé à consolider la paix et la stabilité afin d’aider les populations touchées par des conflits et des crises à l’échelle mondiale. Comme pour rappeler la détermination du Canada à soutenir notre pays, Stéfanie Bergeron a annoncé que 20 policiers canadiens vont bientôt arriver pour renforcer UNPOL et EUCAP-Sahel Mali.
Le ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale a, en premier lieu, rendu hommage à Me Alioune Bondin Bèye, «un médiateur de talent» disparu en 1998 en mission commandée. L’initiative de cette rencontre est salutaire, a apprécié Lassine Bouaré, ajoutant que le colloque est en concordance avec la vision d’un centre qui se veut ouvert sur le monde et sur les problématiques de son environnement.
Selon le ministre Bouaré, échanger sur la médiation en Afrique, c’est discuter des solutions de sortie de crises aux nombreux conflits, communautaires et politiques sur le continent.
«Nos communautés ont géré et continuent de gérer divers conflits à travers des mécanismes propres à elles, en des lieux symboliques et spécifiques tels que l’arbre à palabre et le Toguna», a rappelé le responsable du département de la Cohésion sociale et de la Réconciliation. Et d’annoncer que le dialogue inclusif national qui sera organisé dans les jours à venir est un outil de la médiation.

Mohamed D.
DIAWARA

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