Couvre-feu : Les opérations de la police en chiffres

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Le DG de la police, Moussa Ag Infahi

Depuis l’instauration du couvre-feu, les forces de sécurité, engagées pour l’application de la mesure, ont déployé 15.868 éléments qui ont procédé à l’interpellation de 4.982 personnes sur l’ensemble du territoire. Ces personnes ont été interpellées pour non observation du couvre-feu entre 21 heures et 5 heures du matin. L’information a été donnée par le directeur général de la police nationale, Moussa Ag Infahi, qui a rencontré la presse hier dans ses locaux.
L’inspecteur général a également laissé entendre que les saisies ont concerné 2.422 engins dont 2.017 à deux roues. Ces chiffres portent sur les activités de la police pendant la période du couvre-feu à la date du 26 mars au 15 avril 2020.
Certaines personnes, a-t-il souligné, ont été très agressives envers les forces de sécurité. Elles ont fait l’objet d’un déferrement devant les tribunaux compétents.
«C’est environ 33 personnes non seulement à Bamako mais aussi à Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et Mopti».
Par ailleurs, le patron de la police a indiqué que le couvre-feu n’empêche pas les forces de sécurité de mener les autres missions liées à la sécurisation des personnes et de leurs biens.
À ce sujet, a-t-il fait savoir, dans le cadre du droit commun, plus de 776 personnes ont aussi été déférées. «Donc pour vous dire que les forces de sécurité veillent à cette application, dira-t-il. Aujourd’hui, nous continuons à sensibiliser l’ensemble de la population malienne pour que chacun comprenne qu’il y va de sa propre responsabilité. Mais ce que les Maliens oublient ,c’est qu’avant l’instauration du couvre-feu, il y avait l’état d’urgence qui a été instauré au lendemain des événements de l’attaque de l’hôtel Radisson Blu, le 20 novembre 2015».
Moussa Ag Infahi a ajouté que l’état d’urgence est une période d’exception qui donne des pouvoirs assez importants à l’administration et la police est chargée de l’appliquer conformément aux dispositions de la loi n° 8749 relative à l’état de siège et l’état d’urgence au Mali.
L’officier supérieur de police a conseillé aussi le respect des mesures barrières prises par le gouvernement. Car, cette pandémie n’est pas seulement au Mali, elle concerne le monde entier. Le chef de la police a estimé qu’une frange de la jeunesse reste encore récalcitrante à l’application des mesures. Face à cette situation, Moussa Ag Infahi exhortera les associations faîtières de la jeunesse, la société civile et même les chefs de famille à la sensibilisation de tout un chacun.
Pour Moussa Ag Infahi, les heures indiquées pour le couvre-feu permettent à tout un chacun de terminer son activité journalière et de rentrer à la maison.
Il a indiqué que sur l’ensemble du territoire national à partir des chiffres en provenance des régions, il y a vraiment un suivi.
«Mais, nous ne devons pas nous réjouir de ça tout de suite. Nous continuons notre mission mais nous continuons aussi à sensibiliser, à demander aux autres de nous aider», a ajouté le directeur général de la police.
Moussa Ag Infahi a assuré aussi que les forces de sécurité sont engagées au plus haut niveau et que leur engagement est sans faille et dans le respect des droits humains.
En réponse aux allégations d’exactions signalées dont la population tient responsable la police, l’inspecteur général a expliqué : «Faut pas que des gens prennent des images d’autres pays pour les coller à la police malienne». Parmi ces allégations, a-t-il rappelé, des vidéos circulant sur les réseaux sociaux où des policiers avaient pris de l’argent à des boutiquiers et aussi le cas d’un chauffeur de Sotrama ayant détourné la recette du jour pour accuser la police. Il s’est avéré que c’était faux et ces personnes ont été déférées, a-t-il dit.
Au niveau de la police nationale, c’est «tolérance zéro» pour toute atteinte non justifiée de l’intégrité physique d’une personne. «Et ça nous y tenons. Et toutes les nuits, l’inspection de la police, de la direction générale et du ministère de la Sécurité participent à la patrouille et tous les cas avérés sont pris en charge et gérés», a assuré Moussa Ag Infahi.
Le directeur général de la police nationale a invité la population à plus de retenue et au respect des règles imposées dans le cadre du couvre-feu.

Tamba CAMARA

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