Coronavirus : Quatre cas confirmés au Mali

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Les personnes porteuses du virus sont en train d’être prises en charge dans les centres de soins appropriés

Au moment où nous mettions sous presse, deux nouveaux cas de Covid-19 étaient identifiés, portant à quatre le nombre de
personnes contaminées. Ce qui renvoie à la nécessité d’observer les gestes barrières pour éviter une propagation de la maladie dans notre pays

L’annonce des deux premiers cas de coronavirus dans notre pays, mercredi dernier, a été accueillie comme un coup de massue avec un cortège d’interrogations et d’inquiétudes sur la gestion de la pandémie par nos services de santé. Mais, l’heure n’est plus aux questionnements puisque le mal sévit déjà. Il faudra donc observer les mesures et les gestes barrières pour circonscrire une éventuelle propagation du Covid-19 qui défie même les systèmes de santé, les plus modernes et les plus efficaces à l’échelle mondiale.
La pandémie tant appréhendée par nos compatriotes a révélé ses premiers cas. Les deux premiers ont concerné un homme du troisième âge (62 ans) qui a débarqué à l’Aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou en provenance de Paris, le 12 mars dernier pour rallier Sambawotji, son village. Selon les informations recueillies auprès des équipes médicales, l’homme aurait séjourné pendant quatre jours dans un quartier de la capitale où il a vaqué à ses occupations avant de partir dans son village via Kayes. Il serait encore revenu à Bamako avant de repartir de nouveau au village.
C’est le 23 mars dernier qu’il s’est présenté à l’hôpital régional Fousseyni Daou de Kayes avec un tableau clinique préoccupant (fatigue générale, écoulement nasal, essoufflement, vomissement et céphalées). Les prélèvements effectués sur lui seront envoyés à l’Institut national de santé publique (INSP) et confirmés positifs au coronavirus.
Le deuxième cas est une dame de 49 ans, résidante à Tabakoro. Cette Malienne de la diaspora est arrivée, en compagnie de sa fille de six ans, le 16 mars dernier, en provenance de Paris. Le contrôle de température n’a pas relevé d’anomalie particulière. Quelques jours plus tard, elle a ressenti une gêne respiratoire. Ce qui la conduira à solliciter la consultation spécialisée d’un pneumologue dans la clinique privée d’un prestigieux gastro-entérologue à Badalabougou.

Elle sera ensuite consultée dans une autre clinique à Baco-Djicoroni. À en croire les équipes médicales, la dame atteinte de coronavirus n’aurait pas suffisamment collaboré pour permettre de retracer clairement son itinéraire depuis son arrivée.
Comme il fallait s’y attendre, on est passé dimanche dernier à quatre cas. Joint au téléphone, Pr Akory AG Iknane, coordinateur national de la lutte contre le coronavirus, a confirmé ces deux nouveaux cas. Il s’agit d’une Burkinabé de 65 ans qui a quitté la France le 17 mars dernier pour Ouagadougou. Elle est rentrée au Mali par bus. Le quatrième cas est un homme de 41 ans qui réside à N’Golonina et qui n’a pas voyagé récemment hors du pays. Le coordinateur de la lutte contre le coronavirus invite tout un chacun à signaler tout cas suspect afin de contrer la propagation de la maladie. Il en appelle aussi au respect des consignes sanitaires.
Les personnes porteuses du virus sont en train d’être prises en charge dans les centres de soins appropriés. Le Comité de crise a engagé des actions pour retrouver les personnes qui sont entrées en contact avec les cas confirmés.
Déjà l’itinéraire des malades, les moyens utilisés par eux, les personnes rencontrées pendant la période d’incubation, y compris le personnel soignant, sont en train d’être répertoriés. D’autres actions seront initiées pour désinfecter les lieux publics, renforcer la sensibilisation sur le coronavirus.
Au regard de la gravité de la situation, le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Michel Hamala Sidibé, a rencontré les membres du Comité scientifique de lutte contre le coronavirus pour échanger sur les arguments scientifiques et mieux orienter la décision politique dans notre pays, en termes de gestion du Covid-19.
Le Comité a suggéré la déclaration de l’état d’urgence sanitaire jusqu’à nouvel ordre, le report des élections législatives, la fermeture des lieux de culte sur toute l’étendue du territoire, l’interdiction des foires hebdomadaires. Il a aussi suggéré la fermeture des frontières terrestres (pour le transport voyageurs) pendant au moins trois semaines.

Fatoumata NAPHO

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