Coronavirus : La vie continue dans les quartiers

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Nos concitoyens sont nombreux à penser que le Covid-19 n’existe pas

Sur la Rive droite, comme sur la Rive gauche, les quartiers vibrent tous les jours au rythme des matches d’entraînement et d’autres activités sportives. L’Essor a fait le tour de quelques sites

Ce samedi, le terrain du Badialan grouille de monde. Plusieurs dizaines de jeunes footballeurs et quelques supporters se sont retrouvés tôt le matin pour un match amical. Il est 8h et la rencontre démarre. Face à face, les Bleus de l’équipe A et les Rouges de l’équipe B. La plupart des joueurs viennent des quartiers Badialan I, II et III, mais parmi eux, on retrouve également quelques éléments issus d’autres quartiers, comme N’Tomikorobougou, Niomirambougou, Hamdallaye, Ouolofobougou-Bolibana. D’entrée de jeu, les Bleus prennent la direction des opérations et ouvrent le score.
Les supporters laissent éclater leur joie aux abords du terrain alors que les joueurs se congratulent. Quelques minutes plus tard, Mohamed Traoré, l’un des joueurs de l’équipe A confie : «On sait qu’il y a le coronavirus au Mali et on est au courant des mesures sanitaires prises par les autorités, mais pour nous, c’est difficile d’arrêter le football. Notre vie rime avec ce sport, c’est impossible pour nous de faire une journée sans jouer au football».
Et d’ajouter : «Nous nous entraînons régulièrement, mais je dois préciser que chacun de nous vient avec du gel hydroalcoolique et que tout le monde se lave les mains au savon à la mi-temps. à la fin du match, nous faisons en sorte que chacun rentre chez lui le plus rapidement possible».
Pour Mohamed Traoré, les autorités doivent faire des restrictions pour permettre aux jeunes de s’entraîner, «au moins deux fois par semaine». Le jeune joueur se dit conscient des risques de propagation de la maladie au coronavirus, mais, répétera-t-il, l’interdiction totale des activités sportives, notamment dans les quartiers sera difficile à supporter pour la jeunesse. Le capitaine de l’équipe B, Idrissa Maïga, lui, pense que les séances d’entraînement ne sont pas contraires aux mesures préventives édictées par les autorités, «tout simplement parce que le nombre de personnes présentes à ces séances n’atteint pas 50». «Nous sommes des footballeurs amateurs et ces séances d’entraînement n’ont rien à avoir avec un match de football. Je suis désolé de le dire, mais si on nous empêche de nous entraîner, ce sera très compliqué», expliquera Idrissa Maïga. «Le plus important, poursuivra le capitaine de l’équipe B, c’est veiller à ce que certaines consignes sanitaires soient respectées par tout le monde.
Désormais, nous allons demander à chacun de porter le masque pendant toute la durée de la séance d’entraînement». Auteur de deux des trois buts de l’équipe A, Kalifa Sacko partage l’avis de son capitaine, Mohamed Traoré et demande aux autorités d’examiner le cas des jeunes qui continuent à pratiquer le sport dans les quartiers. «Il y a le couvre-feu qui empêche la population, notamment les jeunes, de sortir la nuit. Ça c’est déjà un problème et si en plus on nous prive des séances d’entraînement, ce sera comme une prison pour nous. Je demande donc à nos autorités de nous laisser jouer, Inch Allah tout se passera bien», dira Kalifa Sacko.
En Commune IV également, les jeunes bravent les mesures sanitaires des autorités et s’entraînent matin et soir, notamment sur le terrain Bélier, le terrain 9/9, le terrain Soleil pour ne citer que ces quelques sites. Sur la Rive droite, le constat est le même : pas un seul jour ne passe sans que les jeunes n’organisent des matches d’entraînement sur les terrains des différents quartiers. Ne parlons pas du Mali profond, surtout quand on sait que nombre de nos concitoyens, à l’instar d’autres pays du continent, ne croient pas au Covid-19.

Djènèba
BAGAYOKO

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