Covid-19 au Mali : L’épidémie recule mais pas de relâchement

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Le nombre de tests réalisés est de 17.035 et le taux de guérison culmine à 66,27%, selon le conférencier Pr Akory Ag Iknane

Le coordinateur national de la riposte contre le coronavirus, Pr Akory Ag Iknane, était face à la presse, hier, pour faire le point de la situation épidémiologique de la pandémie dans notre pays

Il ressort des propos du conférencier que la courbe est en train de décroître de façon progressive. Cependant, il a précisé que cela ne doit pas beaucoup inciter à l’optimisme parce qu’il y a un risque de réensemencement avec le rapatriement par voie aérienne de nos compatriotes. Pr Akory Ag Iknane a émis de sérieuses inquiétudes sur la réouverture des frontières terrestres parce que pour lui, le défi serait d’éviter la propagation de la maladie. Par ailleurs, le conférencier a peint le tableau épidémiologique de la pandémie. Il a expliqué que le nombre de tests réalisés à la date du 7 juillet est estimé à 17.035. Le nombre de cas positifs s’élève à 13,78%. Le taux de guérison culmine à 66,27%.

Pour ce qui concerne la létalité, le taux est de l’ordre de 5,06%, dont 2,96% dans les centres de soins et 2,10% dans les communautés. Pour le Pr Akory Ag Iknane, c’est la population masculine qui est plus touchée et particulièrement les jeunes. Pour lui, cela se justifie par le fait que ces derniers sont toujours regroupés dans des endroits et sans protection. C’est chez les personnes âgées de plus de 65 ans surtout présentant des maladies comme le diabète ou l’hypertension artérielle, que l’on enregistre beaucoup de décès. «38% des cas de décès sont dus à ces maladies», a indiqué le conférencier, avant de soutenir qu’il y a eu beaucoup d’avancées.

Notre pays peut maintenant en plus des cas positifs, tester les cas-contacts. Il a aussi expliqué que dans les jours à venir, les services de santé réaliseront des tests à une échelle encore plus grande à Bamako. Il a reconnu des difficultés, notamment dans le domaine de la communication. Il dit aussi avoir une appréhension face au comportement de la population qui baisse la garde.

Le coordinateur national de la riposte contre la Covid-19 a indiqué que l’ouverture très prochaine des frontières terrestres augmentera le risque. Il a cité l’exemple de la frontière de Sikasso où le trafic est très dense. «Nous avons au moins une cinquantaine de véhicules par jour. Pour contrôler ce flux important, il y aura de sérieux problèmes. Je pense aussi qu’on aura du mal à respecter la distanciation sociale à ce niveau », a-t-il fait savoir. Par ailleurs, le conférencier a souligné qu’il n’y a aucune disposition matérielle, logistique et financière pour adopter la stratégie appliquée avec les rapatriés venant par voie aérienne.

« Nous disposons de très peu de moyens pour confiner ceux qui rentrent au pays», a-t-il avoué, tout en appelant à la possibilité d’inviter tous les passagers à porter un masque. Pour lui, chacun doit avoir deux masques lavables ou trois masques non lavables selon le choix. Les propriétaires des véhicules doivent fournir la liste des passagers avec leurs coordonnées et aussi avoir des gels hydroalcooliques.

« Même avec ça, le problème se posera avec les personnes qui transitent simplement par notre pays », a-t-il fait remarquer. Pour la riposte contre la pandémie, Pr Akory Ag Iknane a rappelé les dispositions prises au niveau de 19 postes frontières terrestres avec la réactivation des équipes pluridisciplinaires. En outre, une coordination a été mise en place au niveau national, régional et district sanitaire. Il existe aussi un plan national de riposte, un numéro vert et des centres de diagnostic et de prise en charge de l’actualisation quotidienne des données.

Le coordinateur national de la riposte compte sur la vigilance de la population. à ce propos, il a incité à maintenir la garde haute puisque le virus de la pandémie rode autour de nous.

Fatoumata NAPHO

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