Conseil des ministres : Les directives présidentielles en cinq points

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Le chef de l’État a aussi expliqué que le Premier ministre doit sa reconduction à sa compétence et sa loyauté

Le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, a présidé hier la première réunion de la nouvelle équipe gouvernementale restreinte. Au cours de la rencontre, il a décliné les grands axes de la mission

Travailler au retour de la paix sociale en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale, est d’une urgence absolue. Le président de la République y accorde une place insigne dans la feuille de route qu’il a donnée, hier à Koulouba, à l’équipe gouvernementale restreinte du Dr Boubou Cissé. C’était à la faveur du tout premier conseil des ministres de cette équipe, dont la configuration a été édictée par les chefs d’État de la Cedeao lors d’un sommet extraordinaire consacré à la situation dans notre pays.

Ils étaient tous présents: Tièbilé Dramé (Affaires étrangères et de la Coopération internationale), le général de division Ibrahima Dahirou Dembélé (Défense et Anciens combattants), Boubacar Alpha Bah (Administration territoriale et de la Décentralisation), Me Kassoum Tapo (Justice et Droits de l’Homme), le général de division M’Bemba Moussa Keïta (Sécurité et Protection civile) et Abdoulaye Daffé (Économie et Finances). Alors que ces deux derniers découvraient pour la première fois l’exercice, les autres en ont l’habitude pour avoir déjà accompli les fonctions ministérielles.

Chacun de ces départements a des défis pressants à relever. Mais, en ces temps de crise sociopolitique, la mission première confiée à l’équipe par le chef de l’État est de travailler au retour de la normalité, en mettant les cœurs des Maliens à l’unisson en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Un tel gouvernement, de l’avis du président de la République, constituerait une «solide garantie» en ces temps d’épreuves. Il sera, a-t-il ajouté, « la vitrine du Mali rassemblé, réuni et remobilisé pour le seul combat qui vaille, celui pour la sécurité de l’intégrité du territoire, pour le bien-être du peuple et pour un avenir serein pour la jeunesse ».

La deuxième tâche à exécuter par l’équipe restreinte est de diligenter une enquête «minutieuse et crédible» sur les pertes en vies humaines et sur les atteintes aux biens publics et privés tant à Bamako que dans les Régions de Kayes et Sikasso. Les faits visés à Bamako sont ceux perpétrés les 10, 11 et 12 juillet.

Et dans les régions, les enquêtes concerneront les actes constatés lors des manifestations qui ont eu lieu récemment. « Toutes les responsabilités devront être situées pour que les mesures soient prises pour des sanctions efficaces sur la base du droit », a instruit le chef de l’État.

La troisième mission a trait à l’opérationnalisation des mécanismes de suivi de la mise en œuvre des recommandations du Dialogue national inclusif. Un processus à accélérer. Et quatrièmement, le président de la République a demandé que des voies et moyens soient étudiés pour la mise en place d’un fonds d’indemnisation des victimes desdites manifestations ou de leurs ayant-droits.

AUCUN RÉPIT- Enfin, cette équipe restreinte doit mobiliser toutes les énergies et les ressources requises pour l’application immédiate et complète de l’article 39, dont le coût est connu très élevé. Cependant, selon Ibrahim Boubacar Keïta, sa mise en œuvre ne saurait être différée.

Vu l’étendue de la tâche, le président Keïta a déclaré que ce gouvernement ne connaîtrait aucun répit. Surtout que Dr Boubou Cissé et son équipe devront également surveiller l’évolution globale du pays. En particulier, le chef de l’État a souligné l’urgence de se pencher sur deux aspects stratégiques : les contingences de la saison agricole et les complexités de la pandémie du coronavirus. Dans cette optique, il a instruit le gouvernement de «libérer tous les crédits nécessaires pour une bonne campagne agricole».

S’agissant de la Covid-19, l’équipe restreinte, en attendant la mise en place d’un gouvernement complet, doit faire en sorte que la lutte contre la pandémie soit maintenue, voire intensifiée. Car, selon le chef de l’État, « notre seul salut réside dans la prévention ». Les ministres ont donc été exhortés à intensifier l’appel au port des masques.

Pour réussir ces missions, une seule recette : « Rester humble, garder vos portes ouvertes et vos mains tendues. Faites en sorte que les compétences existantes, tant dans la majorité que dans l’opposition et la société civile, puissent venir vous aider à conforter la marche du Mali », a conseillé Ibrahim Boubacar Keïta qui souhaite être le président d’un Mali dont les «enfants se redonnent la main».

Mais en même temps, la loi et l’ordre doivent prévaloir. Il est impossible de transiger là-dessus, dira-t-il. Aussi, a-t-il poursuivi, la recherche du consensus ne pourra se faire au détriment des urgences et de la norme, car il y a un peuple à servir et de pressants défis à relever. « Il est important de fixer des délais et des garde-fous », selon le chef de l’État. Et d’assurer que lui-même tenterait tout pour apporter les solutions idoines aux brûlants dossiers du pays.

Par ailleurs, le président Keïta a soutenu que son choix de reconduire Dr Boubou Cissé avait été dicté par le mérite. «Vos compétences techniques sont avérées, votre loyauté également… Et vous avez un sens élevé de l’État et de l’éthique», a-t-il témoigné.
À la fin du conseil, Me Kassoum Tapo, le désormais porte-parole du gouvernement, a expliqué à la presse que le Premier ministre a fait le compte rendu de toutes les activités menées par l’équipe restreinte dans le cadre de l’application des recommandations de la Cedeao. Il a aussi évoqué tout le travail politique abattu pour faire adopter une feuille de route par la majorité et l’opposition, en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale.

Issa DEMBÉLÉ

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